Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

Trump signe un accord commercial "historique" avec la Chine

Poignée de main entre le vice-Premier ministre chinois Liu He et le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, États-Unis, le 15 janvier 2020. REUTERS

Donald Trump a signé mercredi un accord commercial préliminaire avec le vice-Premier ministre chinois Liu He, "un pas de géant" pour rééquilibrer le commerce entre les deux grandes puissances économiques, qui suscite cependant des réserves aux Etats-Unis.

"Aujourd'hui marque une étape historique qui n'avait jamais été franchie (...) vers un accord commercial juste et réciproque entre les Etats-Unis et la Chine", a déclaré le président américain lors d'une longue cérémonie à la Maison Blanche.

Dans une lettre adressée à Donald Trump, son homologue chinois Xi Jinping a salué un accord bon "pour le monde entier".

Face à l'enthousiasme du républicain, la Fédération nationale des détaillants (NRF) et le principal syndicat agricole américain, l'American Farm Bureau Federation, se sont montrés plus mesurés, insistant sur "le travail restant à faire".

La chambre de Commerce, patronat américain, a abondé dans ce sens en exhortant Washington et Pékin à résoudre les problèmes de fond restés en suspens, citant les subventions chinoises aux entreprises publiques.

"Ces problèmes complexes et de longue date (...) ont un impact significatif sur la capacité des entreprises américaines à rivaliser", a commenté Thomas Donohue, son président.

Pour l'heure, le traité profitera essentiellement aux agriculteurs et industriels, victimes collatérales du conflit.

La Chine s'est engagée à acheter pour 200 milliards de dollars de produits américains supplémentaires au cours des deux prochaines années, afin de réduire le déséquilibre commercial, grande revendication de la Maison Blanche.

L'accord contient également des dispositions relatives à la protection de la propriété intellectuelle et aux conditions de transfert de technologies, autres grandes exigences des Etats-Unis.

Déclenché au printemps 2018 pour mettre fin aux pratiques commerciales chinoises jugées "déloyales", le conflit s'est matérialisé par des droits de douane punitifs réciproques sur des centaines de milliards de dollars de marchandises échangées chaque année.

- Tarifs douaniers pour négocier -

Donald Trump a indiqué que les droits frappant actuellement plus de 370 milliards de dollars de produits chinois seraient maintenus tant que la phase 2 de l'accord ne serait pas signée.

Et c'est là que le bât blesse pour nombre d'acteurs économiques. "La guerre commerciale ne sera terminée que lorsque tous les tarifs douaniers auront disparu", estime Mathew Shay, président de la NRF.

Si l'administration soutient mordicus que c'est la Chine qui paie, une grande majorité d'économistes soulignent que ce sont les importateurs américains et peut-être bientôt les consommateurs qui font les frais de ces surtaxes.

L'accord "est bienvenu", a toutefois réagi la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva, dans un tweet, alors que l'économie mondiale a fortement ralenti en 2018 et 2019 sous l'effet de la guerre commerciale.

L'administration Trump prédit, elle, que cet accord dopera la croissance des Etats-Unis en 2020 d'un demi-point de pourcentage.

Ce conflit a durement affecté le monde agricole et l'industrie manufacturière, ceux-là mêmes qui avaient porté le président républicain au pouvoir en 2016.

Donald Trump a parié sur leur patriotisme, leur demandant de la patience avant des lendemains meilleurs.

Clamant que les guerres commerciales étaient faciles à gagner, il a aussi constamment répété que l'économie américaine n'était pas affectée par les droits de douane, alors que la croissance chinoise ralentissait.

Pourtant, le conflit, inédit par son intensité et sa durée, a installé un climat d'incertitude qui a freiné l'appétit des investisseurs et ralenti la croissance chinoise, américaine et mondiale.

Qui plus est, l'essentiel du coût des tarifs douaniers a été supporté par les importateurs américains.

- 'Nouveau chapitre' -

L'accord "est un pas de géant", a toutefois estimé le sénateur républicain Lindsay Graham, très proche du locataire de la Maison Blanche.

"La Chine reconnaît l'importance d'établir et de mettre en oeuvre un système juridique complet de protection (...) de la propriété intellectuelle", est-il stipulé dans le texte.

En outre, tout transfert ou licence de technologie doit être fondé sur la base du volontariat et refléter "un accord mutuel", est-il dit, alors que la Chine impose couramment aux entreprises étrangères des transferts de savoir-faire pour travailler sur son sol.

Un chapitre entier est consacré à l'ouverture du marché chinois aux services financiers.

