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Tunisie: entrée sous protection policière du nouveau patron d'un média public

Un Tunisien brandit le signe "V pour victoire" lors d'une manifestation dans la ville de Tataouine, dans le sud du pays, le 12 février 2021.

Kamel Ben Younes, nouvellement nommé PDG de la TAP, avait été empêché d'entrer dans ces nouveaux bureaux, plusieurs fois par des sit-in de protestation organisés par des dizaines de journalistes.

Le nouveau patron de l'agence de presse tunisienne TAP a pu entrer mardi grâce à la police dans le siège de ce média national, une première depuis sa nomination début avril, tandis que des journalistes protestaient contre sa nomination qu'ils considèrent "politique", selon l'AFP.

Accompagné d'un huissier de justice et de policiers, il a finalement pu pénétrer par la force, ont rapporté des médias locaux et le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).

"C'est de cette manière que vous voulez diriger l'agence", a lancé un protestataire à l'adresse du nouveau PDG entouré de policiers, selon une vidéo publiée sur des réseaux sociaux.

A en croire des journalistes de la TAP, le gouvernement est accusé de vouloir mettre la main sur les médias nationaux par "des nominations politiques".

Le SNJT a dénoncé dans un communiqué "l'implication de la police dans le dossier médiatique" ce qui représente, pour lui, "une transgression dangereuse et totalement inacceptable".

Il a appelé le gouvernement à "revoir les nominations politiques et partisanes à la tête des médias et à ouvrir un dialogue sérieux et profond sur la réforme de ces institutions au lieu de chercher à les domestiquer pour servir des programmes politiques et partisans étroits".

L'ONG Reporters sans frontières a dénoncé sur Twitter "l'incursion de la police dans les locaux de (l'agence de presse) ainsi que les agressions commises sur des journalistes qui protestaient contre la nomination du nouveau PDG de l'agence (...) arrivé sur place encadré des forces de l'ordre".

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Un journaliste français porté disparu dans le nord du Mali

Un soldat français se tient à l'intérieur d'un hélicoptère militaire à Gao, dans le nord du Mali, le 19 mai 2017.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le journaliste français Olivier Dubois dit avoir été enlevé le mois dernier dans le nord du Mali par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), une branche locale d'Al-Qaïda.

Dans la vidéo, le journaliste est assis sous une tente et demande aux autorités et à ses proches de faire "tout ce qui est en leur pouvoir pour me faire libérer".

Il précise que c'est dans la ville de Gao qu'il a été enlevé, le 8 avril 2021.

La disparition du journaliste a été confirmée mercredi à l'agence Reuters par une source au ministère français des Affaires étrangères.

La source a ajouté que le ministère était en contact avec la famille du journaliste, effectuant des vérifications techniques sur l'authenticité d'une vidéo vue en ligne.

Sur Twitter, Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières (RSF), a demandé la libération d'Olivier Dubois, exhortant les autorités maliennes et françaises à tout faire pour obtenir sa libération.

Il ajoute que l'ONG avait été informée de la disparition d'Olivier Dubois deux jours après son enlèvement mais elle avait décidé, en concertation avec les rédactions qui emploient habituellement le journaliste, de ne pas rendre l'événement public, afin, dit-il, de ne pas entraver une éventuelle résolution rapide.

Olivier Dubois travaille habituellement pour l'hebdomadaire Le Point et le quotidien Libération.

La France est intervenue au militairement au Mali depuis 2013 pour, dit-elle, lutter contre les islamistes armés qui menaçaient alors la capitale Bamako après avoir pris le contrôle du nord du pays. Cette intervention s'inscrit désormais dans une coalition plus large de cinq pays sahéliens confrontés à des degrés divers à une menace djihadiste.

Le GSIM a revendiqué en décembre et janvier la mort de cinq soldats français dans deux attaques distinctes au Mali.

La France confirme la "disparition" du journaliste Olivier Dubois

Des soldats de la force conjointe du G5 Sahel assistent à l'inauguration du nouveau quartier général de Bamako le 3 juin 2020.

Un journaliste français, Olivier Dubois, collaborateur de différents médias, affirme avoir été kidnappé début avril au Mali par des jihadistes affiliés à Al-Qaïda, dans une vidéo à la provenance indéterminée circulant sur les réseaux sociaux mercredi.

Un responsable aux Affaires étrangères françaises à Paris a confirmé à l'AFP la "disparition" d'Olivier Dubois, qui a coopéré avec des médias français comme le Point Afrique ou le quotidien Libération.

