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Un ex-chef anti-corruption condamné à mort dans le Sud-Kivu

Le colonel Abbas Kayonga avec des soldats de la Monusco, au Sud-Kivu, RDC, le 5 novembre 2017. (Facebook/Monusco)

La cour militaire de Bukavu a condamné à mort l'ex-chef anti-corruption de la riche province minière du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, transféré immédiatement à Kinshasa.

"Au total il y a eu 26 condamnations et 6 acquittements", a déclaré le lieutenant-colonel N'Sa Obal, président de la cour militaire du Sud-Kivu.

"Abbas Kayonga et 13 personnes de sa bande ont été condamnés à la peine de mort, les autres écopent de peines allant de 5 à 20 ans de prison", a-t-il ajouté.

"L'ancien coordonnateur de la cellule anti-fraude au Sud-Kivu Abbas Kayonga et 25 de ses coaccusés ont été transférés à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa, juste après leur condamnation", a déclaré à l'AFP un magistrat du parquet.

"La Cour les a condamnés pour rébellion, assassinat et détention illégale d'armes et munitions de guerre", a-t-il précisé.

Début novembre, cet ex-chef du service de la lutte contre la fraude minière dans le Sud-Kivu (est), région riche en or et en coltan, avait refusé de se plier à la décision du gouverneur du Sud-Kivu qui le suspendait de ses fonctions.

Abbas Kayonga avait opposé une farouche résistance face aux forces de l'ordre envoyées pour opérer une perquisition dans sa résidence et relever sa garde rapprochée. Six personnes (3 civils et 3 militaires) avaient trouvé la mort lors des affrontements aux armes lourdes et légères.

>> Lire aussi : Un ex-chef anti-corruption devant la justice militaire pour "rébellion" en RDC

"Le parquet militaire compte interjeter appel, comme il y a des condamnation à mort" dans ce procès, a déclaré à l'AFP le colonel-magistrat Roger Wavara.

La peine de mort n'est plus exécutée en RDC suite à un moratoire décidé par les autorités et est commuée en prison à perpétuité.

"La défense se plie à ce verdict, il est désormais entre les mains de la justice, nous avons l'intention de faire appel", a déclaré à l'AFP son avocat Me Jogo Vunabandi, ajoutant qu'il n'était pas encore saisi officiellement du transfert de son client à Kinshasa.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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