Liu He a assuré lors d'une conférence de presse que son pays poursuivrait ses réformes et s'ouvrirait davantage au reste du monde, a rapporté l'agence Chine nouvelle.

Donald Trump a justement annoncé qu'il se rendrait bientôt à Pékin alors que les négociations pour une seconde phase de l'accord doivent commencer "immédiatement" pour aborder des sujets plus sensibles tels que la cybersécurité.

Si Wall Street a terminé en hausse mercredi, soutenu par la signature de l'accord, celle-ci a provoqué un effet contrastée sur les Bourses chinoises, Shanghai étant stable (-0,05%) et Hong Kong en hausse (+0,66%) en milieu de matinée.

Par ailleurs, la monnaie chinoise poursuivait sa hausse face au billet vert (à 6,8807 yuans contre un dollar), encouragée par la décision des Etats-Unis cette semaine de retirer la Chine de leur liste de pays manipulant leur devise.

Toutes les actualités

Un commandant américain limogé après avoir alerté sur le Covid-19 à bord d'un porte-avions nucléaire

Le USS Theodore Roosevelt à l'entrée du port de Da Nang, au Vietnam, le 5 mars 2020. (Photo: Reuters)

Le commandant du porte-avions nucléaire américain USS Theodore Roosevelt, qui avait lancé un appel aux accents dramatiques pour faire évacuer son navire contaminé par le coronavirus, a été démis de ses fonctions, a annoncé jeudi le secrétaire à l'US Navy, Thomas Modly.

"Nous ne sommes pas en guerre. Il n'y a aucune raison que des marins meurent", avait écrit le capitaine de vaisseau Brett Crozier dans une lettre à sa hiérarchie publiée mardi par le San Francisco Chronicle.

"Nous ne sommes peut-être pas en guerre dans le sens traditionnel du mot, mais nous ne sommes pas non plus complètement en paix", a noté M. Modly au cours d'une conférence de presse. "Et nous demandons à nos commandants de faire preuve de jugement, de maturité, de leadership et de calme sous la pression."

Or le commandant Crozier a "fait preuve d'un très mauvais jugement en période de crise", a-t-il jugé.

Il sera remplacé par son prédécesseur immédiat, le vice-amiral Carlos Sardiello, qui lui avait transmis le commandement du Theodore Roosevelt en novembre dernier et qui connait donc parfaitement le navire.

"Le commandant Crozier a laissé la complexité du défi posé par l'épidémie de Covid à bord prendre le dessus sur son professionnalisme, au moment où le plus urgent était d'agir avec professionnalisme", a estimé M. Modly.

"Je ne doute absolument pas que le commandant Crozier ait fait ce qu'il croyait nécessaire pour le bien-être de son équipage", a-t-il poursuivi.

Mais cette lettre et l'écho qu'elle a recueilli ont "alarmé inutilement les familles de nos marins", a-t-il regretté. Elle a aussi "semé le doute sur les capacités et la sécurité opérationnelles du navire, ce qui aurait pu encourager nos adversaires à en profiter".

"C'est pour ces raisons que j'ai perdu confiance dans sa capacité à continuer à commander ce navire de guerre alors qu'il combat ce virus pour remettre l'équipage sur pied", a-t-il conclu.

Le secrétaire à l'US Navy a souligné que ce n'était pas le fait que le commandant du porte-avion ait lancé une alerte qui méritait son limogeage, mais le fait qu'il ait envoyé un e-mail aussi alarmiste au commandement régional avec une trentaine de personnes en copie.

C'est ce qui a apparemment permis que la lettre soit parvenue au San Francisco Chronicle, a-t-il ajouté sans accuser directement le commandant de l'avoir fait fuiter lui-même.

L'US Navy a commencé à évacuer les trois quarts de l'équipage du Theodore Roosevelt, un porte-avions nucléaire immobilisé à Guam depuis le 28 mars.

Les marins malades ou testés positifs seront placés en quarantaine sur la grande base navale américaine de Guam, qui abrite plusieurs milliers de marins et leurs familles, et ceux qui ne sont pas atteints par le coronavirus dans des hôtels de l'île, pour donner plus d'espace au millier de marins restant à bord et leur permettre de respecter une certaine distanciation sociale.

Le nombre de marins testés positif au Covid-19 est désormais de 114 et "il y en aura probablement des centaines", a indiqué M. Modly, soulignant qu'aucun des marins n'était gravement malade.

Le coronavirus représente un dilemme pour l'armée américaine, qui est fortement mobilisée aux Etats-Unis, où elle participe aux efforts du gouvernement fédéral pour lutter contre l'épidémie, mais qui veut rester opérationnelle pour continuer à démontrer la puissance militaire des Etats-unis à l'étranger.

