Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

Un défilé à Pyongyang pour voler la vedette aux JO de Pyeongchang

Défilé militaire, place Kim Il-Sung, Pyongyang, Corée du Nord, le 15 avril 2017.

En organisant un défilé militaire jeudi, veille de l'ouverture des "Jeux de la Paix" au Sud, Pyongyang cherche à profiter de l'exceptionnelle exposition médiatique de la péninsule pour réaffirmer aux yeux du monde sa puissance nucléaire, selon des experts.

La Corée du Nord a annoncé le mois dernier qu'elle célébrerait cette année le 70e anniversaire de son armée le 8 février, au lieu du 25 avril.

La nouvelle a pris les capitales étrangères de court, d'autant que Pyongyang avait amorcé depuis début janvier un spectaculaire revirement diplomatique, décidant d'envoyer une délégation aux jeux de Pyeongchang (9-25 février) après avoir superbement ignoré les invitations sud-coréennes pendant des mois.

Les dernières images satellites, datées de lundi, montrent 13.000 personnes répétant dans un camp près de Pyongyang, mais avec un petit nombre de pièces d'artillerie et de blindés, selon le site internet américain de référence 38North.

"Le Nord s'est déclaré l'année dernière un Etat nucléaire", rappelle Park Won-Gon, professeur de relations internationales à l'Université Handong.

"Il veut +normaliser+ son essor militaire et son statut de puissance nucléaire en organisant le défilé et en participant le lendemain aux jeux Olympiques comme si de rien n'était, comme s'il n'y avait rien de mal à ça", ajoute-t-il ajouté à l'AFP.

Une telle stratégie pourrait être contre-productive.

Saluée par Séoul et le Comité international olympique, la présence nord-coréenne aux jeux suscite le scepticisme de nombreux experts qui n'y voient qu'une manoeuvre pour redorer le blason nord-coréen et alléger les sanctions qui pèsent sur le régime. Mais sans rien lâcher sur la question nucléaire.

- 'Farce' -

Les Etats-Unis ont dit qu'ils "préféreraient" que le défilé nord-coréen n'ait pas lieu jeudi, et le site d'information américain Axios a cité un conseiller du vice-président américain Mike Pence -qui assistera vendredi à la cérémonie d'ouverture- parlant de la participation nord-coréenne comme d'un acte de "propagande".

"Tout ce que les Nord-Coréens font aux jeux Olympiques est une farce visant à masquer le fait qu'ils sont le régime le plus tyrannique de la planète", a encore dit ce conseiller.

La dynastie des Kim, qui règne en maître sur le nord de la péninsule depuis 70 ans, maîtrise à la perfection l'art de confisquer l'attention mondiale.

Pyongyang a ainsi souvent tiré ou menacé de tirer des missiles au moment où des personnalités en vue se rendaient au Sud, lors d'élections ou d'investitures en Corée du Sud ou aux Etats-Unis.

La Corée du Nord excelle aussi dans les gigantesques défilés où des milliers de soldats traversent au pas de l'oie la place Kim Il-Sung, avant ou après un ballet de véhicules militaires toujours plus impressionnants, reflets des progrès supposés du programme balistique national.

Cette grand-messe se déroule en général en présence de dizaines de milliers de spectateurs sous le regard satisfait du dirigeant Kim Jong-Un, traditionnellement posté sur un podium en surplomb.

La Corée du Nord a coutume d'inviter des centaines de journalistes étrangers pour un meilleur retentissement international de l'événement. Ce qu'elle n'a pas fait cette année.

Ces défilés sont aussi une opération de communication à l'attention des Nord-Coréens, "pour lutter contre une potentielle jalousie à l'égard des JO de Pyeongchang", observe Cheong Seong-Chang, de l'Institut Sejong.

- 'Ne pas mendier un dialogue' -

"C'est une façon de leur dire: +Nous sommes en retard sur le Sud d'un point de vue économique, mais en avance sur le plan militaire", explique-t-il.

A Séoul, ce défilé est une gifle pour le président Moon Jae-In qui, partisan d'une reprise du dialogue intercoréen, a poussé pour une présence nord-coréenne aux Jeux.

Il vient selon 38North couronner "une année de progrès spectaculaires des programmes nucléaire et balistique du Nord".

