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Sénégal

Une école catholique refuse d'admettre des élèves voilées pour la rentrée scolaire

Des élèves voilées à Dakar au Sénégal le 19 mai 2017. (R. Shryock/VOA)

Une école catholique renommée de Dakar a refusé d'admettre en cours des élèves musulmanes portant le voile, en vertu d'un nouveau règlement qui suscite la polémique dans ce pays très majoritairement musulman et réputé pour sa tolérance religieuse.

"Nous sommes huit élèves, toutes voilées, à n'avoir pas été admises dans l'école aujourd'hui. Nous avons d'abord été regroupées, puis nos parents ont été appelés pour qu'ils viennent nous chercher", a déclaré à l'AFP une élève de terminale qui a souhaité conserver l'anonymat.

Elle fréquente depuis quatre ans l'établissement en question, l'Institution Sainte-Jeanne-d'Arc (ISJA), et portait jusqu'alors le voile à l'école.

Mardi déjà, à l'accueil des élèves du primaire et du collège, "les enfants voilées ont été appelées à se retirer dans une salle par les responsables de l'école, qui ont ensuite appelé les parents pour venir les rechercher", a rapporté l'un des parents d'élèves, Mohamed Rose.

La direction de l'établissement n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP dans l'immédiat, mais un message qu'elle a envoyé aux parents précise que la "Congrégation des Soeurs de Saint-Joseph de Cluny", dont dépend l'école, a décidé que la "tenue autorisée (...) se composera à partir de la rentrée de septembre 2019 de l'uniforme habituel, avec une tête découverte, aussi bien pour les filles que les garçons".

Tout en affirmant que l'école, créée en 1939, continue à accueillir des "personnes de toutes origines, cultures et croyances, sans exclusion", le texte demande "à tous les élèves, lorsqu'ils rentrent dans l'établissement, de respecter l'identité de l'école, en partie définie par la tenue".

Ce règlement est "conforme à ce qui a toujours été observé" dans les 57 pays où la congrégation a des établissements, notamment en Afrique de l'Ouest, selon le texte.

Situé à deux pas de la cathédrale de Dakar, dans le quartier historique de la capitale sénégalaise, l'école, l'une des plus réputées du pays, est fréquentée par des familles aisées.

"Nous n'avons pas sorti de filles voilées (de l'école). Nous avons demandé aux familles dont les enfants n'avaient pas une tenue conforme au règlement intérieur, qu'elles avaient signé, de bien vouloir se conformer à cette tenue", s'est défendue la proviseure de l'ISJA, Rayana Tall, dans le quotidien L'Observateur.

La direction "joue avec les mots", a regretté Jamal Abass, dont deux filles n'ont pas été admises. "Elle ne mentionne pas de manière précise l'interdiction du voile, mais dans les faits, c'est ça", a-t-il ajouté.

Un responsable de l'association islamique Jamra, qui a pignon sur rue au Sénégal, a jugé "inadmissible" la décision de l'école.

Ancienne colonie française, le Sénégal compte plus de 90% de musulmans, adhérant pour la plupart à l'islam soufi, représenté par différentes confréries, qui vivent dans une grande concorde avec le reste de la population, principalement catholique.

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Les Sénégalais redoutent une seconde vague du coronavirus

Le port systématique du masque n’est plus respecté à Dakar, le 1er décembre 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Insupportable pour le pays et pour l’économie, c’est en ces termes que le président Macky Sall a décrit l’éventualité d’une seconde vague de Covid-19. Avec la hausse des contaminations, le pays se rapproche de ce scénario.

Le retour en force des cas communautaires inquiète les autorités et le président Macky Sall est monté au créneau pour insister sur le respect strict des mesures barrières que sont la distanciation physique, le port correct du masque et le lavage régulier des mains.

Un message entendu par les Sénégalais qui se défendent d’être à l’origine de ces manquements. Pour Samba Ndiaye, le relâchement vient des autorités puisqu’elles ont levé le pied dans le cadre de la prévention.

"L’État avait défini des mesures de prévention et il y avait une énorme pression avec des contrôles systématiques sur les citoyens pour le respect des mesures barrières. Mais au fur et à mesure que les cas positifs baissaient, la rigueur également était en baisse et finalement les Sénégalais ont suivi cette lancée", explique-t-il.