Sorties alternées des hommes et des femmes pour lutter contre le virus au Pérou

Des employés fabriquent des masques dans une entreprise textile du quartier Gamarra à Lima, au Pérou, le 4 mars 2020. (AP Photo / Martin Mejia)

Le Pérou a renforcé jeudi les restrictions des déplacements dans le cadre de la lutte contre le coronavirus en interdisant que les hommes et les femmes sortent ensemble dans les rues et en imposant des sorties alternées selon le genre.

En vertu de cette mesure insolite, annoncée par le président péruvien Martin Vizcarra, les personnes de sexe masculin ne pourront désormais sortir de leur domicile que le lundi, le mercredi et le vendredi, tandis que les femmes, elles, ne seront autorisées à le faire que le mardi, le jeudi et le samedi. Le dimanche, personne n'aura le droit de sortir.

"Il nous reste dix jours, faisons cet effort supplémentaire pour contrôler cette maladie", a déclaré le président au cours d'une conférence de presse. Il a précisé que la mesure serait en vigueur jusquau 12 avril, date prévue pour la fin du confinement en vigueur au Pérou depuis le 16 mars.

A la date de jeudi, le Pérou comptait 1.414 cas confirmés de contamination par le Covid-19 et 55 morts. Le premier décès avait été enregistré le 6 mars.

M. Vizcarra a déclaré que la nouvelle mesure visait à réduire de moitié le nombre des personnes circulant dans les rues à un moment donné, car les restrictions déjà appliquées n'étaient pas suffisantes. "Les mesures de contrôle (en vigueur) ont donné de bons résultats, mais pas ceux qui étaient espérés", a-t-il dit.

Cette alternance entre hommes et femmes ne s'appliquera pas aux employés des services essentiels qui fonctionnent pendant l'état d'urgence sanitaire, marchés, banques, pharmacies et hôpitaux.

M. Vizcarra a souligné que les militaires et les policiers qui patrouillent dans les rues devraient dans ces circonstances particulières respecter les homosexuels et les transsexuels. "Les forces armées et la police ont des instructions de ne pas avoir d'attitudes homophobes", a-t-il déclaré.

Le maire de New York demande à la population de se couvrir le visage à l'extérieur

Le maire Bill de Blasio lors d'une conférence de presse sur la propagation du coronavirus à New York, États-Unis, le 24 mars. 2020. (Photo: REUTERS / Caitlin Ochs)

Le maire de New York Bill de Blasio a demandé jeudi aux habitants de la ville de se couvrir le visage lorsqu'ils sortent de chez eux, une première dans la ville la plus touchée par le coronavirus aux Etats-Unis.

"Ca peut être une écharpe, quelque chose que vous avez fabriqué chez vous, un bandana", a expliqué l'édile lors d'un point de presse, mais cela "n'a pas besoin d'être un masque de professionnel".

Au contraire, a-t-il martelé, "nous ne voulons pas que vous utilisiez les masques dont ont besoin les personnels d'urgence et les soignants", et dont il n'est pas certain qu'ils pourraient être disponibles en quantité suffisante jusqu'à la fin de la pandémie.

New York a enregistré 1.562 morts du coronavirus depuis le début de la pandémie, selon des chiffres publiés jeudi en fin de journée par les autorités sanitaires de la ville, et approche des 50.000 cas positifs (49.707).

Le maire a expliqué que la décision de demander aux habitants de se couvrir le visage avait été prise sur la base d'une étude publiée par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), autorité de santé nationale aux Etats-Unis.

Cette étude met en évidence des cas de transmission du virus à Singapour par des personnes asymptomatiques.

L'étude indique que la transmission pourrait notamment intervenir par la seule respiration.

"Il a été montré que la parole et d'autres activités vocales, comme le chant, peuvent générer des particules dans l'air, avec une propension liée au niveau sonore", expliquent les auteurs de l'étude, publiée mercredi.

Lors de son point de presse quotidien, Donald Trump n'a pas clairement donné comme consigne de se protéger le visage, laissant le choix aux Américains.

"Je ne pense pas que ce sera obligatoire", a-t-il dit des recommandations données par certains élus locaux, "parce que certains ne veulent pas."

"Nous ne voulons pas que les gens se sentent artificiellement protégés", a prévenu le Dr Deborah Birx, en charge de la coordination de la lutte contre le coronavirus à la Maison Blanche.

"C'est un complément", aux recommandations déjà formulées, à savoir notamment la distanciation sociale et le lavage fréquent des mains, a expliqué la responsable.

