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Tchad: "Je suis professeur certifié depuis 2015 mais toujours stagiaire devant l'État"


Grogne des travailleurs du secteur public au Tchad, le 12 janvier 2021. (VOA/André Kodmajingar)

La plateforme syndicale revendicative relance le mot d’ordre de grève pour exiger le rétablissement des salaires et autres avantages des agents de l’Etat coupés depuis 2016.

Une grève générale des travailleurs du secteur public a fait de N’Djamena, la capitale du Tchad, une ville fantôme. Déjà confinée à cause de la montée fulgurante des cas de Covid-19, les activités ordinaires dans la ville et l’administration tchadienne sont paralysées.

Pour Barka Michel, porte-parole de la plateforme syndicale revendicative, cette grève vise à exiger du gouvernement le respect des engagements pris avec les fonctionnaires tchadiens.

"Depuis des années, des fonctionnaires qui entrent à la fonction publique en tant que stagiaires sont admis à la retraite avec le même statut (stagiaires) et donc il n’y a plus de respect pour leur carrière", déplore Barka Michel. Il ajoute que désormais le gouvernement doit payer "les avantages des travailleurs liés à ce gel des effets financiers" ainsi que les frais de transport "à tous les agents de l’Etat".

Selon Mbairiss Ngartoidé Blaise, secrétaire général du syndicat des enseignants du Tchad, cette grève se justifie par le fait que l’administration tchadienne est aux abonnés absents lorsqu’il s’agit du traitement des dossiers des enseignants.

"Dans le rang des enseignants, il y a encore des retraités stagiaires malgré le temps passé dans l’enseignement, même moi qui vous parle, je suis professeur certifié depuis 2015 et je suis toujours stagiaire", a-t-il martelé.

"C’est la carrière qui donne beaucoup plus de garanties à un travailleur que les autres avantages", a dit Mbairiss Ngartoïdé Blaise.

Un service minimum n'est assuré que dans les établissements sanitaires. Le service d’urgence qui accueille les patients testés positifs au Covid-19 n'est pas concerné par la grève.

"Chaque cellule de chaque centre hospitalier organise le service minimum. Par exemple, au niveau de la radiologie, un technicien est placée là où il y avait plus de 15 personnes en temps normal", explique Younouss Mahadjir, le président du SYNTASS, le Syndicat national des agents des affaires sociales et de la santé. "C’est une situation exceptionnelle", ajoute-t-il.

Le président tchadien Idriss Deby assiste à une séance de travail du sommet du G5 Sahel le 30 juin 2020 à Nouakchott.
Le président tchadien Idriss Deby assiste à une séance de travail du sommet du G5 Sahel le 30 juin 2020 à Nouakchott.

Pour l’instant, aucun commentaire du côté du gouvernement.

Cependant, le ministre de la santé publique, Abdoulaye Sabre Fadoul, se réjouit du fait que cette grève n’a pas affecté les distributeurs de santé malgré le fait qu’elle intervienne dans un contexte sanitaire tendu.

"Je voudrais appeler les syndicats à plus de retenue même s’il est institué un service minimum dans les hôpitaux", a dit le ministre. "Nous espérons qu’un terrain d’entente sera trouvé dans un bref délai entre les services du ministère des finances et la plateforme syndicale revendicative".

Cette grève générale intervient quelques jours après que le président Idriss Déby a déclaré que tous les points du protocole d’accord signé avec les partenaires sociaux en 2020 sont exécutés.

Il invite les deux parties à signer au plus vite un pacte social triennal. Car, dit-il, les grèves à répétition influent négativement sur la performance de l’administration publique.

Pour l'instant, la plateforme syndicale estime que c’est une provocation, et elle entend poursuivre cette grève générale jusqu’à la satisfaction totale de sa revendication.

Une grève générale du secteur public paralyse N'Djamena
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