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Coronavirus

Vacciner contre le Covid-19 en Centrafrique, un défi logistique et humain

Un agent de santé prépare un certificat de vaccination après avoir vacciné une personne avec une dose d'un vaccin Covid-19 à Bimbo, près de Bangui, le 15 novembre 2021.

Marie-Chantal attend son injection. "Mais uniquement parce qu'on me l’a demandé", maugrée la quinquagénaire, résignée, avant de remonter sa manche. La Centrafrique n'a vacciné pour l'heure que 7% de sa population contre le Covid-19.

Pour les autorités sanitaires de ce vaste pays, le deuxième le moins développé du monde selon l'ONU et en guerre civile depuis 2013, le défi est autant de se procurer le vaccin que de convaincre les gens de sa nécessité.

Dans la chaleur moite du petit hôpital de Bimbo, en périphérie de la capitale Bangui, Marie-Chantal s'est finalement laissé convaincre, comme la dizaine de personnes qui patientent pour recevoir une dose.

Si à Bimbo la population adhère petit à petit à la vaccination, c’est grâce aux efforts de sensibilisation, notamment de l'ONG internationale Alima (The Alliance for International Medical Action), qui opère principalement en Afrique et mène des campagnes de vaccination dans les zones difficiles d'accès.

Vaccination covid: les avis restent partagés au sein de la population
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Réticents

"Au début, les gens étaient réticents, nous nous sommes appuyés sur les relais communautaires pour les convaincre", explique Grévisse Kahindura, coordinateur vaccination pour Alima dans le pays.

Les installations de l'hôpital sont sommaires. Dans sa blouse bleue et derrière ses lunettes de protection, Larissa Tongoma enfile ses gants avant d’extraire une dose du vaccin Johnson & Johnson d’une petite glacière posée sur la table. L’étiquette affichant une croix rouge est usée par les transports et la poussière.

"J’ai vacciné 43 personnes aujourd’hui", s'enorgueillit l'infirmière en désinfectant le bras de Prince, 28 ans, avant de piquer et lui demander de rejoindre un groupe pour surveiller d'éventuels effets secondaires immédiats.

"Beaucoup de monde ne croit pas en l’existence du coronavirus", déplore la médecin-chef de l’hôpital du district de Bimbo, Pétula Mandaba. "Lors des campagnes de sensibilisation nous avons découvert un village où le pasteur avait dit que le covid était une invention. Impossible de convaincre la population de se faire vacciner", raconte-t-elle.

En Afrique, les réticences se font ressentir "un peu partout, bien qu'elles soient différentes d’un pays à un autre", explique Mélanie Tarab, responsable médicale Afrique pour Alima. "C’est plus difficile de vacciner en zone urbaine, où la population a accès aux fausses nouvelles sur les réseaux sociaux, qu’en zone rurale", détaille-t-elle.

Dans les rues de Bimbo, l’épidémie se fait discrète. Les masques sont obligatoires uniquement pour entrer dans les bâtiments officiels de Bangui, quelques kilomètres au nord. Le ministère de la Santé a distribué deux millions de masques mais "personne ne les porte", se désole Richard Fotsing, coordinateur santé de l’OMS à Bangui.

Chiffres sous-évalués

Les chiffres avancés par le ministère sont relativement bas, avec seulement 12.000 cas pour près de 5 millions d'habitants et 101 décès depuis le début de la pandémie, mais probablement sous-évalués. "Les statistiques covid qui remontent proviennent uniquement des centres de santé", explique M. Fotsing.

Plus généralement, en Afrique, la notification des cas de coronavirus est faible, liée au manque de moyens pour tester, ce qui "freine l'adhésion à la vaccination", observe Mélanie Tarab.

"Nous n’avons pas de système permettant de remonter des informations lorsque le décès survient dans une communauté, il est donc possible que des gens pensent qu'il s'agissait du paludisme ou d'une grippe", renchérit M. Fotsing.

Et pour vacciner ceux que l'on parvient à convaincre, le défi logistique demeure de taille.

Prince est satisfait cette fois mais il était déjà venu à l'hôpital et reparti bredouille: "les doses manquaient".

"A Bimbo, nous savons que nous devons vacciner 37.000 personnes", explique Grévisse Kahindura à la tête d'Alima qui, en appui au ministère de la Santé, a déjà vacciné près de 23.000 personnes dans tout le pays. Il invoque notamment les difficultés de l'approvisionnement liées à la complexité du mécanisme Covax par lequel la communauté internationale tente de financer la livraison de doses dans 92 Etats et territoires défavorisés dans le monde.

"Les vaccins parviennent au compte-goutte" dans les zones les plus difficiles d’accès du continent, déplore Mélanie Tarab, ajoutant: "et lorsque les doses arrivent, elles sont souvent proches de la date de péremption, difficile d’organiser une seconde injection".

En septembre, l’OMS estimait que l’Afrique faisait face à un déficit de "470 millions de doses". "Moins de 7% de la population africaine est vaccinée", assène Mélanie Tarab tout en soulignant que ce sont les pays d'Afrique du Nord et l'Afrique du Sud surtout qui font "gonfler" la moyenne.

