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Treize pays appellent à une réforme urgente de l'OMC

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en Ontario, le 30 septembre 2018.

Les ministres du Commerce de treize pays des cinq continents ont plaidé jeudi à Ottawa pour une réforme urgente de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) face à une "situation (qui) n'est plus viable", entre montée du protectionnisme et règles inadaptées.

"Nous sommes profondément préoccupés par les récents développements dans le domaine du commerce international, et en particulier par la montée du protectionnisme, qui a des conséquences néfastes pour l'OMC et qui met en péril l'ensemble du système commercial multilatéral", déclarent les ministres du Commerce de l'Australie, du Brésil, du Canada, du Chili, de la Corée du Sud, du Japon, du Kenya, du Mexique, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, de Singapour, de la Suisse et de l'Union européenne.

Le gouvernement canadien de Justin Trudeau avait convié ces pays à deux jours de réflexion afin d'"identifier des moyens concrets pour améliorer l'OMC à court, moyen et long terme", selon une source officielle.

De plus en plus de pays, notamment européens, ainsi que le Canada et les Etats-Unis estiment que l'OMC ne répond pas de manière appropriée aux distorsions commerciales causées en particulier par la Chine, accusée de subventionner massivement son économie.

Le manque de réformes des règles du commerce international nourrit les tensions au risque de saper la croissance de l'économie mondiale et le recul de la pauvreté, ont mis en garde en garde l'OMC, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale dans un rapport conjoint publié le 30 septembre.

Au terme de deux jours de rencontre, les treize pays ont donc reconnu dans une déclaration commune que "les tensions commerciales croissantes (étaient) liées à des changements majeurs dans le contexte commercial mondial", avec en ligne de mire le repli protectionniste des Etats-Unis.

Se disant "déterminés à prendre des mesures rapides et concertées pour relever ces défis sans précédent et rétablir la confiance", les participants de la rencontre d'Ottawa ont identifié trois domaines exigeant "un examen urgent".

"Premièrement, nous insistons sur le fait que le système de règlement des différends est une pierre d'assise de l'OMC", notent-ils alors que les Etats-Unis ont refusé la nomination de nouveaux juges à son Organe de règlement des différends (ORD), ce qui présente "un risque pour le système de l'OMC dans son ensemble".

Si ce blocage persistait, la cour arbitrale pourrait se retrouver paralysée fin 2019.

"Deuxièmement, il faut redynamiser le mécanisme de négociation de l'OMC", indique la déclaration conjointe, estimant que les règles de l'OMC devaient "être mises à jour pour mieux tenir compte des réalités du XXIe siècle" comme le développement durable. Sans nommer la Chine, le texte souligne "la nécessité de remédier aux distorsions du marché attribuables aux subventions et autres instruments".

"Troisièmement, nous devrions renforcer le suivi et la transparence des politiques commerciales des membres de l'OMC", relèvent les treize qui doivent se retrouver en janvier 2019.

Avec AFP

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Les États-Unis s'opposent à la désignation de Ngozi Okonjo Iweala au poste de directrice générale de l'OMC

La ministre des finances du Nigeria, Ngozi Okonjo-Iweala, lors d'un entretien avec Reuters dans son bureau de la capitale Abuja, le 24 août 2012.

L'ancienne ministre des finances du Nigeria, Ngozi Okonjo Iweala, a marqué l'histoire mercredi en devenant la première femme et la première personne originaire d’Afrique à être recommandée pour le poste de directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Il revient désormais aux délégués des pays membres de confirmer officiellement la recommandation du panel de sélection. Une réunion à cet effet devrait avoir lieu "dans les prochains jours", précise la même source.

Mais selon l'agence de presse Bloomberg, le négociateur en chef du commerce de Washington, Robert Lighthizer, soutient plutôt la candidate de la Corée du Sud, la diplomate Yoo Myung-hee.

Économiste de formation, Mme Okonjo Iweala, 66 ans, avait autrefois occupé le poste de numéro 2 à la Banque mondiale. Elle a également siégé aux conseils d’administration de Twitter et de GAVI, l’Alliance mondiale pour les vaccins, après avoir occupé des postes de haute responsabilité au sein du gouvernement fédéral du Nigeria sous les administrations des présidents Olusegun Obasanjo et Goodluck Jonathan.

Le poste de patron de l'OMC est devenu vacant lorsque son tout dernier directeur général, le Brésilien Roberto Azevêdo, a annoncé de manière inattendue qu'il démissionnait à la fin du mois d'août.

Au total, huit candidatures ont été soumises, dont trois issues de pays africains : le diplomate égyptien Abdel-Hamid Mamdouh, la ministre Amina Mohamed du Kenya et Mme Okonjo Iweala. Après plusieurs rounds de vote par les délégués des pays membres, il ne restait plus que deux candidates : Ngozi Okonjo Iweala et la diplomate sud-coréenne Yoo Myung-hee.

En début de semaine, le Financial Times avait rapporté que la candidate nigériane avait obtenu le soutien de l’Union européenne, en plus de celui du bloc africain à l’OMC.

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OMC: l'UE va soutenir la Nigériane Okonjo-Iweala

La candidate pour la présidence de l'OMC Okonjo-Iweala, ancienne ministre des finances du Nigeria et ancienne No.2 à la Banque mondiale. REUTERS/Lucas Jackson/archives

L'Union européenne va soutenir la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala pour le poste de directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ses Etats membres étant finalement arrivés lundi à un consensus sur cette candidature.

Ce soutien, qui donne un élan appréciable à la candidate africaine face à sa rivale sud-coréenne Yoo Myung-hee, sera annoncé à l'OMC mardi matin par l'ambassadeur de l'UE à Genève, a précisé l'une de ces sources.

Ancienne ministre des Affaires étrangères et des Finances du Nigeria, mais aussi ex-numéro deux de la Banque mondiale, Mme Okonjo-Iweala, 66 ans, pourrait devenir la première femme et la première Africaine à diriger l'organisation chargée de libéraliser le commerce mondial.

Les Etats membres ont cependant mis du temps à s'entendre sur son nom, malgré un échange sur le sujet entre les dirigeants de l'UE lors du dernier sommet européen mi-octobre à Bruxelles.

Lundi matin, la Hongrie et la Lettonie refusaient encore de soutenir la Nigériane, avant de se rallier à la majorité dans la soirée, selon les sources européennes.

Tout en acceptant le consensus européen, "sept délégations" ont par ailleurs "demandé que soit enregistrée leur préférence pour l'autre candidate", a précisé une de ces sources.

Ce soutien est "un signal clair à l'égard de l'Afrique et un signe de confiance mutuelle" avec l'UE, a souligné une autre source.

Le troisième cycle de discussions, qui devra départager les deux prétendantes, a débuté le 19 octobre et s'achèvera mardi. Un consensus devra être trouvé pour la date butoir du 7 novembre.

La candidate qui l'emportera succédera au Brésilien Roberto Azevedo, qui a quitté l'OMC fin août, un an plus que tôt que prévu. Ce départ, expliqué par des raisons familiales, est survenu en plein marasme économique mondial, laissant l'institution en crise.

Le prochain chef de l'institution devra affronter la crise économique mais aussi la crise de confiance dans le multilatéralisme et dans le bien-fondé de la libéralisation du commerce mondial, le tout sur fond de guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales, la Chine et les Etats-Unis.

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