Coronavirus: le Zaandam et ses passagers malades autorisés à accoster en Floride

Le bateau de croisière MS Zaandam, à Panama City, Panama, le 27 mars 2020. REUTERS / Erick Marciscano

Le navire de croisière Zaandam, qui a erré pendant des jours après avoir été rejeté par plusieurs ports parce qu'il transportait des passagers atteints du coronavirus, a été autorisé jeudi à accoster en Floride, où les personnes les plus malades pourront être soignées.

"Les garde-côtes, le département à la Sécurité intérieure, les responsables de la santé et le comté de Broward sont parvenus à la décision d'autoriser les navires de croisière Zaandam et (son adjoint) Rotterdam à accoster à Port Everglades", dans la région de Fort Lauderdale, a annoncé sur Twitter le maire de cette ville, Dean Trantalis.

"Je suis très heureux de pouvoir partager cette bonne nouvelle avec vous (...). Votre voyage de retour à la maison peut bientôt commencer", a dit aux passagers le capitaine du Rotterdam, Bas Van Dreumel, selon un message audio transmis à l'AFP par l'un d'entre eux.

"Ce fut un long périple", a ajouté le capitaine.

Le sort du Zaandam, qui a quatre morts à son bord, a fait l'objet de difficiles négociations en Floride.

Le gouverneur de cet Etat où résident de nombreux retraités, Ron DeSantis, s'était d'abord opposé à son arrivée, affirmant qu'il ne voulait pas se voir "refourguer" des malades qui épuiseraient les ressources locales face au Covid-19.

Il a ensuite fait marche arrière, disant à la chaîne Fox News qu'il ne s'était pas rendu compte que des Américains se trouvaient à son bord.

Et le président américain Donald Trump a reconnu la nécessité d'évacuer les passagers. "Nous devons aider les gens. Ils sont dans le pétrin", a-t-il lancé, annonçant par ailleurs que les Britanniques et les Canadiens parmi eux seraient évacués.

L'épidémiologiste Anthony Fauci, chargé de conseiller la Maison Blanche sur le coronavirus, a lui aussi pesé sur le sujet.

"Il faut prendre soin des gens malades. On a juste l'obligation de le faire. Et le plus vite possible", a dit l'expert, en appelant à l'évacuation des personnes saines.

- Bus désinfectés -

Jeudi matin, une sortie de crise s'était profilée: un responsable local, Michael Udine, avait indiqué sur Twitter qu'une commission avait approuvé de manière "conditionnelle" le plan de débarquement proposé par Carnival, propriétaire de la compagnie de croisières Holland America.

La compagnie exploite le Zaandam et le navire envoyé à sa rescousse avec notamment des vivres, du personnel et des tests de dépistage du Covid-19, le Rotterdam. Quelque 400 passagers sains ont été transférés du Zaandam vers le Rotterdam.

Quatre personnes sont mortes sur le Zaandam. Les causes de leur décès n'ont pas été divulguées et depuis le 22 mars, plus de 200 passagers et membres d'équipage ont eu des symptômes similaires à ceux de la grippe, selon la compagnie Holland America.

Neuf personnes à bord ont été testées positives au nouveau coronavirus, selon Carnival.

"Nous avons un hôpital qui a la capacité d'accueillir certaines des personnes gravement malades", a dit le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, dont l'Etat compte plusieurs milliers de personnes atteintes du virus. Ces passagers très malades seraient moins de 10 selon la compagnie.

Les deux navires transportent 1.243 passagers, dont 305 Américains et 257 Canadiens, et 1.247 membres d'équipage.

Selon le plan de débarquement, environ 1.200 personnes qui ne sont pas malades pourraient rentrer chez elles en avion. Elle seraient transportées dans des véhicules "désinfectés, avec des contacts limités entre personnes, et elles porteraient des masques", a expliqué Holland America mercredi.

"Les ressortissants étrangers seront transportés par bus vers l'aéroport, mais ils n'iront pas à l'intérieur de l'aéroport. Ils iront directement dans l'avion", a précisé M. DeSantis.

D'après l'une des responsables du comté de Broward, Barbara Sharief, le débarquement des 1.200 personnes saines pourrait prendre jusqu'à quatre jours.

Quelque 45 personnes présentant des symptômes légers resteraient à bord à l'isolement jusqu'à guérison, selon le plan.

Le Zaandam, qui a quitté Buenos Aires le 7 mars, devait finir son voyage au Chili le 21 mars, mais a dû changer de trajectoire à cause du virus.

Bilan du coronavirus: 1 million de cas et plus de 50.000 morts

Bilan du coronavirus: 1 million de cas et plus de 50.000 morts
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:30 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG