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Tension autour des résultats des municipales en Côte d'Ivoire

Quartier du Plateau, Abidjan, Côte d'Ivoire, le 2 octobre 2016 (VOA/Nicolas Pinault)

Bagarre devant le siège de la Commission électorale indépendante (CEI), tirs de lacrymogènes, cortège de protestation : la tension est montée à Abidjan où les résultats de l'élection municipale au Plateau  n'ont toujours pas été annoncés officiellement mais font l'objet de contestation.

​La CEI a en revanche annoncé dimanche soir une série de résultats dans les grandes villes. A Bouaké, deuxième cité du pays, le maire Nicolas Djibo a été reconduit, sous la bannière du parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). A Yamoussoukro, la capitale politique, le maire Kouacou Gnrangbe Kouadio Jean (Parti démocratique de Côte d'Ivoire -PDCI) a été réélu.

A San Pedro, deuxième port ivoirien, le secrétaire d'Etat chargé des PME Félix Anoble a été déclaré vainqueur par la CEI. Ancien du PDCI, il a rejoint le RHDP. A Cocody, une des communes d'Abidjan, c'est le candidat PDCI Jean-Marc Yassé qui l'a emporté. Enfin à Korhogo, la grande ville du Nord ivoirien, le RHDP Lazani Coulibaly a largement gagné.

​Le Plateau, quartier des affaires d'Abidjan et commune la plus riche du pays, cristallisait une bonne partie des tensions, d'autres incidents ayant eu lieu dans le pays.

Ce scrutin oppose le RHDP Fabrice Sawegnon, spécialiste de la communication qui a orchestré les campagnes de plusieurs chefs d'Etat africains, au discret mais bien implanté Jacques Ehouo, du PDCI. Longtemps allié au RHDP, le PDCI a claqué la porte de la coalition gouvernementale il y a deux mois. Les deux hommes revendiquent la victoire au Plateau.

Selon des pointages partiels effectués samedi soir par l'AFP ainsi que par des observateurs indépendants, Jacques Ehouo semblait en tête. Mais samedi soir, la CEI du Plateau n'a pas procédé à la compilation des voix en raison de l’absence mystérieuse de ses deux présidents.

Après une nuit de tension entre les partisans des deux camps, les urnes ont été transférées dimanche à la CEI départementale au nord-est d'Abidjan pour tenter de débloquer la situation. Les forces de l'ordre y ont dispersé les manifestants à coups de gaz lacrymogène.

En début d'après-midi, lors de la compilation, la CEI, sans proclamer de résultats, a semblé donner la victoire à M. Sawegnon, malgré les protestations des représentants de M. Ehouo et sous les regards circonspects d'observateurs de l'Union européenne.

Le litige porte sur le fait que M. Ehouo est en tête dans pratiquement tous les bureaux, où le taux de participation avoisinait les 20%, alors que M. Sawegnon ne remporte qu'un seul lieu de vote, celui de la Chambre de commerce, où le taux de participation avoisine les 90%.

Le numéro deux du PDCI, Maurice Kakou Guikahué, a déploré lors d'une conférence de presse "un braquage éhonté" des résultats des municipales et régionales qui selon lui, se profile à l'horizon. Le PDCI tient pour "seuls responsables la CEI et le gouvernement de tout débordement qu’engendrerait cette situation", a-t-il averti.

- Test avant la présidentielle -

Joint par l'AFP dimanche matin, M. Sawegnon a catégoriquement réfuté les allégations de fraude.

"On a identifié des bureaux où il y a eu des irrégularités, et là il y a eu refus de signer" les PV, a-t-il expliqué. "On est légalistes, on attend les arbitrages de la CEI", a-t-il assuré, niant également toute manœuvre d'intimidation de la part de ses partisans.

Par ailleurs, des incidents ont eu lieu dans plusieurs autres endroits du pays.

La CEI de Diabo (20 km à l'ouest de Bouaké, centre) a été pillée et saccagée dimanche par des jeunes qui contestaient les résultats du scrutin de cette petite commune, a constaté un journaliste de l'AFP qui a vu des urnes cassées, des ordinateurs détruits et des vitres brisées. Dans cette localité, c'est un élu du PDCI qui a été déclaré vainqueur aux dépens d'un indépendant.

A Tiebissou (40 km au nord de Yamoussoukro, centre), des jeunes ont dressé des barrages sur la route pour protester contre la victoire du RHDP sur un indépendant.

Les élections municipales et régionales constituaient un test avant le scrutin présidentiel de 2020, déjà dans toutes les têtes.

Avec AFP

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Un chef coutumier et 4 civils tués dans deux attaques à Beni

Soldats des FARDC à Paida, près de Beni, dans la province du Nord-Kivu en RDC, le 7 décembre 2018.

Un chef traditionnel et quatre civils ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques dans le territoire de Beni, théâtre de violences permanentes dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris des sources militaire et administrative.

"Nous avons repoussé la nuit une attaque des ADF (Allied Democratic Forces, rebelles musulmans ougandais) à Magboko près d'Oicha. Les combats se sont poursuivis jusqu'à la fuite de l'ennemi que nous poursuivons. Malheureusement, deux civils ont été exécutés", a déclaré à l'AFP le major Mak Hazukay, porte-parole de l'armée dans le Nord-Kivu (est).

A Eringeti, situé à 30 km de cette première localité attaquée et à 60 km au nord de la ville de Beni, un chef coutumier a été tué avec deux autres civils dont une femme", a indiqué Donat Kibwana, administrateur du territoire de Beni.

"Si à Magboko, l'incursion des ADF ayant fait deux morts a débuté vers 23 heures, pour le cas d'Eringeti, les enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs de cet acte", a précis M. Kibwana.

"Les victimes de Magboko ont été tuées à la machette alors que celles d'Eringeti ont été tuées par balles tirées par des éléments en uniformes non encore identifiés", a souligné Teddy Kataliko, l'un des responsables de la société civile du territoire de Beni.

"C'est inconcevable qu'un chef du village soit abattu dans un milieu où l'armée est déployée", a-t-il ajouté.

Miliciens musulmans ougandais présents dans l'est de la RDC depuis 1995, les ADF sont accusés par le gouvernement congolais et la mission de l'ONU, la Monusco, d'être responsables des massacres des civils dans la région de Beni, ayant fait plus de mille morts depuis octobre 2014.

Cette appréciation est remise en cause par un rapport du Groupe d'étude sur le Congo (GEC) de l'Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces tueries, mais au côté d'autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l'armée régulière.

Le village de Mukoko déserté à Beni après les massacres (vidéo)
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Dans l'est congolais, plusieurs dizaines de groupes armés locaux et étrangers sont actifs depuis plus de deux décennies.

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