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Tchad

Reprise du procès pour trafic de drogue impliquant des officiers tchadiens

Les locaux du Palais de justice de N'Djamena, Tchad, le 4 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le procès de onze Tchadiens, dont quatre hauts responsables de l'armée et des services de renseignement, jugés pour leur participation à un trafic de drogue vers la Libye a repris vendredi matin, a indiqué à l'AFP le parquet de N'Djamena. 

"Le procès s'est ouvert ce vendredi. Les personnes accusées sont présentement à l'audience", a déclaré le premier substitut du procureur de la République, Gérard Nedeou.

En janvier, 246 cartons de Tramadol - un puissant antidouleur également utilisé comme drogue dans plusieurs pays africains - avaient été découverts dans un véhicule en partance vers la Libye et plusieurs personnes arrêtées, selon une source judiciaire interrogé par l'AFP.

La valeur du chargement était évaluée à environ 12,3 milliards de francs CFA (18,8 millions d'euros), selon cette source.

Une forte présence de forces de l'ordre était visible vendredi devant le palais de justice de N'Djamena où il n'était pas possible d'accéder à la salle d'audience sans avoir une convocation, a constaté un journaliste de l'AFP.

Il s'agit d'une affaire sensible, puisque trois officiers de l'armée tchadienne - un général et deux colonels - ainsi qu'un responsable de l'Agence nationale de Sécurité (ANS, services de renseignement) figurent parmi les accusés.

Le général de l'armée tchadienne, Tougout Abassolo, est accusé notamment de "trafic de drogue" et de "blanchiment d'argent". Les deux colonels et le responsable de l'ANS sont accusés d'"association et tentative de trafic de drogue", selon le parquet. Des chefs d'accusation passibles jusqu'à 10 ans d'emprisonnement, selon la loi tchadienne.

Une première audience s'était ouverte fin juin, mais le procès avait ensuite été ajourné, car "le président du tribunal était malade", a indiqué à l'AFP le ministre de la Justice, Djimet Arabi. "Le procès s'est ouvert vendredi et va se poursuivre", a-t-il précisé.

Le Tchad partage au nord de son territoire une frontière avec la Libye longue de 1.000 kilomètres. La région est une zone de non-droit, où opèrent des bandes criminelles, orpailleurs illégaux et rebelles. Une grande partie échappe au contrôle des forces de sécurité.

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Une vingtaine de morts dans des combats entre éleveurs et cultivateurs tchadiens

Un agriculteur marche parmi son troupeau de bétail sur la route entre Adre et Farchana, dans la région de Ouaddaï, au Tchad, le 25 mars 2019.

Vingt-sept personnes ont été tuées dimanche dans des violences entre éleveurs nomades et cultivateurs sédentaires dans l'est du Tchad, pays où ces affrontements liés à la possession et l'utilisation des terres sont fréquents, a annoncé mardi le ministre de la Justice.

"Des autorités traditionnelles ont vendu en 2017 des espaces" à des éleveurs nomades arabes "qui veulent s'installer dans la localité mais les cultivateurs autochtones, des Ouaddaïens, contestent cette vente" et des combats "ont fait 27 morts dimanche", a expliqué Mahamat Ahmat Alhabo par téléphone à l'AFP.

"Les conflits fonciers continuent à tuer. Pour des lopins de terre, les Tchadiens s'entretuent", a également posté le ministre sur sa page Facebook.

Ces affrontements entre les deux communautés ont eu lieu dans les villages de Kidji-Mina et Tiyo. Ces localités sont situées dans une zone aride de la bande sahélienne, à une quarantaine de km d'Abéché, la deuxième ville du pays, chef-lieu de la région du Ouaddaï, et elle-même située à quelque 700 km au nord-est de la capitale N'Djamena.

"Il se disputent une superficie de 25 km2", ajoute le ministre, qui se trouve à Abéché à la tête d'une délégation gouvernementale pour "calmer la situation".