Dans un brève vidéo d'une vingtaine de secondes, Olivier Dubois explique avoir été enlevé le 8 avril à Gao (nord) par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim en arabe), principale alliance jihadiste au Sahel.

Assis par terre, les jambes croisées sur une toile de couleur verte, dans ce qui semble être une tente, il dit s'adresser à sa famille, à ses amis et aux autorités françaises "pour qu'elles fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour me faire libérer".

Le journaliste, vêtu d'un costume traditionnel rose clair, la barbe bien taillée, regarde fixement la caméra et s'exprime d'une voix ferme. Les mouvements de ses doigts et d'une jambe semblent néanmoins traduire une certaine nervosité.

"Nous confirmons la disparition au Mali de M. Olivier Dubois. Nous sommes en contact avec sa famille ainsi qu’avec les autorités maliennes. Nous procédons aux vérifications techniques d’usage", a assuré à l'AFP un responsable du ministère français des Affaires étrangères.

Le quotidien Libération, pour lequel il travaillait régulièrement depuis avril 2020, a indiqué ne pas souhaiter faire de commentaire dans l'immédiat.

Il n'y avait plus de Français otage dans le monde depuis la libération en octobre 2020 de Sophie Pétronin, une septuagénaire enlevée près de 4 ans plus tôt, par des hommes armés à Gao également, où elle vivait et dirigeait depuis des années une organisation d'aide à l'enfance.

Mme Pétronin avait été libérée en même temps que l'homme politique malien Soumaïla Cissé, décédé depuis, et que deux Italiens, Nicola Chiacchio et Pier Luigi Maccalli, également enlevés par des jihadistes.

Malgré des conjectures persistantes, le gouvernement malien n'a jamais confirmé le paiement d'une rançon, en plus de la libération de 200 prisonniers, dont un certain nombre de jihadistes, contre la liberté de ces quatre otages.

En octobre 2020, la Suisse avait été informée que le GSIM) avait exécuté Béatrice Stöckli, une missionnaire évangélique, qui avait été enlevée en janvier 2016 à Tombouctou. En mars dernier, le ministère suisse des Affaires étrangères avait indiqué que son corps avait pu être retrouvé et formellement identifié.

Le Mali est en proie depuis 2012 à une poussée jihadiste partie du Nord, qui a plongé le pays dans une crise sécuritaire et s'est étendue au centre du pays. Les violences se sont également propagées au Burkina Faso et au Niger voisins.

Les violences - jihadistes, intercommunautaires ou autres - ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, malgré l'intervention des forces de l'ONU, française et africaines.

Une assurance maladie pour les journalistes du privé au Togo

Le SG du SYNJIT, Isidore Kouwonou, remettant la carte d’assuré au journaliste Kossi Balao, à Lomé, 14 avril 2021. (VOA/Kayi Lawson)

Un syndicat de journalistes s'est associé à une compagnie d'assurance pour fournir une assurance maladie à ses membres, une première dans le pays.

Les journalistes togolais vivent dans une précarité quasi-absolue. Pour rendre leur travail un peu plus décent, le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT), a pu décrocher une assurance maladie pour la corporation auprès de l’Institut national d’assurance maladie (INAM).

Depuis le 1er avril dernier, ces journalistes, du moins ceux qui y ont souscrit, et leurs ayant droits bénéficient d’une assurance maladie. Offrir de la protection sociale aux journalistes est l’une des priorités que s’est fixée le SYNJIT.

"Au Togo, peu sont les journalistes qui ont un salaire dans leurs organes. Presque tous les journalistes ne sont pas assurés, ne sont pas déclarés à la caisse nationale de sécurité sociale. Et étant conscient de cette situation, nous avons jugé bon de souscrire à l’assurance maladie", a expliqué Isidore Kouwonou, secrétaire-général du SYNJIT.

"Cela participe aussi à la liberté de la presse. Parce qu’un journaliste qui ne se sent pas à l’aise dans son travail, ne peut pas travailler en toute liberté", a précisé le syndicaliste.

La protection sociale est l’un des critères qui évalue la décence d’un travail ou sa précarité, rappelle Gilbert Adomey, coordonnateur à l’Institut national d’assurance maladie (INAM) pour la région de Lomé.

"Tout emploi qui n’a pas de protection sociale est un emploi précaire. Donc ça veut dire que jusqu'à aujourd'hui, votre emploi n’était pas vraiment un emploi très solide. Maintenant, vous évoluez vers l’emploi décent", a indiqué ce responsable de l’INAM.

Avec des cotisations mensuelles allant de 2.500 francs CFA, (moins de 5$) à 4.000 francs CFA (moins de 8$), selon la taille du ménage, les journalistes togolais assurés à l’INAM espèrent pouvoir mieux vivre.

"Ça relève d’une importance très capitale pour nous. Dans la mesure où ça permet à des journalistes qui ne sont pas payés, qui ne sont pas rémunérés, de pouvoir prendre en charge leur famille, de ne pas paniquer lorsqu’un membre de leur famille ou eux-mêmes tombent malade dans l’exercice de leur métier", a laissé entendre le journaliste Kossi Balao.

Son confrère Patrick Dégbévi estime qu’il pourra désormais se donner totalement à son travail.

"Quand votre enfant est couvert par l’assurance maladie, quand vous-même vous avez de petits soucis de santé, vous êtes couvert par l’assurance maladie, ça nous permet de nous donner à 100% sur le terrain, en réalité", a souligné Patrick Dégbévi.

La spécificité de l’assurance maladie pour ces journalistes togolais du privé est que ces derniers assument entièrement leurs cotisations. En tant qu’employés, une partie de ces cotisations devrait être supportée par les patrons de presse. Mais ce n’est pas le cas.

Les journalistes sénégalais demandent plus de libertés et de sécurité

Maimouna Ndour Faye, patronne de presse et plusieurs fois victimes de menaces, à Dakar, le 4 mai 2021.

Les journalistes sénégalais ont décidé de faire entendre leur voix au travers un sit-in devant le ministère de la culture et de la communication. Pour la presse sénégalaise, les menaces, attaques et intimidations doivent cesser tout comme la précarité des journalistes.

Au milieu des journalistes venus de Dakar et de certaines régions du pays, Ahmadou Bamba Kassé, secrétaire-général du Syndicat des Professionnels de l’information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) rappelle les nombreuses années que les jeunes reporters passent dans les rédactions sans avoir de contrat.

Pour lui, le secteur doit être réformé pour garantir la liberté de la presse. "Je voudrais que nous soyons solidaires, que nous soyons tous unis pour ensemble exiger les réformes indispensables qui doivent avoir lieu dans le secteur des médias au Sénégal. Pour que ensemble nous puissions regarder tous ces fossoyeurs de la liberté et leur dire nous de la presse, nous n’avons pas peur de vous. Nous allons faire notre travail en toute conscience et au bénéfice exclusif du peuple sénégalais", affirme-t-il.

Large mobilisation des acteurs des médias pour la liberté de la presse, à Dakar, le 4 mai 2021. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Large mobilisation des acteurs des médias pour la liberté de la presse, à Dakar, le 4 mai 2021. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Pointés du doigt, les principaux patrons de presse ont été aux abonnés absents sauf Maimouna Ndour Faye, la directrice-générale du groupe 7TV. Cette dernière a tenu à rappeler qu’elle était avant tout journaliste et qu’elle était aussi concernée par ce combat qui engage toute la presse sans distinction aucune.

Souvent victime de menaces sur les réseaux sociaux, Maimouna Ndour Faye estime qu’il est temps que les intimidations qui viennent d’un peu partout cessent.

"Ces menaces émanent du pouvoir d’Etat, ces menaces émanent des forces sociales, ces menaces émanent des forces politiques. Nous sommes dans une situation particulière et c’est le moment de montrer aux sénégalais et à toutes ces forces qui menacent nos libertés que nous allons dire non, que nous allons mettre un stop à tous ces agissements", dénonce-t-elle.

L’État a aussi été attaqué par les journalistes qui affirment que les autorités n’en font pas assez pour améliorer les conditions des médias et des journalistes.

Des attaques balayées par Ousseynou Dieng, directeur de la communication, qui soutient que le chef de l’État a toujours accédé aux doléances des acteurs du secteur.

"Le 31 décembre les acteurs ont posé le problème des décrets d’application du nouveau code de la presse, le président leur avait promis que ce serait fait au prochain conseil des ministres et il l’a fait", dit-il. Le directeur de la communication ajoute que parfois s’il y a des lenteurs: "c’est au niveau des associations de presse même et là aussi concernant l’assainissement, même ces associations de presse ont intérêt à assainir le secteur et le renouvellement des organisations. Ca aussi c’est des questions qui doivent être posées donc nous avons le fonds d’appui et de développement de la presse, nous avons la publicité qui va être réformée et nous avons la modernisation des entreprises de presse", conclut-il.

En attendant les réformes annoncées, les journalistes exigent l’application totale de la nouvelle convention collective qui garantit de meilleures conditions de travail aux professionnels des médias.

