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Droits humains

Washington demande à l'Ethiopie de garantir l'accès humanitaire au Tigré

Des camions du Programme alimentaire mondial (PAM) transportant des denrées alimentaires pour les victimes de la guerre du Tigré sont stationnés après la fermeture des postes de contrôle menant à la région du Tigré, dans la ville de Mai Tsebri, en Éthiopie, le 26 juin 2021.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a demandé au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, lors d'un échange téléphonique mardi, d'assurer un accès humanitaire "complet et sûr" à la région du Tigré.

Le chef de la diplomatie "a condamné la destruction de ponts au Tigré, entre autres obstacles à l'accès" à cette région déchirée par la guerre, selon un compte-rendu de leur discussion publié par le département d'Etat.

Abiy Ahmed a envoyé l'armée début novembre au Tigré pour renverser les autorités régionales dissidentes, accusées de mener des attaques contre des bases militaires éthiopiennes.

Après des succès, les forces gouvernementales éthiopiennes se sont enlisées dans des combats avec les forces rebelles qui, fin juin, ont repris le contrôle de la capitale régionale Mekele.

Addis-Abeba a immédiatement déclaré un cessez-le-feu unilatéral. Les rebelles ont accepté dimanche "un cessez-le-feu de principe", à condition que les forces érythréennes et amhara, qui soutiennent l'armée éthiopienne, se retirent de la région.

Dans son appel téléphonique, "le secrétaire d'Etat a souligné le besoin pour toutes les parties de respecter un cessez-le feu immédiat et négocié", selon ses services.

Le conflit a tué des milliers de personnes et plus de 400.000 se trouvent en situation de famine, selon l'ONU, alors que l'électricité et les télécommunications sont coupées, les vols suspendus et deux ponts cruciaux pour l'acheminement d'aide ont été détruits.

L'Union européenne juge que l'Ethiopie utilise la "faim comme arme de guerre", ce que le gouvernement éthiopien a vigoureusement démenti.

Sans entrer dans ce débat, Antony Blinken a demandé à Abiy Ahmed de s'engager à suivre les mesures réclamées par l'ONU le 2 juillet, dont "un accès humanitaire complet, sûr et sans encombre pour les populations dans le besoin".

Parmi les autres demandes, il a cité le "retrait complet des forces érythréennes et amhara" ou encore la mise en place d'un "processus transparent pour juger ceux qui ont commis des violations des droits de l'homme" au Tigré.

L'initiative de l'Ethiopie d'entamer la seconde phase de remplissage de son barrage controversé sur le Nil "pourrait aggraver les tensions" avec l'Egypte et le Soudan voisins, a de son côté souligné le porte-parole du département d'Etat Ned Price lors d'un point-presse.

"Nous appelons les parties à ne pas mener d'action unilatérale", a-t-il ajouté, au sujet du "Grand barrage de la Renaissance (Gerd).

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Premier passeport américain avec l'annotation "X" dans la case "sexe"

Un passeport américain, le 25 mai 2021.

Le gouvernement américain a délivré le tout premier passeport avec l’annotation "X" en lieu et place des indicateurs masculin/féminin, marquant ainsi une étape importante dans la reconnaissance des droits des personnes qui ne s'identifient ni comme homme ni comme femme.

Selon le département d'État, qui est le ministère chargé de la délivrance des passeports, les autorités espèrent pouvoir offrir cette option à plus grande échelle l'année prochaine.

Le département n'a pas identifié le bénéficiaire du passeport, mais Dana Zzyym, de Fort Collins (Colorado), a déclaré à l'agence Associated Press lors d'un entretien téléphonique qu'il s'agissait de son passeport. Zzyym, qui préfère un pronom neutre de genre, est dans une bataille juridique avec le gouvernement depuis 2015 pour un passeport.

Zzyym s'est vu refuser un passeport pour avoir omis de cocher la case homme ou femme sur une demande. Selon les documents judiciaires, Zzyym a écrit "intersexe" au-dessus des cases marquées "M" et "F" et a demandé un marqueur de genre "X" à la place dans une lettre attachée à sa demande.

L'envoyée diplomatique spéciale des États-Unis pour les droits LGBTQ, Jessica Stern, a déclaré que cette décision mettait les documents gouvernementaux en conformité avec la "réalité vécue", à savoir, selon elle, qu'il existe un spectre plus large de caractéristiques sexuelles humaines que ce que reflètent les deux désignations précédentes.

"Lorsqu'une personne obtient des documents d'identité qui reflètent sa véritable identité, elle vit avec plus de dignité et de respect", a déclaré Mme Stern.

