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L'UE met ses propositions sur la table pour éviter un "Brexit"

David Cameron à Tripoli, le 15 septembre 2011.

Le président du Conseil européen a proposé mardi un mécanisme de "sauvegarde" pour limiter les aides sociales aux travailleurs migrants intra-européens si les services publics d'un pays sont débordés.

L'UE a dévoilé mardi ses propositions pour faire en sorte que le Royaume-Uni reste dans l'Union, mettant sur la table un frein d'urgence pour que Londres puisse couper les aides sociales aux migrants, et des garanties que la City ne pâtira pas du renforcement de l'euro.

"Etre ou ne pas être ensemble, telle est la question (...) à laquelle il faudra répondre dans les deux semaines à venir", a lancé le président du Conseil européen, Donald Tusk, en rendant publiques ses "propositions pour un nouvel accord avec le Royaume-Uni dans l'UE".

Les propositions de Bruxelles, qui incluent aussi l'instauration d'un "carton rouge" que pourront brandir les parlements nationaux face à des projets européens, sont autant de réponses aux demandes de réformes de David Cameron.

Le Premier ministre conservateur, réélu en mai 2015, a promis d'organiser cette consultation populaire sous la pression des europhobes de l'Ukip et de l'aile eurosceptique de son propre parti, au risque de provoquer une nouvelle crise majeure dans une Union européenne déjà ébranlée par la crise migratoire.

"Notre communauté d'intérêts est bien plus forte que ce qui nous divise", a espéré M. Tusk, se disant conscient qu'il restait "des négociations difficiles" à venir.

"Je suis convaincu que cette proposition est une bonne base pour un compromis", a poursuivi M. Tusk, alors que M. Cameron espère organiser dès juin un référendum s'il arrache un accord aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE lors d'un sommet à Bruxelles les 18 et 19 février.

Il a promis de se faire l'avocat du maintien de son pays dans l'Union, si ses demandes étaient satisfaites.

Sur Twitter, M. Cameron a immédiatement salué mardi "de réels progrès dans les quatre domaines où le Royaume-Uni a besoin de changement". "Mais il y a encore du travail à faire", a estimé le dirigeant conservateur, qui n'avait pas hésité à faire monter les enchères en fin de semaine dernière.

Un accord "semble en vue", a estimé le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires européennes, David Lidington.

Bruxelles a proposé mardi un mécanisme de "sauvegarde" pour limiter pendant une période pouvant aller jusqu'à quatre ans les aides sociales aux travailleurs migrants intra-européens qui s'installent sur le sol britannique.

Ce "frein" pourra être activé en cas "d'afflux de travailleurs d'autres Etats membres d'une magnitude exceptionnelle", avec l'aval de Bruxelles et des autres Etats membres.

"Carton rouge"

M. Cameron exigeait davantage, avec un moratoire de quatre ans avant tout versement d'aides sociales aux immigrants issus de l'UE venant travailler au Royaume-Uni. Mais cette exigence, jugée "discriminatoire", est contraire à la libre circulation des biens et des personnes, principe fondateur de l'Union.

M. Tusk a également promis à Londres de "respecter les droits et compétences" des pays qui ne sont pas membres de la zone euro. Il a présenté un "mécanisme" par lequel les neuf pays qui n'ont pas adopté la monnaie unique peuvent faire part de leurs inquiétudes et recevoir "les assurances nécessaires" sur les décisions des 19 autres Etats de l'UE qui l'utilisent.

Mais cela "ne constitue pas un véto et ne pourra retarder des décisions urgentes" en cas de crise financière, a assuré le président du Conseil européen, en précisant que les détails de son activation devaient encore être discutés.

La France, notamment, voit d'un mauvais oeil les revendications britanniques sur ce point, craignant qu'elles ne visent qu'à protéger les intérêts de la puissante City.

M. Tusk propose en outre un "système de carton rouge" qui permettrait, sur décision de plus de la moitié (55%) de l'ensemble des parlements nationaux de l'UE, de stopper des projets législatifs de la Commission européenne, ce qui était l'une des principales revendications de M. Cameron.

En promettant d'organiser cette consultation à haut risque, qui pourrait déclencher un autre séisme dans l'Union déjà éprouvée par la crise migratoire, le Premier ministre britannique, confortablement réélu en mai 2015, espérait stopper dans son élan le parti europhobe Ukip de Nigel Farage, et répondre aux eurosceptiques de son propre parti.

Mais, sans surprise, ces derniers ont critiqué mardi les propositions européennes, à l'instar du maire conservateur de Londres, Boris Johnson, qui a appelé à faire "bien davantage".

D'après les sondages, les Britanniques restent très partagés. Le référendum pourrait être organisé le 23 juin, selon les médias.

