Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Droits humains

Un nouveau massacre fait au moins 15 morts en Éthiopie

La Garde républicaine éthiopienne fait une démonstration lors de l'inauguration du parc Sheger, le plus grand parc d'attractions public à Addis-Abeba, en Ethiopie, à la veille du nouvel an du calendrier éthiopien, le 10 septembre 2020. (Photo by Amanuel SILESHI / AFP)

Au moins 15 personnes ont été tuées dans une attaque vendredi dans l'ouest de l'Ethiopie, selon la Commission éthiopienne des droits de l'homme.

La commission attribue ce nouveau massacre à un groupe de miliciens.

Cette attaque fait suite à un incident similaire qui s'est produit plus tôt ce mois-ci dans la même zone de Metakal, dans la région éthiopienne de Benishangul-Gumuz, à la frontière avec le Soudan, laquelle avait fait 30 morts.

"Les civils sont soumis à des attaques répétées avec une cruauté sans limite à Benishangul-Gumuz", a déclaré Daniel Bekele, le chef de la Commission éthiopienne des droits de l'homme. "Les autorités fédérales et régionales devraient prendre les mesures nécessaires pour faire respecter l'État de droit et amener les auteurs de ces actes à rendre des comptes", a-t-il ajouté.

La commission n'a pas dit ce qui a motivé ces attaques.

La Commission a déclaré que les forces de défense éthiopiennes ont engagé une fusillade avec des hommes armés dans la région et ont pu rétablir le calme dès vendredi après-midi.

Cette tuerie est le dernier incident de violence dans la région. En juin dernier, des hommes en uniforme ont tué plus de 50 personnes et en ont blessé 23 dans la même zone.

Toutes les actualités

Une attaque au couteau fait au moins trois morts dont une décapitée en France

Un agent de sécurité surveille la zone après une attaque au couteau signalée à l'église Notre Dame de Nice, en France, le 29 octobre 2020.

Une femme a été décapitée et au moins deux autres personnes ont été poignardées à mort jeudi dans la ville française de Nice, a-t-on appris des autorités.

La police a déclaré que plusieurs autres personnes ont été blessées.

L’attaque s’est déroulée à l’église Notre Dame et le maire de Nice, Christian Estrosi, l’a qualifiée d’incident terroriste. Il a précisé que l’assaillant présumé est entre les mains de la police.

Selon M. Estrosi, le suspect "n’a cessé de répéter Allah Akbar devant nous alors qu’il était médicalisé sur place", même après avoir été arrêté.

Le parquet anti-terroriste français a été saisi.

"Notre pays ne peut plus se contenter des lois de la paix pour anéantir l’islamo fascisme", a tweeté M. Estrosi.

Des journalistes présents sur les lieux ont déclaré que des policiers munis d'armes automatiques avaient mis en place un cordon de sécurité autour de l'église. Des ambulances et des véhicules de secouristes étaient également visibles sur les lieux.

L'attaque a eu lieu alors que la France est encore sous le choc de la décapitation, au début du mois, de Samuel Paty, professeur de collège, à Paris.

L'agresseur présumé avait déclaré qu'il voulait punir la victime pour avoir montré à des élèves des caricatures du prophète Mahomet lors d'un cours d'instruction civique.

Il n'a pas été possible de déterminer immédiatement si l'attaque de jeudi était liée à ces caricatures, que les musulmans considèrent comme blasphématoires.

Depuis l'assassinat de M. Paty, les responsables français - soutenus par de nombreux citoyens ordinaires - ont réaffirmé le droit de montrer les caricatures, et les images ont été largement diffusées lors de manifestations de solidarité avec l'enseignant tué.

Cela a provoqué une vague de colère dans certaines parties du monde musulman, certains gouvernements accusant le président français Emmanuel Macron de poursuivre un programme anti-islamique.

A Kumba, le drame d'une famille anglophone

A Kumba, le drame d'une famille anglophone
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:24 0:00

Les médiateurs demandent le libre accès au domicile du chef de l'opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo

L'ancien Premier ministre et principal opposant de Guinée Cellou Dalein Diallo s'exprime à la Maison de la presse de Dakar le 24 septembre 2020 lors d'une invitation de la presse étrangère au Sénégal.

La médiation internationale en Guinée a "exhorté" mardi les autorités guinéennes "à lever (le) dispositif" de sécurité qui empêche l'accès au domicile du chef de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, et au siège de son parti, après huit jours de violences qui ont suivi la réélection contestée du président sortant Alpha Condé.

