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Un "blackface" dans un sketch égyptien fait polémique sur internet

Comédie musicale pour appeler les Maliens à être des vrais citoyens, au Mali, le 19 décembre 2017. (VOA/Kassim Traoré)

Une comédienne égyptienne grimée en Noire pour imiter une Soudanaise dans un sketch télévisé a provoqué une polémique sur les réseaux sociaux. Nouveau marqueur, selon des experts, d'un problème plus profond et ancien dans le monde arabe: le racisme envers les Noirs.

En adoptant un accent soudanais prononcé, des manières extravagantes et, surtout, en arborant un "blackface", l'actrice égyptienne Shaimaa Seif s'est fait passer pour une Soudanaise pour interpeller en caméra cachée des passagers égyptiens dans un minibus.

Le sketch a été diffusé la semaine dernière dans l'émission "Shaklabaz" ("Soubresaut") retransmise durant le ramadan, mois de jeûne musulman, sur la chaîne égyptienne du groupe saoudien MBC (MBC Misr).

Sur les réseaux sociaux, des internautes égyptiens et soudanais ont vivement critiqué l'usage du "blackface", une pratique jugée raciste et représentant de manière caricaturale les personnes noires. L'actrice n'a pas réagi à ces critiques.

"Est-ce que le but était de nous faire rire ?", s'est interrogée sur Facebook Marwa Babiker, une internaute soudanaise. "Pendant que vous tourniez (le sketch), nous manifestions avec le peuple", a-t-elle répliqué dans une vidéo "aimée" plus de 9.000 fois.

Le Soudan est secoué depuis décembre 2018 par un soulèvement populaire contre le régime du président Omar el-Béchir, destitué par l'armée le 11 avril. Des milliers de manifestants continuent de protester contre les militaires maintenant à la tête du pays et réclament le transfert du pouvoir aux civils.

- Histoire de l'esclavage -

Le "blackface" est largement utilisé depuis plus d'un siècle dans le divertissement égyptien, selon Eve Troutt-Powell, professeure d'histoire à l'Université de Pennsylvanie et auteure de plusieurs ouvrages sur le colonialisme en Egypte et au Soudan.

En dehors de l'Egypte, la chanteuse libanaise Myriam Fares a récemment essuyé les foudres des internautes après la sortie d'un clip où elle apparaissait grimée en Noire, dans un décor censé rappeler la jungle africaine. La vedette de la pop n'avait, elle non plus, pas répondu aux critiques.

"Il existe une histoire plus vaste derrière les caricatures racistes des Noirs en Egypte et ailleurs au Moyen-Orient, c'est l'histoire de l'esclavage", explique Mme Troutt-Powell à l'AFP.

Aux premiers temps de l'islam, des marchands arabes ont vendu au Moyen-Orient et en Afrique du Nord des milliers d'esclaves venus notamment du Soudan.

Le terme arabe "Soudan" désigne d'ailleurs le "pays des Noirs" et le mot "abid" (esclave) est devenu un synonyme de "Noir".

A la tête de l'Union africaine pour l'année 2019 et pays hôte de la Coupe d'Afrique des nations cet été, l'Egypte s'est récemment illustrée par sa diplomatie très active sur le continent.

Le président Abdel Fattah al-Sissi a multiplié les rencontres et les initiatives avec ses homologues africains. Mais sur le continent, les Egyptiens sont réputés pour leur mépris supposé des Noirs.

En 2016, une diplomate kényane, Yvonne Khamati, avait accusé un responsable égyptien d'avoir qualifié les Africains subsahariens "de chiens et d'esclaves" lors d'une conférence de l'ONU. L'Egypte avait nié ces allégations après avoir mené une "enquête".

- "Craindre ou ridiculiser" -

Selon Mona Kareem, chercheuse au Forum des études transrégionales de Berlin, de telles injures trouvent leur origine dans l'idée préconçue dans la région selon laquelle "la figure du Noir est à craindre ou à ridiculiser".

"Une fixation sur le teint de la peau n'est que l'expression (...) d'un biais racial et ne rend pas compte de la complexité des expériences raciales vécues par les Noirs dans le monde arabe" où ils représentent historiquement une part importante de la population, explique-t-elle à l'AFP.

Aux Etats-Unis, en Europe ou en Australie, où le "blackface" était une pratique courante aux 19e et 20e siècles, son usage provoque désormais régulièrement des polémiques et débats publics.

Dans le monde arabe, la polémique dépasse rarement la sphère des réseaux sociaux, rare espace de liberté d'expression. En Egypte, les critiques sur la toile à l'encontre du sketch de MBC Misr n'ont pas suscité de réactions publiques majeures, dans un pays où les médias, étroitement contrôlés par l'Etat, n'accordent aucune place aux débats d'idées.

Pourtant, "il semble, en particulier dans la comédie, qu'une discussion lucide et sincère sur l'histoire politique et raciale doit encore avoir lieu dans la société égyptienne (...) et se poursuivre dans d'autres", estime Mme Troutt-Powell.

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Plus d'un million de personnes veulent envahir une base secrète dans le Nevada

Une panneau de stationnement montrant une soucoupe volante au Little A'Le'Inn proche de la Zone 51 à Rachel, Nevada, le 10 avril 2002.