Retour à Bimbo. Assis sur un banc au milieu d’autres fraîchement vaccinés, Prince se frotte l’épaule. "Comme tout le monde, j’avais peur", admet-il, maintenant rassuré.

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Le point sur le nouveau variant Omicron

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Le variant Omicron secoue les États et réveille des inquiétudes liées au Covid

Des voyageurs portant des équipements de protection individuelle arrivent à l'aéroport de Melbourne, en Australie, le 29 novembre 2021.

Aucun décès associé au variant n'a été rapporté jusqu'ici, selon l'OMS.

Le nouveau variant Omicron du coronavirus, classé “préoccupant", présente "un risque très élevé" au niveau mondial, a prévenu ce lundi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Réunion d’urgence du G7 face à Londres au nouveau variant. Plusieurs pays suspendent des voyages pour éviter les contaminations.

Stéphane Bancel, patron du géant pharmaceutique Moderna, estime que les vaccins actuels sont probablement moins efficaces contre Omicron, rapporte le quotidien Financial Times.

Tout en précisant qu'aucun décès associé au variant n'a été rapporté jusqu'ici, l’OMS indiquant que la probabilité qu'il se répande au niveau mondial est élevée.

De nombreuses incertitudes planent encore sur sa dangerosité et sa transmissibilité. Mais les scientifiques redoutent déjà qu’Omicron soit extrêmement contagieux et échappe à certaines parties du système immunitaire.

La liste des pays où le variant est détecté ne cesse de s'allonger. Plusieurs pays occidentaux et africains sont déjà fermés aux voyageurs venant de huit pays d'Afrique australe. Les Etats-Unis se trouvent en "état d'alerte avancée", bien qu’aucun cas n’a encore été confirmé.

L'Afrique du Sud, où Omicron a été détecté et annoncé jeudi dernier, s'attend à une hausse exponentielle des contaminations. Mais Pretoria jugé "triste" et "regrettable" que des pays africains suivent le vent de panique et imposent des restrictions de voyage sur le continent.

Le gouvernement sud-africain demande l’annulation immédiate des restrictions que le président Cyril Ramaphosa juge dépourvues de "justification scientifique".

Les ministres de la Santé du G7 se retrouvent urgemment à Londres pour discuter de l'évolution de la situation sur Omicron. L’OMS se réunit à Genève pour discuter d'un accord international définissant la manière de gérer la prochaine pandémie – ce qui, selon les experts, n'est qu'une question de temps.

Pas besoin de s'inquiéter

Le président américain Joe Biden a estimé lundi qu'il n'y avait "pas de raison de paniquer" face à la propagation du nouveau variant Omicron du Covid-19, tout en appelant les Américains à se faire vacciner et à recevoir leurs doses de rappel. "Il y a des raisons d'être préoccupés face à ce nouveau variant, mais pas de raison de paniquer", a nuancé le président américain dans un discours à la Maison Blanche.

A l'approche des fêtes de fin d’année, le locataire de la Maison Blanche a appelé les Américains à se faire vacciner, à faire vacciner leurs enfants, à recevoir leurs doses de rappel et à porter un masque à l’intérieur. Selon lui, ces mesures éviteront un re-confinement.

Le président démocrate a également indiqué qu’à ce stade, une éventuelle obligation de vaccin ou de test pour prendre des vols domestiques aux Etats-Unis, n'est pas une recommandation de la communauté scientifique.

Joe Biden présentera jeudi une stratégie détaillée de lutte contre le coronavirus pendant l'hiver, "pas avec des fermetures ou des confinements, mais en amplifiant la vaccination, les rappels, les tests”, a-t-il précisé.

Le variant Omicron, déjà signalé en Europe, a atteint le continent américain avec deux premiers cas annoncés dimanche au Canada. Des cas ont aussi été confirmés en Asie et au Moyen-Orient.

Fermeture des frontières: le Malawi dénonce de "l'afrophobie"

Un agent de santé effectue un test COVID-19 sur un voyageur à l'aéroport international OR Tambo de Johannesburg, le 27 novembre 2021, après que plusieurs pays ont interdit les vols en provenance d'Afrique du Sud à la suite de l'émergence de la nouvelle variante COVID-19 Omicron.

Les restrictions de voyage imposées à l'Afrique australe par de nombreux pays occidentaux après l'annonce de la détection d'un nouveau variant du Covid, baptisé Omicron, relève de "l'afrophobie", a dénoncé dimanche le président du Malawi, Lazarus Chakwera.

M. Chakwera, qui assure actuellement la présidence tournante de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC, seize pays) affirme sur sa page Facebook que les "restrictions unilatérales de voyage imposées aux pays de la SADC par la Grande-Bretagne, l'Union européenne, les Etats-Unis, l'Australie et d'autres n'ont pas lieu d'être".

"Nous sommes tous inquiets au sujet du nouveau variant du Covid et nous devons remercier les chercheurs sud-africains qui l'ont identifié avant quiconque", déclare le président. "Mais les décisions concernant le Covid doivent s'appuyer sur des faits scientifiques, pas sur de l'afrophobie".