M. Alhabo n'a pas précisé comment ont éclaté les combats. "Nous avons écouté les différentes parties mais on n'a pas encore trouvé de solutions", a-t-il expliqué à l'AFP.

Les violences entre ces communautés nomades et sédentaires sont fréquentes dans le centre et le Sud du Tchad, où nombre d'habitants sont armés. Ils opposent principalement éleveurs nomades arabes aux cultivateurs autochtones sédentaires qui accusent les premiers notamment de saccager leurs champs en faisant paître leurs animaux.

Les nomades, eux, venant des zones arides sahéliennes, veulent de plus en plus se sédentariser sur des terres propices à l'élevage de leurs dromadaires et moutons notamment.

Début août, 22 personnes avaient péri déjà dans des combats pour des raisons similaires à 200 km à l'est de N'Djamena. Et 35 autres dans le sud, plus fertile, en février.

Un pas de plus vers l'indemnisation des victimes d’Hissène Habré

Mahamat Ahmat Alhabo, ministre tchadien de la justice remettant les clés du batiment devant abriter le secrétariat du fonds fiduciaire l'émissaire de l'UA, le 20 septembre 2021. (VOA/André Kodmadjingar)

Une mission diligentée par l'Union africaine ravive l'espoir parmi les victimes.

L'Union africaine a récemment envoyé une délégation au Tchad, où les victimes du régime de l'ancien président Hissène Habré perdent l'espoir d'être indemnisées.

L'ancien président tchadien Hissène Habré est mort le 24 août au Sénégal, où il purgeait une peine de prison à perpétuité après avoir été déclaré coupable en 2016 de crimes contre l'humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement.

La délégation dépêché à N’Djamena était conduite par Tordeta Radibaye, président du conseil d’administration du Fonds d’indemnisation des victimes.

"Malgré les frustrations des victimes que nous avions longuement évoquées, nous venons aujourd‘hui de jeter la base de ce qui servira d’élément concret dans le processus d’indemnisation des victimes et donc nous concluons notre séjour d’une note très positive", a déclaré l’émissaire de l’UA.

Pour le ministre tchadien de la justice, Mahamat Ahmat Alhabo, quand on met en place un fonds fiduciaire, ça ne veut pas dire que l’argent est là dans une armoire où il faut venir se servir. Au contraire, ajoute-t-il, il faut aller chercher de l'argent et c’est maintenant que travail difficile va commencer.

"Il y a des résolutions adoptées par les chambres extraordinaires africaines qu’il faut également mettre en place pour alimenter ce fonds", précise le ministre. "Je ne voudrais pas décourager les victimes, mais on va se battre pour que même si ce n’est elles, au moins que les ayant-droit soient indemnisés et le plus tôt possible", a rassuré le ministre Alhabo.

Le chef de mission, Tordibaye Radibaye, a déclaré qu'il faut aussi inclure certaines victimes dont les noms ne figurent pas parmi les bénéficiaires.

Une autre question à résoudre est celle de la restitution qui a été ordonnée aux ex-agents de la Direction de la documentation et de la sécurité, police politique d’Hissène Habré, condamnés en 2015 par la Cour criminelle spéciale de N’Djamena. Le gouvernement, par la voix du ministre, propose de fusionner cette affaire avec celle de l'ancien président.

Il n’est pas question de cumuler les deux dossiers, estime au micro de VOA Afrique le président de l’Association des victimes de crimes et répression sous le règne d’Hissène Habré, Clément Dokot Abaïfouta.

Pour lui, le dossier de N’Djamena ne peut pas se fusionner avec celui de Dakar.

"Le gouvernement dans sa démarche de fusionner les deux dossiers, c’est comme demander au ciel de se rencontrer avec la terre et donc nous ne l’accepterons pas", a tranché Clément Dokot Abaïfouta.

Victimes de Hissène Habré: une délégation de l'UA à N'Djamena

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