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Un budget très politique devant le Parlement sud-africain

Pravin Gordhan, le ministre sud-africain des Finances, à Sandton, près de Johannesburg, en Afrique du sud, le 14 mars 2016.

Le ministre sud-africain des Finances Pravin Gordhan a présenté mercredi un projet de budget 2017 aux forts accents sociaux, sous la pression des partisans du président Jacob Zuma qui dénoncent sa rigueur excessive dans la gestion des deniers publics.

Lors d'un discours de plus d'une heure devant les députés, M. Gordhan a dévoilé des hausses d'impôts, notamment sous la forme d'une nouvelle taxe de 45% sur les plus hauts revenus.

Le ministre a aussi insisté sur la réduction des inégalités, notamment raciales, un thème cher au chef de l'Etat qui prône une "transformation radicale de l'économie", un quart de siècle après la fin du régime raciste de l'apartheid.

"Les relations entre travailleurs et patrons, entre riches et pauvres, Noirs et Blancs (...) reflètent toujours l'héritage du colonialisme et de l'apartheid", a lancé M. Gordhan en rappelant que 95% des richesses du pays étaient détenues par 10% de sa population.

"La croissance de l'économie est lente, le chômage trop élevé et de nombreuses entreprises et familles sont en difficulté", a-t-il dit.

Le discours du grand argentier du pays, respecté des marchés pour sa rigueur, était très attendu, dans le contexte de vives tensions politiques qui l'opposent à M. Zuma, embourbé dans une série de scandales de corruption.

Ces frictions se sont encore accrues depuis le discours présidentiel sur l'état de la Nation prononcé au début du mois.

Largement inféodée à Jacob Zuma, la puissante Ligue des jeunes de l'ANC a appelé la semaine dernière à "redéployer" M. Gordhan, en clair à le faire sortir du gouvernement.

"Prenez quelqu'un qui pourra manier le fouet au Trésor pour être sûr de poursuivre le développement de l'Afrique du Sud et non de protéger les intérêts du capital blanc", a déclaré à la presse le secrétaire général de la Ligue, Njabulo Nzuza.

Heureuse coïncidence, le nom d'un possible prétendant à sa succession, celui de Brian Molefe, ex-patron de la compagnie nationale d'électricité Eskom, fait depuis plusieurs jours la "une" des médias.

- En sursis -

Ce proche du président a été poussé à la démission en novembre après sa mise en cause dans un rapport qui dénonçait la corruption au sommet de l'Etat.

M. Molefe doit être très bientôt nommé député, un tremplin pour obtenir un poste ministériel en Afrique du Sud.

"Vous ne prenez pas quelqu'un du calibre de Molefe, qui a été patron de grandes compagnies, pour simplement le laisser assis au Parlement", a expliqué à l'AFP Mcebisi Ndletyana, professeur à l'université de Johannesburg.

Depuis l'annonce de son entrée au Parlement, les médias bruissent de rumeurs sur un remaniement ministériel qui verrait le départ du gouvernement de M. Gordhan et de tous ceux qui ont osé s'opposer au président au nom de la lutte contre la corruption.

En 2016, les trois grandes agences de notation ont donné un sursis à l'Afrique du Sud. Si elle ne l'ont pas, pour l'instant, dégradée dans la catégorie des investissements spéculatifs, elles se sont inquiétées des turbulences politiques actuelles.

Le Congrès national africain (ANC) doit choisir en décembre le successeur de M. Zuma qui, à l'issue de deux mandats, devra quitter ses fonctions après les élections générales de 2019.

Jouant les équilibristes, Pravin Gordhan s'est également efforcé mercredi de rassurer les investisseurs étrangers.

Il a notamment insisté sur la nécessité pour l'Afrique du Sud de réduire les dépenses publiques de "26 milliards de rands (1,88 milliard d'euros) sur les deux prochaines années".

Selon ses prévisions, la croissance de l'Afrique du Sud ne devrait pas dépasser 1% du Produit intérieur brut (PIB) en 2017, pour un déficit public de 3,1% et une dette à 50,7% du PIB.

Avec AFP

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2 civils et 4 miliciens tués à Beni, un centre de triage d'Ebola pillé

Le centre de traitement Ebola à Beni en RDC le 16 juillet 2019.

Deux civils et quatre miliciens ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi dans une offensive pour chasser des membres présumés du groupe armé musulman ougandais Forces démocratiques alliées (ADF), dans l'est de la RDC, a-t-on appris de sources militaire et administrative.

"Dans l'offensive dans le nuit de dimanche à lundi menée par l'armée contre les ADF à Magboko, quatre ADF ont été tués", a déclaré à l'AFP le major Mak Hazukay, porte-parole de l'armée dans le Nord-Kivu.

"Dans la localité de Mayimoya située à 15 km de Magboko, un autre groupe d'ADF a malheureusement tué deux civils dans une attaque dans le nuit de dimanche à lundi. Ces ADF ont aussi enlevé trois personnes au cours de leur incursion à Mayimoya", a ajouté M. Kibwana, indiquant que "le calme est revenu après la panique".

Par ailleurs, à Bashu, près de Butembo, des inconnus ont saccagé un centre de santé chargé du triage des cas d'Ebola. "Ils ont également pillé des médicaments", a déclaré à l'AFP Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni (nord-Kivu).

Miliciens musulmans ougandais présents dans l'est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la mission de l'ONU, la Monusco, d'être responsables des massacres des civils dans la région de Beni, ayant fait plus de mille morts depuis octobre 2014.

Selon un rapport du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) de l'Université de New York, les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries, mais au côté d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

Dans l'est congolais, plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers sont actifs depuis plus de deux décennies.

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