AFP

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Beyrouth annonce des élections parlementaires anticipées en pleines manifestations exacerbées par l'explosion

La police anti-émeute libanaise arrête un manifestant anti-gouvernemental, qui tentait d'atteindre le bâtiment du Parlement, lors d'une manifestation contre les élites politiques et le gouvernement, à Beyrouth, au Liban, le samedi 8 août 2020. (Photo AP / Hussein Malla)

Au Liban, des milliers de personnes ont manifesté samedi dans les rues de Beyrouth contre la classe politique jugée responsable du drame qui a fait plus de 150 morts, 6.000 blessés, plus de 300.000 sans-abri et des disparus. Le gouvernement annonce les élections parlementaires anticipées.

Les manifestants se sont dirigés vers la place des Martyrs, épicentre traditionnel des manifestations, avec pour mot d'ordre "Le Jour du jugement". Des guillotines en bois y ont été installées et des manifestants brandissaient des cordes avec un noeud coulant à leur extrémité.

Les foules scandaient: "Vengeance, vengeance, jusqu'à la chute du régime". Certains portaient des masques, d'autres des drapeaux ou des portraits des victimes de l'explosion, alors que les forces de sécurité tentaient d'empêcher certains groupes d'avancer vers le Parlement.

Des manifestants ont pris d'assaut le quartier général de l'Association des banques dans le centre de Beyrouth, y mettant le feu avant d'être délogés par l'armée. D'autres protestataires ont investi le ministère des Affaires étrangères et celui du Commerce.

Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes tandis que certains manifestants leur ont lancé des pierres. L'explosion au port mardi, dont les circonstances ne sont toujours pas élucidées, aurait été provoquée par un incendie qui a touché un énorme dépôt de nitrate d'ammonium, dangereuse substance chimique.

-Elections parlementaires anticipées-

Le Premier ministre Hassan Diab, contesté, a annoncé qu'il allait proposer des élections parlementaires anticipées. Il estime que seules "des élections anticipées peuvent permettre de sortir de la crise structurelle".

"J'appelle toutes les parties politiques à s'entendre sur l'étape à venir. Leurs responsables n'ont pas beaucoup de temps, je suis prêt à continuer à assumer mes responsabilités pendant deux mois jusqu'à ce qu'ils se mettent d'accord", a-t-il ajouté, a affirmé M. Diab.

-Visioconférence de soutien-

L'ONU et la France organiseront dimanche une visioconférence de soutien au Liban. Pour la France, cette rencontre doit marquer le début d'une "démarche d'urgence et d'espoir pour l'avenir" du pays.

La France n'a pas voulu donner le montant de l'aide qui pourrait être dégagée dimanche, mais l'ONU a chiffré à 85 millions de dollars le coût des seuls besoins de santé. "L'objectif immédiat est de pourvoir aux besoins d'urgence du Liban, à des conditions qui permettent que l'aide aille directement à la population", a expliqué l'Élysée, en visant "la consolidation des bâtiments endommagés, l'aide médicale d'urgence, l'aide alimentaire et le restauration des hôpitaux et écoles".

Les représentants de l'Union européenne, des États-Unis, du Royaume-Uni, de la Chine, de la Russie, de Jordanie, d'Égypte y participeront. Israël n'est "pas dans le tour de table". L'Iran n'a "pas manifesté sa volonté de participer", alors que "les pays du Golfe ont été invités".

-Une catastrophe de trop-

Le Liban est en plein naufrage économique, après avoir fait défaut sur sa dette, et ses dirigeants ont été incapables de s'entendre sur un plan de sauvetage avec le Fonds monétaire international (FMI).

Pour les Libanais déjà éprouvés par une crise économique inédite, l'explosion de mardi a été la catastrophe de trop, relançant un mouvement de contestation qui avait débuté en octobre pour dénoncer l'ensemble de la classe dirigeante, jugée corrompue et incompétente, mais s'était essoufflé en raison de la pandémie de Covid-19.

L'industrie aérienne envisage des réductions d'effectifs dans les 12 mois

Le logo de l'Association du transport aérien international (IATA), au salon international du tourisme ITB à Berlin, Allemagne, le 7 mars 2018. REUTERS / Fabrizio Bensch - UP1EE370TU52S

La plupart des compagnies aériennes envisage des réductions d'effectifs dans les douze mois à venir en raison d'une reprise du trafic aérien freinée par les incertitudes liées au Covid-19, selon un sondage publié mercredi par l'Association internationale du transport aérien (Iata).

"La majorité (55%) des responsables des compagnies aériennes interrogés s'attendent à devoir réduire leurs effectifs au cours des 12 mois à venir" en raison d'un trafic qui va rester faible à court terme, a indiqué l'Iata dans un communiqué.