La mission des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), de l'Union africaine (UA) et de l'ONU "exhorte" dans un communiqué "les autorités guinéennes à lever ce dispositif dans la perspective d'un dialogue inclusif", au lendemain d'une rencontre avec M. Diallo à son domicile, où il affirme être séquestré depuis plusieurs jours par les forces de l'ordre.

La médiation demande en outre "aux autorités guinéennes de faire en sorte que les forces de défense et de sécurité agissent avec retenue et professionnalisme dans la gestion des manifestations". Elle appelle aussi à des "enquêtes pour faire la lumière sur les violences afin de traduire les auteurs en justice".

Le gouvernement guinéen a déclaré lundi soir que 21 personnes ont été tuées depuis le 19 octobre dans les violences post-électorales dont des membres des forces de l'ordre.

Les autorités avaient jusqu'à présent fait état d'une dizaine de tués, tandis que l'opposition évoque au moins 27 morts.

Lors d'une conférence de presse lundi, le gouvernement a par ailleurs indiqué que plus de 240 personnes avaient été interpellées à travers le pays depuis huit jours.

La médiation internationale a rencontré depuis son arrivée dimanche à Conakry le président Alpha Condé, des membres du gouvernement guinéen et de la Cour constitutionnelle, la commission électorale (Céni) et des ambassadeurs de pays occidentaux et africains.

Selon Amnesty International, les forces de sécurité ont fait depuis une semaine un usage excessif de la force, tirant à balles réelles contre des manifestants. L'ONG a aussi condamné les coupures d'internet.

M. Diallo, est crédité de 33,5% des votes, selon les résultats provisoires annoncés samedi par la commission électorale (Céni), contre 59,5% pour le président sortant Alpha Condé.

Le chef de l'opposition a confirmé lundi son intention d'introduire un recours contre ces résultats, entachés selon lui de fraudes massives, devant la Cour constitutionnelle.

Le gouvernement espagnol condamné dans une affaire de fémicide

Chaussures exposées dans le cadre d'une manifestation contre la violence sexiste sur la place Sant Jaume à Barcelone, en Espagne, le 21 novembre 2016. (Photo AP/Manu Fernandez)

La justice espagnole a condamné le ministère de l'Intérieur à verser 180.000 euros à la famille d'une femme assassinée par son mari un mois après qu'elle a demandé en vain une protection policière. La mère de famille a été poignardée dans la rue par son mari, devant leurs deux enfants. 

Le tribunal de l'Audience nationale a jugé que la Garde civile espagnole avait fourni une protection "inadéquate" à cette femme, qui avait demandé à être protégée de son conjoint en septembre 2016 à Sanlucar la Mayor près de Séville.

La requête de la victime avait été rejetée car son mari n'avait pas d'antécédents judiciaires, conduisant la Garde civile à conclure que le danger était insuffisant, a détaillé le tribunal. Un mois plus tard, cette femme a été poignardée à mort dans la rue par son mari, devant leurs deux enfants.

L'Audience nationale a ainsi ordonné au ministère de l'Intérieur de verser 20.000 euros à chacun des parents de la victime et 70.000 euros à chacun de ses deux enfants pour "préjudice moral".

"La prise de conscience sociale et institutionnelle de l'importance du problème de la violence de genre exige une plus grande sensibilisation que celle dont a fait preuve la brigade de la Garde civile dans cette affaire", a indiqué le tribunal dans sa décision.

L'Espagne a fait de la protection des femmes une priorité dès 1997, après le traumatisme national causé par le féminicide d'Ana Orantes: une Espagnole de 60 ans battue, jetée depuis un balcon puis brûlée vive par son ex-mari, après avoir signalé plusieurs fois ses violences aux autorités et à la télévision.

Ana Orantes avait été forcée de partager sa maison avec son ex-mari par le tribunal qui avait prononcé leur divorce.

Le parlement espagnol a adopté à l'unanimité en 2004 la première loi d'Europe faisant du genre de la victime une circonstance aggravante en cas d'agression.

Cette loi prévoit aussi une aide juridictionnelle gratuite pour les victimes de violences sexistes, instaure des tribunaux spécialisés en la matière et permet aux procureurs de poursuivre un suspect même si la victime n'a pas porté plainte.

Au moins 8 écoliers massacrés à Kumba, en zone anglophone camerounaise

Une femme passe devant un membre de l'élite du Bataillon d'intervention rapide dans la ville de Buea, dans la région anglophone du sud-ouest, au Cameroun, le 4 octobre 2018. (Archives)

Huit enfants ont été tués et une douzaine d'autres blessés samedi dans l'attaque de leur salle de classe dans une école du Cameroun anglophone, en conflit depuis près de trois ans, un crime "horrible" vivement condamné par la classe politique camerounaise et l'Union africaine.

