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Droits humains

Une dizaine d'opposants tchadiens incarcérés pour avoir manifesté

Une manifestation dans la capitale du Tchad a conduit à plusieurs arrestations, le 6 février 2021.

Une dizaine d'opposants au président tchadien Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 30 ans, ont été incarcérés lundi et seront jugés pour avoir bravé une interdiction de manifester le jour de l'annonce de la candidature du chef de l'Etat à un sixième mandat, a annoncé un ministre.

Samedi, alors que le parti de M. Déby, qui dirige à 68 ans d'une main de fer son pays depuis un coup d'Etat en 1990, l'investissait candidat à la présidentielle du 11 avril prochain, des opposants ont manifesté à N'Djamena pour réclamer "une alternance au pouvoir" et davantage "de justice sociale".

Mais les rassemblements, à l'appel de partis de l'opposition qui entendaient manifester "pacifiquement", avaient été interdits et la police a réprimé et dispersé manu militari tout début de défilé samedi. Plusieurs personnes avaient été arrêtées, dont une figure de la société civile, Mahamat Nour Ahmed Ibedou, secrétaire général de Convention Tchadienne de Défense des Droits Humains (CTDDH), et farouche critique du régime.

Entretien avec l'opposant tchadien Succès Masra depuis l'ambassade des USA où il a trouvé refuge
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"Une dizaine d'entre eux ont été mis sous mandat de dépôt pour trouble à l'ordre public parce qu'ils ont transgressé un arrêté interdisant ces manifestations", a déclaré lundi soir à l'AFP le ministre de la Justice, Djimet Arabi.

Ils sont 14, dont M. Ibedou, "poursuivis pour trouble à l'ordre public, coups et blessures volontaires et destruction de biens" et incarcérés à la maison d'arrêt de N'Djamena, a assuré le porte-parole du collectif d'avocats qui les défendent, Alain Kagonbe.

M. Arabi a affirmé que les prévenus allaient être jugés "en audience de flagrant délit" dans la semaine.

Par ailleurs, Succès Masra, leader du parti Les Transformateurs et l'un des opposants les plus virulents au régime de M. Déby, ainsi que 10 de ses partisans, s'étaient réfugiés samedi sur le parvis de l'ambassade des Etats-Unis pour échapper à des policiers. Cinq d'entre eux, dont M. Masra, se trouvaient encore, lundi soir, "dans le périmètre de sécurité" de la représentation américaine mais ils n'ont pas "formellement demandé l'asile politique", a indiqué à l'AFP une représentante de l'ambassade.

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Les funérailles de l'Africain-Américain Tyre Nichols ont lieu dans la ville de Memphis en présence de la vice-présidente Kamala Harris. Le passage à tabac mortel du jeune homme de 29 ans par des policiers appartenant à la même communauté a choqué les Etats-Unis.

Une défenseure des droits humains dans le viseur des autorités maliennes

Les colonels qui ont pris en 2020 par la force la tête du Mali se sont détournés de la France et ses partenaires, et tournés vers la Russie.

Une défenseure des droits humains au Mali est violemment dénigrée par les partisans de la junte après avoir dénoncé à l'ONU la situation sécuritaire du pays et l'implication, selon elle, des nouveaux alliés russes de l'armée nationale dans de graves violations.

Aminata Cheick Dicko a souligné vendredi dans une intervention filmée devant le Conseil de sécurité les exactions commises par les "terroristes", mais aussi l'implication des "partenaires militaires russes" de l'armée malienne dans "la commission (de) violations graves des droits de l'Homme et du droit international humanitaire".

Vers une fusion des groupes armés anti-jihadistes au Mali ?
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Mme Dicko est vice-présidente de l’observatoire Kisal, organisation qui documente les atteintes aux droits humains dans le centre du Mali et apporte son soutien aux victimes. Elle avait été invitée à s'exprimer par la présidence du Conseil de sécurité, assurée par le Japon, lors d'une réunion sur l'avenir de la mission de paix de l'ONU au Mali, a indiqué la Minusma.

Les colonels qui ont pris en 2020 par la force la tête de ce pays en proie au jihadisme se sont détournés de la France et ses partenaires, et tournés vers la Russie. Ils ont fait appel au groupe de sécurité privé russe Wagner, régulièrement accusé d'exactions, disent les Occidentaux et un certain nombre d'organisations. La junte dément et parle de coopération militaire d'Etat à Etat avec la Russie.

Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, présent à New York, a immédiatement réagi à l'intervention de Mme Dicko, une "déléguée", que "nous ne connaissons pas". Il a mis en doute sa "crédibilité et (sa) représentativité". "L’instrumentalisation de la société civile pour des agendas cachés ne sert pas la cause de la société civile", a-t-il affirmé.

Depuis, les organisations favorables à la junte ont attaqué Mme Dicko qui fait l'objet d'insultes et de menaces sur les réseaux sociaux, certaines la qualifiant de "traitre" instrumentalisée par l'Occident. D'autres internautes défendent en revanche "son courage".

Le Collectif pour la défense des militaires (CDM), réputé proche de la junte, a porté plainte contre elle. Aminata Cheick Dicko "usurpe le titre honorifique de la société civile malienne pour s'attaquer à notre vaillante armée et aux autorités", dit-il dans un communiqué.

Le Conseil national de la société civile du Mali s'est désolidarisé des propos de Mme Dicko et affirmé "que ses propos n'engagent que sa personne et son association".

Les campagnes à l'encontre de ceux qui émettent des critiques contre la junte – militants des droits humains comme journalistes – pouvant mener à leur détention sont fréquentes au Mali depuis l'arrivée au pouvoir des militaires, selon les organisations de défense des droits humains.

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