Cette déclaration est le résultat d'un questionnaire sur la confiance des dirigeants de compagnies que l'organisation a envoyé à plus de 300 compagnies aériennes partout dans le monde.

45% des dirigeants ont indiqué avoir déjà réduit leurs effectifs en raison de l'impact de la crise du Covid-19 sur le secteur du transport aérien.

57% d'entre eux s'attendent à un recul de leur rentabilité au cours des 12 prochains mois et pensent que les prix des billets pourraient baisser en raison de la faible reprise de la demande. 19% misent sur une augmentation progressive des tarifs une fois que l'équilibre entre l'offre et la demande sera retrouvé.

L'Iata, qui regroupe 290 compagnies aériennes, table sur un retour du trafic aérien d'avant-crise en 2024 et estime à 63% la chute du trafic en 2020 par rapport à 2019 avec un manque à gagner de 419 milliards de dollars pour le secteur, en raison de la crise du coronavirus.

L'Asie Pacifique et l'Europe devraient être les premières à retrouver un trafic au niveau de celui de 2019 alors que l'Amérique du Nord et l'Amérique latine devraient connaître un retour à la normale plus lent qu'ailleurs, selon l'Iata.

Le secteur du transport aérien a été frappé de plein fouet par la crise du coronavirus avec la quasi-totalité des flottes d'avions clouée au sol et la suppression de dizaines de milliers d'emplois.

L'américaine United a annoncé qu'elle pourrait congédier jusqu'à 36.000 salariés. American Airlines a évoqué le chiffre de 25.000 suppressions.

L'allemande Lufthansa veut supprimer 22.000 emplois, Air Canada 20.000, British Airways 12.000, Air France-KLM jusqu'à 12.500, l'australienne Qantas 6.000, le scandinave SAS 5.000, le britannique EasyJet 4.500.

LATAM, la compagnie la plus importante d'Amérique latine, a annoncé la suppression de 2.700 emplois et est placée, comme la colombienne Avianca, sous la protection de la loi américaine sur les faillites.

En dépôt de bilan, le géant australien Virgin Australia est en passe d'être racheté par une société américaine et a annoncé mercredi qu'il allait fermer l'une de ses filiales et supprimer 3.000 postes.

La britannique Virgin Atlantic a déposé le bilan aux Etats-Unis et a déjà annoncé la suppression de 3.000 emplois.

Industrie aérienne africaine: “des faillites à partir de mai-juin”, selon l’expert Abderhamane Barthé
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Les points de contrôle à New York pour faire appliquer la quarantaine covid-19

Des gens sont assis devant le Metropolitan Museum of Art le samedi 2 mai 2020 à New York, en respectant la distanciation sociale afin de prévenir la propagation du coronavirus. (Photo AP / Ron Blum)

New York va mettre en place des postes de contrôle aux accès clés de la ville afin de s'assurer que les voyageurs en provenance d'Etats américains très affectés par le coronavirus respectent bien la quarantaine qui leur est imposée, a annoncé le maire de la ville mercredi.

Les visiteurs venus de 35 Etats connaissant une forte recrudescence de l'épidémie, comme les très peuplés Etats de Floride et du Texas, sont actuellement soumis à une quarantaine de deux semaines à leur arrivée à New York.

Afin de tenter de mieux faire respecter cette mesure, le maire Bill de Blasio a annoncé que les forces de l'ordre allaient installer "des points d'enregistrement des voyageurs" au niveau des principaux ponts et tunnels menant à la métropole à partir de jeudi.

Les voyageurs en provenance des Etats problématiques devront alors remplir un formulaire de santé. Celui-ci doit aussi aider les autorités à faire un suivi des contacts en cas d'infection.

Les personnes arrivant dans les aéroports de New York doivent déjà remplir ce formulaire. Quiconque refuse de le faire risque une amende de 2.000 dollars.

"La ville de New York tient bon contre le Covid-19, et les New-Yorkais ont montré une discipline exemplaire", a déclaré M. de Blasio. "Nous n'allons pas laisser cet effort nous filer entre les doigts et nous allons continuer à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger la santé et la sécurité des New-Yorkais."

Les individus ne respectant pas la quarantaine imposée risquent une amende de 10.000 dollars.

Plus de 32.000 personnes sont mortes du Covid-19 dans l'Etat de New York, selon l'université Johns Hopkins.

La ville a été l'épicentre de l'épidémie américaine au printemps, mais a ensuite réussi à la maintenir sous contrôle, même lorsque les cas sont repartis à la hausse dans d'autres parties du pays à partir de la fin juin.

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