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Visite d'État d'Emmanuel Macron aux États-Unis fin avril

Donald Trump et Emmanuel Macron lors d'une réunion au Palace Hotel, le 18 septembre 2017, à New York.

Le président français Emmanuel Macron effectuera autour du 24 avril une visite d'Etat aux Etats-Unis, la première d'un dirigeant étranger sous la présidence de Donald Trump.

Le président américain avait décidé fin janvier d'inviter son homologue français à la Maison Blanche, après avoir été reçu en grande pompe à Paris les 13 et 14 juillet.

Il devrait se rendre à Washington les 23 et 24 avril avec un possible passage par la Nouvelle-Orléans, qui fête son tricentenaire, une occasion de parler de la francophonie.


Le président Trump aurait décidé de faire l'honneur à M. Macron de la première visite d'Etat de sa présidence, notamment grâce à l'insistance de son épouse Melania. Une visite d'Etat -la plus haute forme de réception d'un chef d'Etat étranger- implique de nombreux honneurs, dont une cérémonie à la Maison Blanche.

Emmanuel Macron et Donald Trump, qui ont pour point commun d'être arrivés au pouvoir comme outsiders du monde politique, entretiennent des relations amicales malgré des divergences sur de nombreux points, en particulier sur le climat, depuis le retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris en juin dernier.

Lire aussi : Trump en invité d'honneur au défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées

Le dirigeant français lui avait déroulé le tapis rouge à Paris en juillet, le conviant à assister au défilé militaire sur les Champs-Elysées après un dîner avec son épouse la veille à la Tour Eiffel. Enthousiasmé par ce spectacle, le président américain avait souhaité organiser un défilé similaire à Washington, un projet qu'il a confirmé mercredi.


La visite du couple Trump à Paris s'était déroulée alors que, de l'autre côté de la Manche, les Britanniques signaient en masse une pétition contre son invitation à effectuer une visite d'Etat à Londres, réclamant qu'elle soit rétrogradée en simple visite. Cette pétition avait recueilli près de 1,9 million de signatures et, le 12 janvier, Donald Trump a annulé son voyage en Grande-Bretagne, prétextant un désaccord sur l'emplacement de la nouvelle ambassade qu'il devait inaugurer.

Fin janvier, Emmanuel Macron a réaffirmé lors d'une interview à la chaîne suisse RTS son "amitié" pour le président américain et l'importance stratégique de cette alliance. "Cette relation personnelle (avec lui) est pour moi très forte, j'y suis très attaché. Et les Etats-Unis sont notre partenaire" sur la lutte contre le terrorisme, l'avenir de la Syrie ou encore la paix au Proche-Orient. "Si nous nous fâchons avec eux, nous ne pouvons plus agir", avait-il souligné.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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