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Soro: "Ma candidature est ferme, irréductible et irrévocable"


L'ex-président de l'Assemblée nationale Guillaume Soro, le 15 février 2019.

L'ex-chef rebelle et ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro, dont la candidature à la présidentielle a été rejetée par le Conseil constitutionnel, a affirmé jeudi qu'il se maintenait dans la course de manière "irrévocable", et appelé l'opposition à s'unir pour des "élections transparentes".

"Ma candidature est ferme, irréductible et irrévocable", a déclaré l'ancien président de l'Assemblée nationale ivoirienne lors d'une conférence de presse à Paris, en assurant que "la Côte d'Ivoire est au bord du gouffre" depuis la décision du président sortant Alassane Ouattara de se présenter à un troisième mandat.

Elu en 2010, réélu en 2015, M. Ouattara avait annoncé en mars sa décision de renoncer à briguer un troisième mandat à la présidentielle du 31 octobre. Avant de changer d'avis en août, après le décès soudain d'un infarctus de son dauphin désigné le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

L'opposition ivoirienne ne décolère pas contre le Conseil constitutionnel, qui dans une décision lundi soir a validé la candidature de M. Ouattara et rejeté celles de ses rivaux l'ancien président Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, qui vit en exil et réside en France.

La candidature de M. Soro a été jugée irrecevable en raison d'une condamnation par la justice ivoirienne à 20 ans de prison pour "recel de détournement de deniers publics".

Jeudi, depuis Paris, Guillaume Soro a appelé l'opposition ivoirienne, dont les ex-présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, à s'unir et à "saisir la Cédéao en vue d'obtenir des élections transparentes".

"Maintenir l'élection du 31 n'a aucun sens, y participer serait cautionner le coup d'Etat institutionnel d'Alassane Ouattara", a-t-il martelé.

"Il ne peut pas y avoir d'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. Le scrutin (du 31) n'aura pas lieu", a affirmé M. Soro. Pressé de questions pour savoir ce qu'il entendait, il s'est refusé à faire de la "politique fiction", se bornant à dire que l'opposition devait s'"unir pour stopper Ouattara dans sa folle aventure".

"Je n'irai pas aux élections tant que Ouattara est candidat, ce serait valider la forfaiture", a encore déclaré Guillaume Soro.

"Je rentrerai en Côte d'Ivoire", a en outre ajouté M. Soro, sans fournir de calendrier.

Mardi, la Cour africaine des Droits de l'homme et des peuples, juridiction avec laquelle Abidjan a pris ses distances, a demandé à la Côte d'Ivoire de permettre à Guillaume Soro de se présenter à la présidentielle.

La crainte de violences meurtrières à l'approche du scrutin du 31 octobre est forte en Côte d'Ivoire, dix ans après la crise née de la présidentielle de 2010, qui avait fait 3.000 morts après le refus du président Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Ouattara.

L'annonce de la candidature de M. Ouattara avait provoqué des affrontements, notamment communautaires, qui avaient fait une quinzaine de morts en août.

Des échauffourées ont eu lieu mardi dans plusieurs localités.

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