Ces défilés se préparent généralement pendant des mois. Mais il semble que celui de jeudi sera moins important que les précédents, peut-être aussi du fait des températures glaciales en février à Pyongyang. Et aucun missile n'a à ce stade été repéré sur les images satellites.

Le fait qu'aucun reporter étranger ne soit invité reflète peut-être un désir de mieux contrôler la narration de ce défilé.

Le Nord, affirmait aux députés le Premier ministre sud-coréen Lee Nak-Yeon, "tente d'éviter de donner l'impression qu'il provoque la communauté internationale".

Et ce d'autant qu'est attendue à Séoul pour la cérémonie d'ouverture une délégation nord-coréenne de très haut niveau, menée par Kim Yong-Nam, protocolairement le chef de l'Etat de la Corée du Nord.

"Le défilé vise vraisemblablement à affirmer le nouveau statut de puissance nucléaire de la Corée du Nord", avançait lundi un éditorial du quotidien sud-coréen JoongAng.

"Nous devons accueillir les athlètes du Nord, mais nous ne devons pas mendier un dialogue."

Avec AFP

See all News Updates of the Day

Les câlins néonataux

Les câlins néonataux
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:19 0:00

Dans les tribus d'Irak, mariages forcés et femmes "esclaves"

Une jeune Pakistanaise ayant échappé à un mariage forcé parle à la presse dans le Nord-Ouest de son pays. (Photo by AAMIR QURESHI / AFP)

Un jour, Mariam s'est enduite d'essence, a craqué une allumette et s'est immolée. Ce suicide, cette Irakienne le préparait depuis le jour où sa tribu l'avait mariée de force à son cousin, au nom d'une vieille coutume.

Après trois jours à l'hôpital, cette habitante de la province de Missane (sud) s'est finalement éteinte à 22 ans en septembre 2018, se souvient le cheikh Haydar Saadoun.

"Un camarade d'université issu d'une autre tribu avait demandé sa main", raconte à l'AFP ce dignitaire de la tribu des Bani Lam, à Amarah, à 350 kilomètres au sud de Bagdad.

"Les cousins (de Mariam) ont refusé", explique-t-il, "et fait valoir qu'ils avaient des droits sur elle à cause de la +nahwa+".

Cette coutume ancestrale autorise les hommes d'une tribu à refuser d'accorder la main d'une femme pour la forcer à épouser un membre de leur clan.

Depuis des décennies, le cheikh Haydar Saadoun voit des femmes souffrir de cette coutume. Pour aider Mariam, il a tenté en vain d'intercéder auprès de l'homme qui voulait l'épouser contre son gré.

- "Accepte ton sort" -

Ce dernier, "déjà marié, père plusieurs fois et sans diplôme, alors que Mariam allait à l'université", a balayé son plaidoyer. "Il m'a dit: +ça m'est égal, je l'épouserai et je lui ferai manger la poussière+", raconte le cheikh, keffieh sur la tête et costume trois-pièces sous sa cape traditionnelle.

Si un dignitaire de la tribu est intervenu, c'est parce que la famille de Mariam elle-même n'avait pas d'autre choix que de se soumettre à la loi tribale, inviolable sous peine de déshonneur ou de représailles parfois sanglantes.

Karima al-Taï, 50 ans, a vu de près les ravages de cette loi: sa cousine Sahar a vécu "vingt ans d'enfer" après avoir été offerte en "compensation" à une autre tribu, pour respecter une autre tradition, celle de la "fasliya".

Une "fasliya" est une femme "offerte" pour payer le prix du sang et lier deux clans afin d'empêcher de futurs affrontements.

"Il y a vingt ans, un conflit a éclaté entre ma tribu et une autre. Un homme de l'autre clan a été tué", raconte à l'AFP Mme Taï, militante des droits des femmes. Pour calmer les appels à la vengeance, la tribu de Mme Taï a dû offrir "cinq femmes vierges", dont Sahar.

Une fois dans la maison de son "époux", Sahar a subi brimades et insultes, raconte sa cousine. Et quand elle s'en plaignait, "ses parents répondaient: +tu es une fasliya, accepte ton sort+".

Le stigmate s'est transmis: les enfants de Sahar sont toujours appelés "les enfants de la fasliya", raconte Mme Taï.