A la naissance, Zzyym avait des caractéristiques sexuelles physiques ambiguës. Ses parents ont choisi de l’élever comme un garçon, allant jusqu’à lui faire subir plusieurs opérations chirurgicales. Ces interventions n'ont toutefois pas réussi à lui donner une apparence entièrement masculine, selon les documents judiciaires.

Le département d'État a déclaré en juin qu'il s'apprêtait à ajouter un troisième marqueur de genre pour les personnes non binaires, intersexes et non conformes au genre, mais que cela prendrait du temps en raison des mises à jour nécessaires de ses systèmes informatiques. En outre, un responsable du ministère a déclaré que la demande de passeport et la mise à jour du système avec l'option de désignation "X" attendaient toujours l'approbation de l'Office of Management and Budget, qui approuve tous les formulaires gouvernementaux.

Les États-Unis rejoignent ainsi une poignée de pays, dont l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Népal et le Canada, qui autorisent leurs citoyens à désigner un sexe autre que masculin ou féminin sur les passeports.

Un livre pour mettre fin aux exactions de la police au Kenya

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Un élève tué et deux autres blessés lors d'une opération de police à Brazzaville

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Sanctions américaines et de l'ONU contre un Libyen

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RDC: "Ils n'ont rien pris, ils sont venus juste pour tuer et partir"

Un homme dans les collines du territoire de Masisi près de Kitchanga dans la province du Nord Kivu, RDC, 16 juillet2012.

Au Nord-Kivu, les conflits inter-communautaires causent des pertes en vies humaines et des dégâts estimés à plusieurs millions de dollars.

"Ils ont volé des biens de valeur, ils ont violé les femmes".

Abdoul Kenzire vit actuellement à Goma dans une famille d'accueil. Il a fui le territoire de Masisi, avec la recrudescence de l'insécurité causée par les groupes armés et les conflits inter-ethniques.

A Goma, où il vit désormais, il n'a aucune activité, la vie est difficile. Il ne peut plus subvenir aux besoins de sa famille ni payer les frais de scolarité de ses enfants, qui cette année n'iront pas à l’école, faute de moyens.

"Quand nous sommes en déplacement, quand nous ne travaillons plus nos champs, n'ayant aucune autre source de revenus, la vie nous paraît difficile. Je ne crois plus que mes enfants vont étudier, je ne peux même plus retourner au village à cause de l'insécurité, maintenant nous vivons dans le désespoir ", regrette M. Kenzire.

Jean-Paul Havugimana, ancien éleveur qui s'est reconverti dans l'agriculture, se souvient avec amertume du jour où des hommes armés ont pris d'assaut sa concession.

"Avant, j'élevais des vaches, j'en avais une cinquantaine. Mais par malchance, un groupe d'hommes armés est venu et a tué toutes les vaches, ils n'avaient rien pris avec eux. Ils sont donc venus juste pour tuer et partir. Aujourd'hui, je pratique l'agriculture, mais c'est difficile de m'occuper de la famille", confie-t-il à VOA Afrique.

Le Conseil territorial des jeunes, agriculteurs et éleveurs avec la société civile du territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, ont, à travers un communiqué de presse, voulu attirer l'attention du gouvernement sur la gravité des actes et la résurgence des conflits inter-ethniques entre les différentes tribus du groupement Nyamaboko.

Selon Télésphore Mitondeke, membre de la société civile de Masisi, les assaillants tuent les civils et visent aussi le bétail.

Il révèle qu'à Mahanga, chef-lieu de la localité de Butsike, et dans les entités environnantes, des tensions inter-ethniques et des actes de représailles sont monnaie courante depuis 2020. Il fait état de viols, de pillages et de demandes de rançons, occasionnant le déplacement forcé de la population locale.

Au moins 11 bergers ont été victimes d'assassinats ciblés par ethnie. Il répertorie aussi l'abattage criminel d'au moins 980 vaches, le vol d'au moins 1872 vaches, 503 porcs, 2122 chèvres, 1340 moutons.

Ce dernier estime que ces actes se multiplient à cause du nombre réduit d'éléments de l'armée congolaise.

"Tous ces actes se sont produits sans aucune réaction des soldats des FARDC en position à Mahanga, probablement à cause de leur sous-effectif, qui est encore estimé à plus ou moins dix soldats", déplore-t-il.

"Au fil des années, la population et les opérateurs économiques ont déjà perdu plusieurs millions de dollars. Sans compter l'accès limité aux services sociaux de base", ajoute-t-il.

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