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Ce que l'on sait sur les négociations d'Astana sur la Syrie


Une vue générale de la ville d'Alep, en Syrie, le 13 décembre 2016.

Les principaux acteurs du conflit syrien achèvent vendredi un sixième round de négociations de paix dans la capitale du Kazakhstan, visant à mettre fin aux six ans de guerre en Syrie. Voici un aperçu des participants réunis et de ses conséquences.

- Qui négocie? -

Les pourparlers dont le premier round s'est déroulé en janvier sont parrainés par la Russie et l'Iran, alliés de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles.

Accueillies par un allié de la Russie en Asie centrale, ces négociations sont considérées comme une tentative du Kremlin de pacifier la Syrie après l'intervention militaire russe lancée en septembre 2015.

Cette opération a changé la donne et a aidé le président Bachar al-Assad à reprendre le contrôle total d'Alep, deuxième ville et capitale économique du pays, en décembre 2016.

Le processus d'Astana a permis de réunir des représentants du gouvernement syrien et ceux de l'opposition, notamment des rebelles armés qui avaient refusé précédemment de participer à toutes négociations avec Damas.

Alors que les Nations unies sont de plus en plus impliquées dans le processus de paix d'Astana, la participation des Etats-Unis est réduite à une mission d'observation. Alliée de Washington, la Jordanie y envoie également ses observateurs.

Si les premiers rounds de négociations à Astana se sont terminés sans résultat tangible, les dernières réunions ont abouti à des avancées.

La Russie, l'Iran et la Turquie se sont mis d'accord en mai pour la mise en place de quatre zones de désescalade en Syrie dans les régions d'Idleb (nord-ouest), de Homs (centre), dans la Ghouta orientale, près de Damas, ainsi que dans le sud du pays, mais leurs contours doivent être encore définis.

Trois de ces zones, censées permettre l'instauration d'un cessez-le-feu durable en Syrie, ont déjà été mises en place dans le sud-ouest du pays, dans la Ghouta orientale et dans certaines parties de la région de Homs, et la Russie y a déployé sa police militaire.

La quatrième zone de désescalade doit être encore créée dans la région d'Idleb, la seule région syrienne détenue entièrement par des jihadistes et des rebelles qui en ont pris le contrôle en 2015.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui recense quotidiennement les décès du conflit syrien et les bombardements, l'impact de la création de ces zones de désescalade est important.

"Depuis la mise en place d'un accord sur les zones de désescalade en Syrie, le bilan de morts a baissé de manière significative et les bombardements ont presque cessé" dans les zones concernées, assure à l'AFP le chef de l'OSDH, Abdel Rahman.

Mais Moscou et Damas "ont profité de ces zones de désescalade pour changer l'équilibre des forces sur le terrain et ont doublé par rapport à mai le territoire qu'ils contrôlent", souligne-t-il.

Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et du Front Fateh al-Cham (ancien Front al-Nosra, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) sont exclus de la trêve. La pause instaurées dans les combats contre les rebelles modérés a donc permis au régime de Damas, soutenu par l'aviation russe, de concentrer ses efforts sur la lutte antiterroriste.

Ainsi, en septembre, les forces de Bachar al-Assad ont remporté leur plus grande victoire contre l'EI, en brisant le siège imposé par les jihadistes depuis près de trois ans à Deir Ezzor (est).

Les négociations d'Astana ont contribué à l'apaisement des violences en Syrie plus que tout autre effort diplomatique.

Mais alors que ces négociations se concentrent essentiellement sur les combats sur le terrain, elles n'ont pas abordé les principaux obstacles politiques empêchant l'instauration définitive de la paix en Syrie, notamment le sort du président Bachar al-Assad.

Ces derniers font l'objet de discussions parallèles parrainées par les Nations unies, dont le septième round s'est terminé à Genève en juillet sans que les délégations du gouvernement syrien et de l'opposition parviennent à rapprocher leurs positions sur la transition politique.

Avec AFP

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