Mort de l'ancienne directrice de l'information de l'AFP Michèle Léridon

La journaliste française Michèle Léridon avec l'équipe éditoriale du quotidien italien Il Tempo à Rome, le 18 novembre 2011.

Figure respectée du journalisme, Michèle Léridon, qui a engagé l'AFP dans la lutte contre la désinformation et s'est battue pour une meilleure représentation des femmes dans les médias, est décédée brutalement lundi, a annoncé le CSA, qu'elle avait intégré il y a deux ans.

"Femme de convictions, Michèle Léridon était une grande journaliste unanimement reconnue", notamment pour "sa riche expérience et sa grande rigueur intellectuelle", a souligné dans un communiqué le Conseil supérieur de l'audiovisuel, régulateur de la télévision et de la radio françaises, rappelant "son engagement en faveur de la liberté d'expression et de la liberté de l'information" qui aura guidé son parcours.

"Michèle m'a énormément appris à mon arrivée à l'AFP, alors qu'elle y était directrice de l’information. Elle incarnait pour moi les valeurs humaines que j'aime à l'Agence : empathie, curiosité pour tout, rectitude, pondération de jugement et sens de l'humour", a réagi le PDG de l'agence de presse, Fabrice Fries, saluant "une personne formidable, amoureuse de la vie".

"Nous sommes tous choqués et anéantis par la disparition soudaine de Michèle", a témoigné Phil Chetwynd, qui lui a succédé à la direction de l'information, évoquant "non seulement une journaliste remarquable, mais aussi une cheffe courageuse de la rédaction de l’AFP, très admirée pour son honnêteté et son intégrité".

L'ancien PDG de l'AFP Emmanuel Hoog, qui l'avait nommée directrice de l'information en 2014, a salué "son élégance intellectuelle" et "son sens de l'intérêt général". "Elle a porté haut le flambeau de l'AFP et du métier d'agencier", a-t-il confié, rappelant notamment ses engagements en faveur de la déontologie et son "amour" du journalisme.

Diplômée en sciences économiques et du Centre de formation des journalistes (CFJ), Michèle Léridon avait débuté sa carrière de journaliste dans la presse écrite, avant de rejoindre l'AFP en 1981, où elle a notamment travaillé à la rubrique médias, puis accompli des missions en Afrique de l'ouest.

- Combats féministes -

Elle avait fondé ensuite la rubrique Villes-Banlieues, avant d'être nommée directrice adjointe du bureau d'Abidjan. A ce titre, elle a couvert notamment les conflits au Liberia et en Sierra Léone (1996-1999).

Toujours posée, le regard franc sous ses cheveux bruns, elle avait enchaîné ensuite les postes à responsabilité, devenant successivement adjointe du rédacteur en chef Europe Afrique, cheffe du service des informations sociales, puis directrice de la rédaction, et directrice du bureau de Rome.

A l'été 2014, elle est nommée directrice de l'information, accédant ainsi au plus haut poste rédactionnel de l'agence. Première femme occupant ces fonctions, Michèle Léridon a notamment contribué à développer les activités de l'AFP dans la vidéo et a agi en toutes circonstances pour réaffirmer la dimension essentielle de la déontologie dans le travail des équipes, notamment à travers la mise en place d'une charte éthique.

C'est sous son égide que l'AFP devient la première grande agence de presse à s'engager résolument dans la traque aux "fake news", un tournant majeur dans l'histoire de l'agence fondée en 1944.

Elle a également été pionnière dans plusieurs combats féministes. A l'intérieur de l'agence, "elle a été le porte-étendard d'une génération de femmes qui se sont battues pour casser le plafond de verre dans les postes de responsabilité", à une époque où les plus hautes fonctions étaient occupées systématiquement par des hommes, rappelle Emmanuel Hoog. Elle a en outre impulsé des mesures en faveur d'une meilleure représentation des femmes dans les informations diffusées par l'AFP, en poussant la rédaction à lutter contre les clichés sexistes.

Elle a été en outre administratrice de Reporters sans frontières (RSF) pendant plusieurs années.

Début 2019, elle avait rejoint le CSA, nommée sur proposition du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand. Chargée notamment "de la déontologie des programmes et du pluralisme politique, elle avait assuré le suivi de plusieurs scrutins", mais aussi joué "un rôle majeur dans l'élargissement des missions du Conseil à l'égard des plateformes" et des réseaux sociaux, en particulier en matière de lutte contre les infox, "contribuant ainsi à la transformation d'une institution qu'elle aura marquée de son empreinte", a résumé le CSA.

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