Le nouveau variant a été classé "préoccupant" par l'OMS, qui a pourtant déconseillé les restrictions sur les voyages, estimant qu'il faudra "plusieurs semaines" pour comprendre la virulence d'Omicron. L'organisation a appelé dimanche à ce que "les frontières restent ouvertes", se tenant "aux côtés des pays africains".

Après l'annonce jeudi par des chercheurs sud-africains sur la détection du nouveau variant, de nombreux pays ont très vite annoncé des restrictions drastiques de voyage pour isoler l'Afrique du sud et d'autres pays du continent.

En Afrique australe, seul l'Angola a annoncé dimanche la suspension des liaisons aériennes avec la plupart de ses voisins.

Dans une adresse télévisée, le président d'Afrique du Sud Cyril Ramaphosa a appelé dimanche soir les pays ayant imposé des restrictions de voyage à leur "levée immédiate et urgente", les jugeant dépourvues de "justification scientifique" alors que sont les scientifiques sud-africains qui ont découvert et alerté en toute transparence, au sujet d'Omicron.

Lors d'un point-presse au Botswana en fin de journée, le ministre des Affaires érangères Lemogang Kwape, sans citer l'Angola, a plaidé dimanche pour la "solidarité" régionale.

"Nous ne voulons pas géo-politiser ce virus", a-t-il affirmé.

Omicron: l'Afrique du Sud juge "tristes" les restrictions de voyage sur le continent

Une femme reçoit une dose d'un vaccin COVID-19 dans un centre de Soweto, en Afrique du Sud, le 29 novembre 2021.

L'Afrique du Sud, où a été détecté le nouveau variant du Covid-19 baptisé Omicron, a jugé lundi "triste" et "regrettable" que certains pays africains suivent le vent de panique et imposent des restrictions de voyage sur le continent.

L'annonce jeudi par les scientifiques du pays d'Afrique australe qui ont détecté le variant a provoqué la réaction de nombreux pays comme la France, les Etats-Unis ou encore les Philippines: en quelques heures, ils ont décidé d'interdire sur leur territoire des voyageurs en provenance de la région.

"Il est tout à fait regrettable, malheureux, et je dirais même triste que des pays africains aient imposé des restrictions de voyage", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Clayson Monyela, lors d'une conférence de presse en ligne organisée par le ministère de la Santé.

Après Maurice, les Seychelles et le Rwanda, le Gabon a annoncé lundi une interdiction d'entrée sur le territoire aux voyageurs en provenance de huit pays d'Afrique australe. L'Angola avait auparavant annulé les vols avec le Mozambique, la Namibie et l'Afrique du Sud jusqu'à nouvel ordre alors que le pays est lui-même visé par des restrictions.

La Banque africaine de développement (BAD) a annulé un forum sur les investissements en Afrique prévu cette semaine à Abidjan, en raison d'"inquiétudes accrues". Plusieurs chefs d'Etat africains, dont le président sud-africain Cyril Ramaphosa, étaient attendus.

"Ce que je ne comprends pas, c'est que certains des pays africains qui agissent ainsi connaissent les difficultés pour le continent lorsque les pays européens prennent une telle décision", a expliqué M. Monyela, ajoutant que le ministère est actuellement en discussion avec les gouvernements en question.

L'Afrique du Sud redoute des conséquences sur son économie; le secteur du tourisme est notamment durement frappé en pleine saison touristique dans cette partie du monde.

Les restrictions "doivent être annulées immédiatement", a martelé le porte-parole, rappelant que l'Afrique du Sud a récemment fait des "dons substantiels" de vaccins à certains des pays qui imposent actuellement des interdictions de vol.

Cyril Ramaphosa a exigé dimanche la "levée immédiate et urgente" des restrictions, les jugeant dépourvues de "justification scientifique".

Le président du Malawi, Lazarus Chakwera, a accusé les pays occidentaux d'"afrophobie". Le Botswana, où le variant a été "signalé" pour la première fois, selon les scientifiques, a également mis en garde contre une "géopolitisation" du virus.

Le président namibien Hage Geingob a de son côté salué les scientifiques en Afrique du Sud, qui ont "involontairement attiré les foudres" sur le pays.

De nombreuses incertitudes planent encore sur la dangerosité et la transmissibilité du variant aux multiples mutations. Mais les experts redoutent qu'il soit extrêmement contagieux et échappe à certaines parties du système immunitaire.

L'Afrique du Sud a constaté ces dernières semaines une hausse des contaminations et des hospitalisations, mais les chiffres restent bien en-deça de ceux de plusieurs pays européens. Près des trois quarts des cas signalés récemment sont dus au variant Omicron.

Pays africain officiellement le plus touché par la pandémie, l'Afrique du Sud compte plus de 2,9 millions de cas et près de 89.800 morts. Moins d'un quart des Sud-Africains sont complètement vaccinés, plus qu'ailleurs en Afrique mais loin derrière le reste du monde.

Joe Biden appelle les Américains au calme face au variant Omicron

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