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Tigré: l'ONU déplore le "blocus de facto" de l'aide humanitaire

Une femme se tient avec un parapluie à côté de sacs de riz lors d'une distribution de nourriture pour les personnes déplacées à l'intérieur (PDI) de la région d'Amhara, dans la ville de Dessie, en Éthiopie,

La région du Tigré, en proie aux combats depuis dix mois, est confrontée à "un blocus de facto de l'aide humanitaire", qui va encore "aggraver" la crise en cours, a averti jeudi le coordinateur humanitaire de l'ONU en Ethiopie.

Le nord de l'Ethiopie est le théâtre de violents combats depuis novembre, lorsque le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée au Tigré pour destituer les autorités régionales dissidentes, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Cette intervention répondait selon lui à des attaques contre des camps militaires fédéraux orchestrées par le TPLF.

Le prix Nobel de la paix 2019 avait annoncé une victoire rapide mais le conflit s'est enlisé, plongeant la population dans une grave crise humanitaire, avec au moins 400.000 personnes vivant dans des conditions proches de la famine au Tigré, selon l'ONU.

"Les stocks d'aide humanitaire, d'argent et de carburant sont très bas ou complètement épuisés. Les stocks de nourriture étaient déjà épuisés le 20 août", a déclaré le coordinateur humanitaire par intérim de l'ONU pour l'Ethiopie, Grant Leaity, dans un communiqué.

"La région reste sous un blocus de facto de l'aide humanitaire, où l'accès pour acheminer une aide humanitaire vitale continue d'être extrêmement restreint", a-t-il ajouté, indiquant qu'aucun camion n'a pu entrer au Tigré depuis le 22 août.

"Sans la possibilité d'apporter des quantités suffisantes et importantes de fournitures humanitaires, d'argent et de carburant, la situation humanitaire dans le nord de l'Ethiopie va s'aggraver considérablement, en particulier dans la région du Tigré", a-t-il affirmé.

Autorités éthiopiennes et rebelles pro-TPLF s'accusent mutuellement d'entraver l'acheminement de l'aide et d'affamer la population.

Les combats et la crise humanitaire ont gagné ces derniers mois les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara, où 1,7 million de personnes sont désormais confrontées à la faim, a indiqué M. Leaity.

"Les vies de millions de civils (...) dépendent de notre capacité à arriver jusqu'à eux avec nourriture, denrées nutritives, médicaments et autres aides essentielles. Nous devons parvenir jusqu'à eux immédiatement et sans entrave pour éviter la famine et des niveaux importants de mortalité", a-t-il mis en garde.

Le chef de mission de l'agence américaine d'aide internationale (USAID) en Ethiopie, Sean Jones, a affirmé mardi dans une interview à la télévision éthiopienne que "durant les neuf mois de conflit, toutes les parties belligérantes ont volé de l'aide", selon une transcription publiée par l'ambassade américaine à Addis Abeba.

Le porte-parole du TPLF, Getachew Reda, a condamné mercredi sur Twitter les pillages présumés, affirmant ne pouvoir "se porter garant du comportement inacceptable de combattants hors d'atteinte". "Nous avons la preuve que de tels pillages sont principalement orchestrés par des individus et des groupes locaux", a-t-il ajouté.

Grant Leaity a condamné les attaques et meurtres contre les travailleurs humanitaires, après la révélation de la mort de onze employés de l'ONG Relief Society of Tigray (REST) entre janvier en juillet, portant à 23 le nombre d'humanitaires tués depuis le début du conflit.

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La justice confirme la décriminalisation de l'homosexualité au Botswana

Des militants brandissent des drapeaux arc-en-ciel devant la Haute Cour du Botswana à Gaborone le 29 novembre 2021.

La justice du Botswana a maintenu lundi en appel sa décision de décriminaliser l'homosexualité, rejetant un recours déposé par le gouvernement conservateur du pays enclavé d'Afrique australe.

"La demande en appel est rejetée", a déclaré la Haute Cour dans son arrêt dont l'AFP a eu copie.

En 2016, le tribunal de Gaborone, capitale du Botswana, avait ordonné que les lois punissant les relations entre personnes de même sexe soit amendées, les qualifiant de "reliques de l'ère (britannique) victorienne" qui "oppressent une minorité".


Ce jugement, salué comme "historique" au niveau international, était très attendu sur l'ensemble du continent africain où l'homosexualité reste illégale dans plus de la moitié des pays subsahariens.

Mais le gouvernement a fait appel de cette décision en octobre, estimant que cette "question politique" devait être tranchée par le Parlement et non par la justice.

Les citoyens botswanais homosexuels ont longtemps vécu dans "la peur constante d'être découverts ou arrêtés", a déclaré le juge Ian Kirby à la lecture de son arrêt. "Cela a parfois conduit à la dépression, au comportement suicidaire, à l'alcoolisme ou à la toxicomanie", a-t-il regretté.

Le Botswana est un des rares pays africains à avoir dépénalisé l'homosexualité. Les autres sont le Lesotho, le Mozambique, l'Angola et les Seychelles. L'Afrique du Sud est le seul pays africain autorisant le mariage gay, légalisé en 2006.

La justice s'était alors prononcée sur requête d'une personne contestant le code pénal qui réprimait depuis 1965 l'homosexualité avec des peines pouvant aller jusqu'à sept ans de prison.

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