Une deuxième vague n’est pas souhaitable mais cela semble se préciser vu la remontée rapide des cas communautaires mais aussi la dynamique dans les pays occidentaux.

Seydina Aliou Boly, spécialiste en préparation et réponse aux catastrophes, estime que le Sénégal est encore susceptible de connaître une deuxième vague et pour y échapper, il en appelle à plus de vigilance et de rigueur.

"En matière de pandémie, tant qu’il y a un seul cas qui reste dans un pays, dans une communauté, dans une société il faut rester extrêmement prudent et considérer que ce n’est pas fini", analyse-t-il.

"Nous devons rester extrêmement vigilants parce que nul ne sait quelle sera la dynamique mais surtout la virulence, parce que le virus peut muter donc il faut faire très attention", ajoute-t-il.

En attendant une éventuelle deuxième vague, des spécialistes comme Seydina Aliou Boly estiment que le Sénégal et l’Afrique devraient aussi se donner les moyens d’être des acteurs clés dans la conception de solutions médicales durables contre la maladie Covid-19.

De son côté, le président Macky Sall dit travailler en parfaite harmonie avec les partenaires, notamment ceux du G20, pour un accès universel au vaccin.

Macky Sall craint l’éventualité d’une seconde vague de Covid-19
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A Dakar, un étudiant pas comme les autres

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"Trafic d’êtres humains": Serigne Modou Kara Mbacke dément les accusations

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Décès du footballeur sénégalais Papa Bouba Diop à l'âge de 42 ans

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Arrestations de 43 fidèles d'un chef religieux sénégalais pour "trafic d'êtres humains"

La police a déployé un dispositif sécuritaire impressionnant au centre-ville de Dakar, empêchant ainsi une marche appelée par l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, à Dakar, Sénégal, 25 juillet 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

La gendarmerie sénégalaise a annoncé l'arrestation de 43 personnes pour notamment "traite d'êtres humains" dans des centres d'éducation créés par un influent chef religieux dans la région de Dakar où des individus étaient "victimes de séquestration et de maltraitances", des affirmations démenties lundi par l'entourage du chef religieux.

Ces arrestations ont eu lieu lors d'opérations menées du 26 au 28 novembre par la gendarmerie dans ces centres tenus par des disciples de Serigne Modou Kara Mbacké, selon la gendarmerie qui les a rendues publiques dans un communiqué dimanche soir.

Serigne Modou Kara Mbacké est un chef religieux membre de l'influente confrérie musulmane des mourides et dirigeant d'un parti politique. Il a mis en place à travers le pays des "centres de redressement" ciblant notamment des jeunes en perdition.

Les enquêtes de la gendarmerie ont permis de démanteler "un réseau de vol de scooters, de trafic de chanvre indien et de traite d'êtres humains" dans ces centres.

Plus de 370 pensionnaires de ces centres de rééducation, dans plusieurs quartiers de Dakar et de sa banlieue, ont été libérés.

Ils vivaient "dans des conditions sanitaires déplorables. Souffrant visiblement de maladies et de malnutrition sévère, les stigmates des sévices corporels sont visibles sur les corps des victimes, dont certains semblent avoir perdu la raison", a poursuivi la gendarmerie.

"Les témoignages des victimes font état de plusieurs décès durant ces deux dernières années, dont le dernier remonte à trois jours. L'enquête se poursuit sous la direction du Procureur de la République, précisément pour les faits d'association de malfaiteurs, vol en réunion en temps de nuit, trafic de drogue, traite de personnes et complicité", selon le communiqué.

Le service de communication de Serigne Modou Kara Mbacké a démenti ces accusations.

"La gendarmerie n'a trouvé de la drogue dans aucun des centres de redressement" qui accueillent plutôt "des victimes de la drogue, des jeunes repris de justice et des déficients mentaux", dans un communiqué lundi.

En raison des "résultats satisfaisants" dans ces centres, le nombre de pensionnaires a augmenté et causé une "promiscuité du cadre de vie" due au "manque de moyens", s'est justifié le service de communication de Serigne Modou Kara Mbacké.

Il appelle l'Etat, au lieu de les "sanctionner", à accompagner ces structures qui "ont réussi là où des structures officielles n'ont pas de solutions malgré leur budget à coup de milliards".

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