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Une première au Brésil, les tests du sida en vente dans les pharmacies

"L'auto-test" en vente dans une pharmacie de Bordeaux, France, le 15 septembre 2015. (REUTERS/Regis Duvignau)

Le Brésil, pays jugé exemplaire pour sa politique de lutte contre la propagation du sida, a commencé à mettre en vente pour la première fois en pharmacie des tests de détection du virus VIH.

Les premiers tests sont arrivés depuis une semaine sur les étagères des pharmacies de l'Etat de Rio de Janeiro. Puis c'est au tour cette semaine des Etats de Sao Paulo et Espirito Santo, également dans le Sud-Est, avant l'ensemble du pays d'ici la fin du mois.

"L'auto-test", approuvé par les autorités sanitaires de l'Anvisa, permet à l'utilisateur de savoir s'il est porteur ou non du virus du sida, dans cet immense pays latino-américain de 200 millions d'habitants où la population est très réticente à se faire diagnostiquer.

Ainsi, au Brésil, près de 20% des porteurs du VIH ignorent leur séropositivité, soit quelque 150.000 personnes, sur un total d'environ 800.000 personnes contaminées.

Le Brésil devient donc le premier pays d'Amérique Latine et des Caraïbes à vendre en pharmacie ce test à faire soi-même. Une mesure déjà prise par plusieurs pays développés, notamment les Etats-Unis, le Royaume-Uni ou la France.

Le Brésil est pionnier dans la lutte contre le sida et offre un traitement gratuit à quiconque est diagnostiqué séropositif.

Mis au point par la société brésilienne OrangeLife, le test "Action" fonctionne avec la collecte d'une goutte de sang qui, mélangée à un produit réactif, permet de révéler la présence d'anticorps signalant une exposition au virus du VIH.

Le résultat est connu en 20 minutes, pour un produit vendu entre 60 et 70 reais -- soit entre 16 et 19 euros, un prix élevé au Brésil. Une barre et la personne est séronégative, deux barres elle est positive.

Pour ses concepteurs, le test est fiable à 99,9%, un taux supérieur à celui mené à partir de la salive commercialisé aux Etats-Unis.

Selon le directeur d'OrangeLife, l'Italien Marco Colovatti, le test est fabriqué dans une usine à Rio ayant une capacité de 100.000 unités par mois.

- Diagnostiqués très tard -

Pour tous les professionnels interrogés par l'AFP -- pharmaciens, médecins et fabricant -- ce test représente une avancée importante en terme de lutte contre le VIH. Plus le virus est dépisté tôt, mieux il se traite.

Le problème est que beaucoup de Brésiliens ne font pas le test à l'hôpital, par pudeur ou peur d'être victimes de discrimination.

"L'intérêt du produit est que les gens vont pouvoir se tester dans un environnement où ils n'auront pas à partager ça avec qui que ce soit", explique à l'AFP le Dr Valdiléa Veloso, du laboratoire de recherche clinique du Sida, au sein de l'institut de recherche Fiocruz.

Au Brésil, l'épidémie affecte principalement des homosexuels, transsexuels, professionnels du sexe et usagers de drogues "et ces populations ont souvent de mauvaises expériences avec les services de santé", ajoute le médecin. Alors elles "évitent d'aller dans les services de soins, donc elles sont diagnostiquées très tard".

Les premières indications sur l'accueil des Brésiliens sont encourageantes. "Le premier jour, j'avais trois boîtes de test disponibles, elles ont toutes été vendues", raconte à l'AFP Ricardo Valdetaro, pharmacien à Copacabana.

"Le lendemain j'en ai commandé six, toutes vendues dans la journée aussi. Alors le jour suivant j'en ai commandées 12. J'ai compris que ce produit allait très bien marcher. Un client m'a expliqué qu'il achetait des tests pour les faire faire à des professionnelles du sexe".

Reste que le diagnostic d'une séropositivité peut être difficile à accepter.

Si une personne "ne veut pas faire le test seule chez elle, elle pourra le faire ici, dans une salle de la pharmacie réservée pour recevoir des patients", dit le pharmacien de Copacabana.

Sur la boîte du produit, un numéro gratuit permet d'obtenir une assistance psychologique ainsi que des informations sur les traitements.

"A Curitiba (Sud-Est) des tests ont été envoyés à des volontaires, des milliers de gens ont participé et ont demandé un test à faire à la maison", dit le Dr Veloso. "Donc on voit bien qu'il ne faut pas avoir peur que les gens soient désespérés d'être seuls au moment du résultat".

Avec AFP

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Xi Jinping, allié et rival, en visite d'Etat en France

Le président français Emmanuel Macron, son épouse Brigitte, le président chinois Xi Jinping, et son épouse Peng Liyuan posent devant la porte de la villa Kerylos avant un dîner le 24 mars 2019 à Beaulieu-sur-Mer, près de Nice.(Photo de JEAN-PAUL PELISSIER / POOL / AFP)

Le président chinois Xi Jinping est en France pour une visite d’Etat de trois jours sur fond d’inquiétudes grandissantes sur les investissements tous azimuts de Pékin qui poussent Paris, Berlin et Bruxelles à tenter de mettre en place une stratégie commune européenne face à cet allié “stratégique”.

Au lendemain de la signature d’un protocole d’accord entre Rome et Pékin sur les “nouvelles routes de la soie” mettant à mal cette unité européenne, le dirigeant de la deuxième puissance économique mondiale a été accueilli dimanche par Emmanuel Macron à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes).

