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Un ancien évêque britannique condamné à 32 mois de prison pour des abus sexuels

Le tribunal de l'Old Bailey à Londres a prononcé sa condamnation mercredi. Les abus sexuels pour lesquels l'ancien évêque est condamné, remontent à plus de vingt ans.

L'ancien évêque britannique avait été à l'époque soutenu par des hommes politiques et de membres de la famille royale, révèle l'AFP.

Peter Ball, aujourd'hui âgé de 83 ans, avait plaidé coupable le mois dernier d'avoir abusé de 18 jeunes hommes entre 1977 et 1992 lorsqu'il était évêque de Lewes, au sud de l'Angleterre.

Lors de son procès devant le tribunal de l'Old Bailey à Londres, on a appris qu'il avait notamment demandé à certaines de ses victimes de se déshabiller pour prier et qu'il avait menacé de les corriger ou de les fouetter.

On a appris aussi qu'il y a 22 ans, des ministres, des députés, des directeurs d'école et un membre de la famille royale étaient directement intervenus pour éviter à cet ami proche du prince Charles d'être inculpé dès 1993.

L'Église d'Angleterre a fini par se saisir à nouveau du dossier en 2008, conduisant la police à ouvrir une enquête quatre ans plus tard. Peu après, Neil Todd, qui avait été la première victime à sortir du silence, s'est suicidé, à l'âge de 39 ans.

"Ce que vous avez fait représente l'antithèse de ce qu'on attend de quelqu'un dans ces fonctions", a déploré mercredi le juge.

L'Église d'Angleterre a présenté ses "excuses sans réserves".

Lord Carey, qui était l'archevêque de Canterbury à l'époque des faits et à ce titre chef de l'Eglise d'Angleterre, s'est également excusé au nom de l'Église mais a nié toute tentative d'étouffer l'affaire.

"C'est faux", a-t-il insisté, mais il a admis que l'Église avait "laissé tomber trop de victimes par le passé et permis à des coupables de continuer à officier".

Pour Richard Scorer, l'avocat de plusieurs victimes de Ball, "le fait d'avoir dû attendre aussi longtemps pour le voir à la barre" représente "un authentique scandale".

"Voir des membres hauts placés dans le clergé et des figures de l'establishment, dont des députés, des ministres et des membres de la famille royale prendre sa défense n'a fait qu'aggraver la souffrance des victimes, et renforcer l'impression qu'ils étaient abusés avec l'appui institutionnel de l'Église", a-t-il ajouté.

Peter Ball purgera la moitié de sa peine en prison avant d'être remis en liberté conditionnelle, a souligné le juge.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

Une tortue sacrée embaumée pour l'éternité au Vietnam

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