Depuis des décennies, les scientifiques cherchent des traces de vie extraterrestre, sans succès jusqu'à présent - sauf pour les gens qui croient que le gouvernement américain cache des aliens dans une base secrète du Nevada.

A la date de mardi, plus de 1,3 million de personnes avaient signé pour un événement Facebook intitulé "Storm Area 51, They Can't Stop Us All of US", soit "Prenons d'assaut la Zone 51, ils ne peuvent pas nous arrêter tous".

L'idée serait d'envahir le 20 septembre prochain cette célèbre Zone 51, une base ultra-secrète de l'US Air Force située dans le désert du Nevada. Si secrète que son existence même n'a été reconnue par la CIA qu'en 2013, lorsque l'agence de renseignement a déclassifié des documents sur l'avion espion U2.

Le mystère qui entoure la Zone 51 en a fait un sujet de choix pour les théories du complot relatives aux extraterrestres. La base est apparue dans des séries comme "The X Files" et dans le film à grand spectacle "Independence Day".

Les créateurs de l'événement Facebook ont expliqué comment ils voyaient la chose. "On va tous se rassembler au Area 51 Alien Center", une attraction touristique proche de la Zone 51 "et on va coordonner notre entrée" sur la base.

En cas de réaction violente des militaires devant une telle invasion, les créateurs de l'événement Facebook ont tout prévu : "Si on court comme Naruto, on peut bouger plus vite que leurs balles. Allons voir les aliens !".

Naruto est le héros d'une série japonaise de dessins animés qui a la particularité de courir très vite avec les bras étendus vers l'arrière.

En plus des 1,3 million de personnes qui ont déclaré sur Facebook qu'elles participeraient à l'événement, un million se sont dites "intéressées".

Le projet a suscité d'innombrables commentaires sur les réseaux sociaux, dont beaucoup consacrés aux moyens de détourner l'attention des gardes de la base pour que la foule puisse y pénétrer.

D'autres ont estimé que le FBI pourrait pourchasser ceux qui ont déclaré leur intention de participer.

Dans un post sur la page Facebook, l'un des "organisateurs", prudent, a publié un texte dans lequel il se dégage de toute responsabilité.

"P.S. Hello le gouvernement américain, c'est une plaisanterie, et je n'ai pas vraiment l'intention d'appliquer ce plan", a écrit Jackson Barnes. "J'ai juste pensé que ce serait amusant" de lancer l'idée.

L'US Air Force, toutefois, ne semble pas trouver cela drôle. Elle a déclaré au Washington Post : la Zone 51 "est un terrain d'entraînement pour l'US Air Force, et nous découragerons toute personne qui essayerait d'entrer dans cette zone où nous entraînons des forces armées américaines".

"L'US Air Force est toujours prête à protéger l'Amérique et ses installations", a-t-elle prévenu.

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Le rappeur Jay-Z se lance dans le commerce du cannabis en Californie

Jay-Z à Los Angeles le 19 novembre 2018.

Jay-Z, avant de devenir un rappeur riche et célèbre, a vendu de la drogue à New York. Ironie du sort : l'artiste et homme d'affaires américain se lance aujourd'hui dans le commerce du cannabis en Californie, où son usage récréatif est légal.

Shawn Carter, de son vrai nom, a été nommé stratégiste en chef de Caliva, l'une des principales entreprises du secteur dans cet Etat de l'Ouest américain.

"Il jouera un rôle essentiel dans l'orientation des tendances créatives, de la diffusion et de la stratégie de la marque", indique Caliva dans un communiqué publié mardi sur son site internet.

Vous et Nous : la marijuana légalisée en Californie
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Le mari de la popstar Beyoncé contribuera également à travers ce poste à encourager la réinsertion d'anciens détenus, "dont beaucoup sont privés des bénéfices financiers de la légalisation", note l'entreprise de 600 salariés.

Pointant le "potentiel de l'industrie du cannabis", Jay-Z, cité dans le communiqué, dit vouloir "créer quelque chose de formidable, s'amuser en le faisant, faire le bien et accompagner des gens".

Le rappeur de 49 ans, qui était dealer lors de ses jeunes années à Brooklyn, est engagé auprès de l'ONG Reform Alliance militant pour une réforme du système pénal américain.


Selon un récent article du magazine spécialisé Forbes, il est devenu le premier milliardaire du milieu du rap, grâce notamment à ses investissements dans le champagne Armand de Brignac et le cognac D'Ussé.

Le PDG de Caliva, Dennis O'Malley, a estimé sur la chaîne CNN que cette collaboration avec Jay-Z, 49 ans, ouvrait la porte à "d'importants changements pour l'industrie en matière de visibilité".

D'autres célébrités américaines, comme le rappeur Snoop Dogg, grand amateur d'herbe, l'actrice Whoopi Goldberg, le chanteur country Willie Nelson et la présentatrice Martha Stewart, ont associé leur nom à l'industrie florissante du cannabis.

Son usage récréatif est légal depuis le 1er janvier 2018 en Californie, l'Etat le plus peuplé des Etats-Unis.

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