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"Violences extrêmes" entre l’armée et manifestants dans le centre du Bénin

Des pneus brûlent alors que les manifestants barricadent les rues de Cadjehoun, fief de l'ancien président du Bénin, Thomas Yayi Boni, le 2 mai 2019 à Cotonou.

La situation était toujours très tendue vendredi matin au Bénin, après plus de quatre jours d'affrontements entre l’armée et les populations à Savè et à Tchaourou, ville d'origine de l'ancien président Boni Yayi, dans le centre du pays.

"Les forces armées sont présentes partout dans la commune et sur la route principale entre Tchaourou et Parakou pour essayer de dégager les barricades" mises en place par des manifestant pro-Yayi, a confié vendredi à l’AFP un élu de la commune sous couvert d'anonymat.

"L’armée tire à balles réelles. Les violences sont extrêmes", a-t-il affirmé.

Plusieurs éléments de l’armée ont été blessés et admis dans un hôpital à Parakou, selon un médecin sur place joint au téléphone, mais qui n'a pas souhaité donner de bilan exact.

Aucune information officielle n’était disponible sur le bilan des affrontements.

Selon le maire de la commune voisine de Savè, Timothée Biaou, contacté par l'AFP, "les jeunes ont rétabli les barrages ce matin (vendredi) sur la route entre Cotonou et Parakou".

"Hier soir (jeudi), la police républicaine a tiré à balles réelles et il y a eu deux blessés graves", a-t-il affirmé, revenant sur les propos diffusés dans la presse locale selon lesquels il y aurait eu un mort.

Des photos et des vidéos de manifestants blessés ainsi que des soldats circulaient sur les réseaux sociaux, faisant état de très fortes altercations sur la route principale, bloquée par les manifestants.

Ils "réclament la levée des barrages autour du domicile de Boni Yayi et la libération de leurs frères avant de libérer la route (...) bloquée à hauteur de Tchaourou", a expliqué à l'AFP un proche de l'ancien président, dont le domicile à Cotonou, la capitale économique, est toujours cerné par les forces de l'ordre.

Le pays est en proie à une crise politique depuis les élections législatives du 28 avril, auxquelles l'opposition n'avait pas été autorisée à présenter de candidats pour des raisons administratives.

L'ancien président avait appelé la population à se soulever en signe de protestation et appelé le chef de l'Etat, Patrice Talon a annulé le processus électoral. Les 1er et 2 mai, des centaines de personnes s'étaient rassemblées autour du domicile de Boni Yayi à Cotonou, craignant qu'il ne soit arrêté.

La répression des manifestations par l’armée a déjà fait au moins quatre morts par balles selon Amnesty International et de nombreux blessés à travers le pays.

Des ONG de défense des droits humains ont dénoncé le tournant autoritaire du président Patrice Talon, élu en avril 2016, dans un pays qui a longtemps été considéré comme un modèle de démocratie en Afrique de l'Ouest.

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Mesure coercitive contre l'ancien président Yayi Boni

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Mesure coercitive contre Yayi Boni

L'ancien président du Bénin, Boni Yayi, à Cotonou, au Bénin le 19 avril 2019.

Au Bénin, le procureur annonce une mesure coercitive à l'encontre de l'ancien président Yayi Boni. Il l'a fait savoir au cours d'une conférence de presse ce mardi Cotonou.

L'impossibilité au juge d'écouter l'ancien président Yayi Boni est au cœur de cette sortie médiatique du procureur de la République.

Mario Metonou affirme que, selon les faits en sa possession,Yayi Boni est impliqué dans les manifestations violentes des 1er et 2 mai à Cotonou. Il déplore le refus, à deux reprises, de l’ancien président d'être auditionné malgré les précautions prises pour respecter son statut d'ancien chef d'État.

Le juge s’était rendu deux fois au domicile de l'ancien président mais n'a pas pu le rencontrer. Les avocats de Yayi Boni ont opposé une fin de non-recevoir, brandissant un certificat qui précise que l'ancien président souffrait d'une maladie.

"Il est à préciser que la décision du juge d'auditionner monsieur Boni Yayi à son domicile, au-delà de ce qu'elle est prévue par la loi, procède d'usages établis qui tire leur fondement des égards dus à son rang. Auparavant monsieur Boni Yayi, alors président de la République avait été entendu au Palais de la présidence par un juge d'instruction". 64 personnes ont été inculpées suite aux manifestations post-électorales.

Appel au calme après les violentes manifestations

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Calme relatif dans le centre du Bénin après une semaine de violences

Une rue déserte de la ville de Save, au lendemain de troubles dans le Bénin, un pays d'Afrique de l'Ouest, le 15 juin 2019.

Le calme était revenu dans le centre du Bénin, après une semaine d'affrontements violents entre les forces de l'ordre et des partisans de l'ancien président Boni Yayi, qui avaient bloqué la principale route du pays.

"La voie circule normalement et tout est calme. Tous les commerces fermés n'ont pas encore ouvert", a témoigné à l'AFP Avademe Inès, une habitante de Savè, soulignant toutefois que la ville vivait "dans la peur": "Les hommes de l'armée sont encore partout".

Un policier en poste à Savè a confirmé qu'aucun incident n'était à déplorer depuis samedi matin. "A Tchaourou et Savè, le calme est revenu, mais le siège (présence des forces de l'ordre) ne sera pas levé de si tôt", a-t-il confié à l'AFP sous couvert d'anonymat.

Des négociations, non-officielles, entre les élus locaux, des émissaires du gouvernement, les forces de sécurité et les "chasseurs" (manifestants armés) se déroulent depuis dimanche dans ces deux communes, où des échauffourées violentes ont fait au moins deux morts côté civil, d'après des témoins, et 50 policiers blessés, selon le gouvernement béninois.

Les violences ont éclaté mardi dernier à Tchaourou, la ville natale de l'ancien président Boni Yayi, après l'arrestation de deux personnes, accusées de violences électorales lors des législatives du 28 avril.

Jeudi, à cent kilomètres au sud, des habitants de Savè, ont également bloqué la route pour empêcher un contingent de la police nationale d'atteindre Tchaourou.

Violents affrontements dans le centre du Bénin entre armée et manifestants
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Dans les deux villes, l'armée et la police ont délogé les manifestants par des tirs à balles réelles entre vendredi et samedi, affirmant qu'il s'agissait de tirs de sommation.

Ce dernier épisode de violences intervient plusieurs semaines après les violentes altercations des 1er et 2 mai à Cotonou, autour du domicile de Boni Yayi, dans le quartier de Cadjéhoun, toujours surveillé par une importante présence des forces armées.

Au lendemain des législatives, auxquelles l'opposition n'avait pas été autorisée à présenter de candidats, des centaines de partisans de l'ancien chef d'Etat étaient descendus dans les rues de Cotonou, craignant qu'il ne se fasse arrêter.

Les avocats de Boni Yayi, qui vit toujours reclus dans sa maison selon ses proches, ont dénoncé un "assassinat politique" perpétré par le président Patrice Talon contre son adversaire.

"Tchaourou et Savè sont aujourd'hui les victimes expiatoires d'une tyrannie cruelle qui conduit inexorablement à l'embrasement général de notre pays", a dénoncé le parti de l'ex-président, les Forces Cauris pour un Bénin Émergent, dans un communiqué.

Des ONG de défense des droits de l'homme ont dénoncé le tournant autoritaire du président Patrice Talon dans un pays qui a longtemps été considéré comme un modèle de démocratie en Afrique de l'Ouest.

Violents affrontements dans le centre du Bénin entre armée et manifestants

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