Après une séance de travail à l’Elysée et un dîner d’Etat lundi, une réunion se tiendra mardi au palais présidentiel avec le chef de l’Etat français, le président chinois, la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

“On a laissé faire une stratégie de concurrence interne et de division qu’il faut maintenant surmonter”, souligne-t-on à l’Elysée pour expliquer la tenue de cette réunion, inédite dans ce format. “Le temps de la concurrence interne entre Européens doit s’achever, c’est ce changement de logiciel qui est aujourd’hui à l’oeuvre”.

Le chemin vers une coordination européenne s’annonce toutefois difficile.

Certes, Paris, Berlin et Bruxelles affichent une détermination sans faille. Certes, les dirigeants européens ont durci le ton lors du Conseil européen vendredi à Bruxelles où la Chine est désormais qualifiée de “rival systémique”. Et l’UE est échaudée par la lenteur de l’ouverture de l’économie chinoise et la multiplication d’acquisitions chinoises dans des secteurs stratégiques européens.

PARTITION EN SOLO DE L’ITALIE

Mais dans les faits, les pays européens continuent d’agir en ordre dispersé, comme en témoignent les décisions unilatérales prises tant sur les questions des télécoms que sur celle relative aux “nouvelles routes de la soie”.

Lancé en 2013 par le président Xi Jinping et connu en Chine sous le nom de “Belt and Road initiative” (BRI), ce projet est un vaste plan de développement des liens terrestres et maritimes entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe.

Plusieurs pays de l’UE, dont la Croatie, la Hongrie, la Grèce, la Pologne et le Portugal, ont d’ores et déjà conclu des protocoles d’accord avec Pékin dans le cadre de cette initiative, rejointe par Rome, et à laquelle Paris, Berlin et Londres refusent d’adhérer sans garanties de “réciprocité”.

Sur la question de Huawei, l’équipementier télécoms chinois soupçonné par des pays occidentaux d’être utilisé par Pékin à des fins d’espionnages, la coordination européenne peine également à se concrétiser. Monaco, où Xi Jinping sera dimanche, a signé un partenariat avec Huawei en septembre dernier.

“Chaque Etat souverain a fait ses choix plus ou moins rapidement”, commente-t-on diplomatiquement à Paris, où les arbitrages sur Huawei n’ont pas encore été rendus.

BILAN BILATÉRAL “SATISFAISANT”

Sur le plan bilatéral, un an après la feuille de route actée en janvier 2018 lors de la visite d’Emmanuel Macron à Pékin, Paris évoque un “bilan satisfaisant”, citant entre autres la mise en service de l’EPR de Taishan, le lancement d’un satellite franco-chinois et la levée de l’embargo sur le boeuf français.

Lundi, lors de la visite de Xi Jinping qui intervient au moment symbolique du 55e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre Paris et Pékin, “il y aura des contrats”, a-t-on indiqué à l’Elysée sans plus de précisions.

La semaine dernière, une source à la présidence française avait fait état de “signaux positifs” concernant la finalisation prochaine d’un contrat portant sur une commande de 184 Airbus A320, qui représenterait un montant de plus de 18 milliards de dollars.

“La Chine, c’est pour nous à la fois un défi et un partenaire”, a souligné mercredi le chef de la diplomatie Jean-Yves Le Drian. “Nous devons être très vigilants sur les actions que peut entreprendre la Chine en essayant d’aspirer à elle nos propres technologies”.

Autre point qui sera abordé lors de cette visite, la question des droits de l’Homme et de la situation des Ouighours, minorité musulmane et turcophone persécutée selon les ONG.

Interpellée par Human Rights Watch en amont de cette visite, la présidence française a indiqué qu’il s’agissait d’un “grand sujet de préoccupation” et assuré que la question des droits de l’Homme serait “comme toujours” abordée, “dans le respect et la franchise”.

Avec Reuters

Nouvelle-Zélande: enquête nationale officielle sur le massacre des mosquées

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, près de la mosquée Al-Noor, à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 22 mars 2019. REUTERS / Jorge Silva TPX - IMAGES DU JOUR

La Première ministre de Nouvelle-Zélande Jacinda Ardern a ordonné lundi une enquête nationale officielle sur les attaques contre les mosquées de Christchurch afin d'établir si la police et le renseignement auraient pu empêcher le carnage.

Cette Commission royale, soit l'enquête judiciaire aux pouvoirs les plus étendus de Nouvelle-Zélande, doit déterminer comment un seul tueur a pu abattre 50 fidèles le 15 mars, une attaque qui a ébranlé le monde entier, a-t-elle déclaré.

"Il est important que rien ne soit laissé au hasard pour déterminer comment cet acte de terrorisme s'est produit et comment nous aurions pu l'empêcher", a dit Mme Ardern à la presse.

Les services de renseignement et de police se sont retrouvés au centre de critiques dans la foulée de l'attaque, certains leur reprochant de s'être trop focalisés sur les menaces islamistes.

Les victimes à Christchurch étaient toutes musulmanes, et le tueur est un suprémaciste blanc convaincu que les musulmans "envahissent" les pays occidentaux.

"Une question à laquelle nous devons répondre c'est de savoir si oui ou non nous aurions dû en savoir plus", a déclaré Mme Ardern. "La Nouvelle-Zélande n'est pas un Etat de surveillance (...) mais il y a des questions qui attendent des réponses".

La Première ministre a exclu le retour de la peine de mort pour le suspect, un extrémiste australien de 28 ans. Brentan Tarrant a été arrêté quelques minutes après les attaques et a été pour l'heure inculpé d'un chef de meurtre.

Des détails concernant cette enquête doivent encore être précisés mais celle-ci sera exhaustive et rendra ses conclusions dans un délai raisonnable, a-t-elle ajouté.

Avec AFP

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