- Les tribus font la loi -

En Irak, où origine et nom jouent un rôle important dans tous les domaines - emploi, mariage et même politique -, de nombreuses affaires sont réglées entre clans, loin des tribunaux.

Jusqu'à la chute du dictateur Saddam Hussein en 2003, le droit l'emportait sur les tribus. Mais depuis, la situation a changé: la loi n'est pas toujours appliquée, du fait de la corruption, de passe-droits ou par peur des représailles, et ce sont souvent des conseils locaux et des représentants de familles qui organisent médiation et compensation.

Ces coutumes, prégnantes dans les zones rurales comme le sud - moins alphabétisé et dont les habitants se disent délaissés par les autorités centrales -, sont aussi respectées à Bagdad, assure à l'AFP le cheikh Adnane Khazali. Dignitaire du très peuplé quartier de Sadr City, il assure avoir entendu de telles sentences prononcées lors de conseils tribaux.

Combien de femmes sont victimes de ces traditions à travers le pays et combien tentent de mettre fin à leurs jours comme Mariam à cause d'elles? Dans l'Irak conservateur où le suicide est tabou, impossible de trouver des chiffres exacts.

A Missane, où selon l'Unicef plus d'un tiers des femmes sont mariées avant leur majorité, 14 femmes se sont suicidées depuis 2017. Et 184 autres ont tenté de le faire, de source officielle. Mais personne ne donne de détails sur les raisons de leur acte.

A Bassora (sud), une étude menée en 2017 auprès de 62 femmes ayant tenté de se suicider en s'immolant donne toutefois quelques indices: dans 80% des cas, ces femmes ont dit avoir agi après des différends familiaux, notamment au sujet de leur mariage.

- Loi "pas appliquée" -

En 2015, une tribu de Bassora avait "offert" cinquante "fasliya" à une autre, provoquant un vif émoi. Le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse pour la majorité des chiites d'Irak, a même appelé à abandonner cette pratique. Sans succès jusqu'à présent.

Pour Maytham al-Saadi, universitaire à Missane, c'est de "l'esclavage moderne" que les tribus utilisent aujourd'hui "pour n'importe quel prétexte, alors qu'avant seul le prix du sang était payé ainsi".

Ces pratiques vont à l'encontre de la loi: elles sont criminelles selon le code du statut personnel irakien de 1959. Epouser de force une femme en invoquant la "nahwa" par exemple est passible de "trois ans de prison pour un parent au premier degré et 10 ans pour un parent plus éloigné", rappelle M. Saadi.

Mais pour faire reculer de telles pratiques, estime la députée Intissar al-Joubouri, il faut plutôt miser sur l'éducation.

Promulguer de nouvelles lois prend en effet du temps et suscite de vifs débats, affirme à l'AFP l'élue, membre pendant plusieurs années de la commission parlementaire des droits des femmes.

Et surtout, dit-elle, les textes déjà en vigueur "ne sont pas appliqués car aucune femme ne porte plainte contre sa propre famille".

Avec AFP

Rapport Mueller : les démocrates ne lâchent toujours pas

Le président de la commission judiciaire de la Chambre, Jerrold Nadler, le 4 avril 2019, à Capitol Hill.

Un dirigeant démocrate du Congrès américain, Jerry Nadler, a affirmé jeudi que le rapport du procureur Robert Mueller démontrait que le président américain Donald Trump avait fait obstruction à l'enquête russe.

"Même dans sa version incomplète, le rapport Mueller met en évidence des preuves inquiétantes montrant que le président Trump a fait entrave à la justice", écrit M. Nadler, chef de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui a le pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires.

"Il revient désormais au Congrès de tenir le président pour responsable de ses actions", a ajouté M. Nadler.

Après 22 mois d'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et les soupçons de collusion entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, le procureur spécial Robert Mueller a conclu qu'il n'y avait pas eu entente entre ces derniers.

Il ne l'a en revanche pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, dans son rapport publié jeudi après avoir été expurgé des informations confidentielles.

C'est sur ce dernier point que les démocrates ont surtout réagi, plus de deux heures après la publication du compte-rendu de l'enquête.

"Une chose est claire", ont affirmé les chefs démocrates du Congrès Nancy Pelosi et Chuck Schumer: "Le rapport Mueller semble contredire la conclusion" du ministre de la Justice Bill Barr, selon lequel il n'y a pas matière à poursuivre Donald Trump pour entrave à la justice.

