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Un "éclaireur" présumé inculpé en France suite à l'attaque du Thalys en 2015


Photo non datee d'Ayoub El-Khazzani

Un Algérien soupçonné d'avoir aidé le tireur du Thalys et le jihadiste Abdelhamid Abaaoud à s'infiltrer en Europe a été inculpé et écroué dans l'enquête menée en France sur cette attaque déjouée le 21 août 2015.

Détenu en Allemagne depuis son arrestation en juillet 2016, Bilal Chatra, 21 ans, a été remis le 21 avril à la France, où il a été mis en examen (inculpé) pour complicité de tentatives d'assassinats terroristes et association de malfaiteurs terroriste criminelle, selon une source judiciaire.

D'après une source proche de l'enquête, "il est soupçonné d'avoir joué un rôle d'éclaireur" en aidant depuis la Turquie le tireur du Thalys, Ayoub El Khazzani, et son possible commanditaire, le jihadiste du groupe Etat islamique (EI) Abdelhamid Abaaoud, à s'infiltrer en Europe par la route des Balkans, en suivant le flux de réfugiés au plus fort de la crise migratoire.

Sur ordre d'Abaaoud, El Khazzani, muni d'une kalachnikov, avait ouvert le feu le 21 avril dans un train Amsterdam-Paris, peu après son entrée en France, blessant grièvement un passager. L'intervention de militaires américains en vacances, qui l'avaient maîtrisé, avait permis d'éviter un potentiel carnage, sept mois après les attaques en France du journal satirique Charlie Hebdo et d'un supermarché casher.

D'après une source proche du dossier, Abaaoud aurait chargé Bilal Chatra - parti d'Algérie pour la Syrie fin 2014 - de "repérer les points de contrôle (et de passage) des différents pays à travers la route des migrants" depuis la zone irako-syrienne jusqu'à Cologne, en Allemagne.

Au cours de sa mission qui l'a conduit en Grèce, en Serbie et en Autriche, "il rendait ainsi compte de ces repérages à Abdelhamid Abaaoud mais également sur prescription de celui-ci à Ayoub El Khazzani", ce que conteste ce dernier. Ces échanges, via Facebook, ont notamment été confirmés par l'étude de leurs conversations et de la géolocalisation.

Entendu par le juge le 14 décembre, El Khazzani a reconnu pour la première fois son implication dans ce projet jihadiste, rompant avec dix-huit mois de silence. Il a réfuté avoir voulu commettre un massacre de masse ce jour-là.

Avec AFP

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