L'attaque a eu lieu à Kumba, dans la région du Sud-Ouest, où "au moins huit enfants ont été tués par des coups de feu et des attaques à la machette. Douze autres ont été blessés et emmenés dans des hôpitaux locaux", a indiqué le bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) au Cameroun dans un communiqué.

Vers 11H00 locales, "un groupe de neuf assaillants terroristes" ont fait irruption dans le collège Mother Francisca International Bilingual Academy, avant d'ouvrir le feu sur les élèves présents dans la salle de classe, âgés de 9 à 12 ans, selon une source proche de la police.

Maurice Kamto, leader de l'opposition, a parlé d'"horreur absolue". "Combien de morts faut-il encore pour qu'une solution politique ramène la paix dans le NOSO (Nord-Ouest et Sud-Ouest, les deux régions anglophones)?", a-t-il réagi, tandis que le Premier ministre camerounais organisait une réunion d'urgence après l'attaque.

Depuis près de trois ans, des groupes séparatistes et l'armée s'affrontent dans les deux régions camerounaises du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où vit l'essentiel de la minorité anglophone, dont une partie s'estime marginalisée par la majorité francophone du pays.

"Il n'y a pas de mots pour le chagrin ni de condamnation assez forte pour exprimer toute mon horreur face à l'attaque brutale qui a visé des écoliers en école primaire (...) alors qu'ils étaient assis, en train d'apprendre, dans leur salle de classe", a tweeté Moussa Faki Mahamat, président de l'Union africaine.

"Actes de barbarie"

"Je condamne sans réserve, les actes de barbarie commis ce jour à Kumba. Assassiner des enfants qui vont apprendre c'est s'attaquer aux fondements même de notre Nation" a pour sa part réagi le ministre de la santé publique du Cameroun, Malachie Manaouda.

"Le boycott des écoles était une stratégie des séparatistes ces dernières années. 700.000 jeunes environ étaient en dehors du système scolaire à cause du conflit", a expliqué à l'AFP Arrey Elvis Ntui, analyste senior du groupe International Crisis au Cameroun.

"Le gouvernement et la société civile anglophone ont mis beaucoup de pression sur les groupes séparatistes pour que leurs enfants retournent à l'école, et des écoles qui étaient fermées depuis des années ont commencé à rouvrir", a-t-il poursuivi.

Les écoles avaient déjà été une cible dans le passé récent, mais n'avaient jamais connu un massacre d'une telle ampleur. Mi-mai, un enseignant de l'université de Bamenda (Nord-Ouest) avait notamment été abattu par des séparatistes car il refusait d'arrêter de faire cours, selon l'ONG Human Rights Watch (HRW).

Remise des dons contre la Covid 19 par le Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique Centrale aux déplacés internes de la crise anglophone recevant des dons à Mutenguene, le 24 juillet février 2020. (Credit photo /CHRDA )
Remise des dons contre la Covid 19 par le Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique Centrale aux déplacés internes de la crise anglophone recevant des dons à Mutenguene, le 24 juillet février 2020. (Credit photo /CHRDA )

L'attaque de Kumba n'a pas encore été revendiquée et les assaillants n'ont pas encore été identifiés officiellement par les autorités.

"Ces gens (les agresseurs) seront rattrapés par tous les moyens. Je dis bien par tous les moyens", a néanmoins prévenu Chamberlin Ntou'ou Ndong, préfet du département de la Mémé, touché par l'attaque.

Il a également insisté sur le fait que l'école était "non déclarée" et qu'il allait donner des instructions pour que "toutes les écoles du département de la Mémé soient déclarées" pour des raisons de sécurité.

Les combats au Cameroun anglophone, mais aussi les exactions et meurtres de civils par les deux camps, selon de nombreuses ONG, ont fait plus de 3.000 morts et forcé plus de 700.000 personnes à fuir leur domicile.

"Les forces de sécurité et les séparatistes armés ont à plusieurs reprises, chacun de leur côté, attaqué des hôpitaux et du personnel médical" au cours des derniers mois, avait affirmé l'ONG HRW en juillet.

Les accusations d'exactions par l'armée se sont aussi multipliées ces dernières années.

En juin, trois militaires camerounais avaient notamment été inculpés de l'"assassinat" en février de civils, dont 10 enfants, dans la partie anglophone du Cameroun.

Voir plus

XS
SM
MD
LG