Les démocrates ont demandé au procureur Mueller de témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. Bill Barr a déclaré qu'il ne s'y opposerait pas.

Alors que Donald Trump crie victoire, s'estimant totalement exonéré, les démocrates du Congrès semblent ainsi vouloir maintenir le cap de leurs enquêtes parlementaires.

Mais les chefs écartent encore la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", qui serait pour l'instant vouée à l'échec compte tenu de la majorité républicaine au Sénat et du soutien solide au président dans son camp.

Du côté des candidats démocrates à la présidentielle de novembre 2020, les réactions ont été plus diffuses dans les premières heures.

Certains prétendants à la Maison Blanche comme Bernie Sanders n'avaient toujours pas réagi publiquement plusieurs heures après la publication du rapport. Mais le sénateur indépendant a en revanche tweeté sur le problème de dette des étudiants et sur la Corée du Nord.

Le département d'Etat se dit toujours "prêt à dialoguer" avec Pyongyang

Le président des États-Unis, Donald Trump, serre la main du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors de leurs premières rencontres au resort de Capella sur l'île de Sentosa, le 12 juin 2018 à Singapour.

Le département d'Etat américain s'est dit jeudi toujours prêt à coopérer avec la Corée du Nord, alors que Pyongyang a demandé un peu plus tôt le retrait du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo des discussions sur le nucléaire.

"Les Etats-Unis restent prêts à dialoguer avec la Corée du Nord dans le cadre de négociations constructives", a déclaré un porte-parole du département d'Etat.

Ce porte-parole a précisé que les Etats-Unis étaient au courant de la demande de Pyongyang d'écarter M. Pompeo, mais ne l'a pas directement commentée.

Accusant le chef de la diplomatie américaine de manquer de prudence et de maturité, un haut responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a demandé la désignation d'un nouvel interlocuteur américain.

"Je crains que si M. Pompeo participe encore aux discussions, l'atmosphère sera mauvaise et les discussions vont à nouveau s'engluer", a déclaré le directeur général du département des Affaires américaines au ministère nord-coréen des Affaires étrangères Kwon Jong Gun, selon l'agence KCNA.

Le secrétaire d'Etat américain s'est rendu quatre fois en Corée du Nord en 2018 et, s'il a espéré pouvoir conclure un accord avec la Corée du Nord, il s'est montré ferme sur son exigence de dénucléarisation complète avant tout allégement des sanctions américaines à l'encontre du régime reclus.

Trump se réjouit du rapport Mueller, dénonce une "arnaque"

Le président des États-Unis, Donald Trump, s'exprime lors du forum des dirigeants de la NRA-ILA lors de la réunion annuelle et des expositions du NRA au Kay Bailey Hutchison Convention Center à Dallas, Texas, 4 mai 2018.

Le président américain Donald Trump s'est réjoui jeudi des conclusions de l'enquête russe, qui a confirmé l'absence d'entente entre son équipe de campagne électorale et Moscou, mais ne le blanchit pas des soupçons d'entrave à la justice.

"C'est un bon jour pour moi", a lancé Donald Trump à la Maison Blanche au moment de la publication de ce rapport de plus de 400 pages après 22 mois d'enquête qui ont empoisonné ses deux premières années de mandat.

"Il ne faudra jamais que cela arrive à un autre président, cette arnaque", a-t-il ajouté à propos d'une enquête qu'il qualifie de "chasse aux sorcières".

Plus tôt, Donald Tump avait exulté sur Twitter en faisant une référence à la célèbre série "Game of Thrones".

"Pas de collusion, pas d'obstruction. Pour les rageux et les démocrates de la gauche radicale, c'est Game Over", était-il écrit sur une image de lui imitant une affiche de la série, où on le voit de dos sur fond d'un épais brouillard.

Le rapport final du procureur spécial Robert Mueller, chargé d'enquêter sur les soupçons de collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016, a été publié jeudi par le ministère américain de la Justice.

Le document de plus de 400 pages est expurgé de ses données confidentielles.

Robert Mueller établit l'absence d'entente entre l'équipe de campagne électorale de Donald Trump et Moscou mais conclut ne pas être "en mesure" d'exonérer le président américain des soupçons d'entrave à la justice.

Voir plus

XS
SM
MD
LG