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Des journalistes libérés au Soudan


Abdelmoneim Abu Idris Ali, le journaliste de l'AFP, à Khartoum, le 3 janvier 2016.

Les autorités soudanaises ont libéré lundi un journaliste de l'Agence France-Presse (AFP) et un autre de l'agence Reuters, arrêtés la semaine dernière alors qu'ils couvraient des protestations contre la hausse du prix du pain.

Abdelmoneim Abu Idris Ali, 51 ans, qui travaille pour l'AFP à Khartoum depuis près d'une décennie, couvrait une manifestation qui a été dispersée par la police anti-émeutes à Oumdurman, ville voisine de la capitale Khartoum, au moment de son arrestation le 17 janvier.

>> Lire aussi : Soudan: un journaliste de l'AFP arrêté alors qu'il couvrait les manifestations

Il avait été arrêté avec deux autres journalistes, dont un travaillant pour l'agence de presse Reuters.

"Je suis libre, de même que les autres journalistes", a déclaré M. Idris Ali quelques minutes après sa libération.

"Je suis maintenant à la maison avec ma famille. Nous avons été bien traités durant notre détention", a-t-il ajouté en précisant qu'ils avaient été maintenus dans un centre de détention à Khartoum.

Depuis le début du mois, des manifestations, réprimées par la police, ont eu lieu dans plusieurs villes du Soudan contre le doublement du prix du pain, consécutif à la décision du gouvernement soudanais de confier les importations céréalières au secteur privé.

Quinze journalistes qui couvraient les manifestations à Khartoum et Oumdurman avaient été arrêtés les 16 et 17 janvier, y compris M. Idris Ali, selon Reporters sans frontière (RSF). La plupart avaient été libérés après quelques heures, avait indiqué l'organisation de défense de la liberté de la presse.

Trois autres journalistes avaient été libérés dimanche, a indiqué l'un d'eux à l'AFP.

Initialement, les autorités avaient indiqué que M . Idris Ali serait libéré dans quelques heures et qu'il "faisait toujours l'objet d'une enquête", sans fournir d'autres détails.

Durant leur détention, le journaliste de l'AFP et ses deux collègues n'avaient pas été autorisés à entrer en contact avec leurs familles ou employeurs.

RSF avait demandé la semaine dernière aux autorités de relâcher les journalistes, tous des Soudanais, et de cesser toute tentative de restreindre la liberté d'informer.

Le maintien en détention des journalistes "est manifestement arbitraire", avait déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, dans un communiqué. "Les autorités ont la responsabilité de garantir la sécurité des journalistes plutôt que de les prendre pour cibles".

La Direction de l'AFP avait "condamné fermement l'arrestation de M. Idris Ali" et "demandé aux autorités soudanaises sa remise en liberté immédiate".

Les Etats-Unis avaient aussi condamné la détention des journalistes. "Nous condamnons le harcèlement, la détention arbitraire et les attaques contre les journalistes au Soudan qui font leur travail et exercent leur droit fondamental à la liberté d'expression", avait dit le département d'Etat, se disant "profondément inquiet concernant (...) l'état général médiocre en ce qui les droits de l'homme au Soudan".

Avec AFP

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