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L'armée kényane libère une institutrice retenue par les Shebab en Somalie

Des militaires kényans à Mandera, le 7 juillet 2015. (AP)

Judy Mutua, une institutrice enlevée lundi au Kenya et retenue en Somalie par les Shebab, a été libérée saine et sauve vendredi, a annoncé l'armée kényane.

L'armée kényane a annoncé, vendredi 16 octobre, avoir libéré, dans une action conjointe avec les troupes gouvernentales somaliennes, une institutrice enlevée quelques jours plus tôt par les Shebab.

Judy Mutua, de nationalité kényane, avait été enlevée lundi à Dadaab, le plus grand camp de réfugiés au monde, dans le nord-est du Kenya. Les islamistes somaliens affiliés à Al-Qaïda l'avaient ensuite emmenée à environ 15 kilomètres à l'intérieur du territoire somalien.

Un des kidnappeurs a été tué et l'autre arrêté pendant l'opération qui a été "bien coordonnée", selon un porte-parole de l'armée kényane, David Obonyo.

Saine et sauve, l'institutrice "reçoit actuellement des soins dans un endroit sécurisé et sera emmenée en avion à Nairobi par l'armée de l'air kényane", a-t-il ajouté dans un communiqué.

Les Shebab perdent du terrain en Somalie

Le nord-est et l'est du Kenya, qui longent la Somalie sur quelque 700 km, sont devenues des cibles privilégiées des Shebab, qui ont perdu du terrain en Somalie face à l'Amisom, la Force de l'Union africaine à laquelle le Kenya fournit des troupes depuis octobre 2011.

Les islamistes somaliens ont attaqué en avril l'université de Garissa (est du Kenya), faisant 148 morts dont 142 étudiants, pour la plupart massacrés de sang-froid. Ils ont également donné l'assaut en septembre 2013 au centre commercial Westgate de Nairobi, tuant au moins 67 personnes.

Le camp de réfugiés de Dadaab, qui s'étend en fait sur cinq camps, accueille actuellement 350 000 personnes, en majorité des Somaliens. Depuis plus de 20 ans, des Somaliens de plusieurs générations y ont trouvé refuge alors qu'ils fuyaient leur pays en proie aux conflits.

Avec AFP

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Soudan : grève générale en préparation après l'impasse politique

La police dispersent des manifestants à coup de gaz lacrymogène à Khartoum, Soudan, 24 février 2019.

Les chefs de la contestation au Soudan ont annoncé mardi leur intention d'organiser à une date indéterminée une "grève générale", après l'impasse dans les négociations avec les militaires au pouvoir sur la transition politique.

Les discussions lundi soir n'ont pas abouti à un accord sur la présidence et le taux de représentation, entre civils et militaires, au sein du futur Conseil souverain censé assurer la transition, plus d'un mois après le renversement du chef de l'Etat Omar el-Béchir.

"Afin de parvenir pleinement à la victoire, nous appelons à une grande participation à une grève politique générale", a annoncé l'Association des professionnels soudanais (SPA) dans un communiqué, sans fixer de date pour cette grève.

Acteur clé de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance du mouvement de protestation déclenché en décembre 2018, la SPA a qualifié cette grève de "devoir révolutionnaire", appelant les manifestants à "la désobéissance civile".

Depuis le 6 avril, des milliers de Soudanais participent à un sit-in devant le QG de l'armée pour réclamer le transfert du pouvoir aux civils. La poursuite de ce mouvement est "une garantie fondamentale pour réaliser les objectifs de la révolution", a ajouté la SPA.

L'organisation, qui réunit des associations de professionnels, a publié des photos d'employés de la Sudanese French Bank brandissant un hashtag en arabe "grève générale".

Madani Abbas, un responsable de l'ALC, a indiqué que les dates des mouvements de grève et de désobéissance civile seraient "annoncées plus tard".

Il a ajouté que l'ALC se réunirait mardi "pour discuter des développements après la réunion avec le Conseil militaire".

Malgré les désaccords, les deux camps ont annoncé dans un communiqué commun après les dernières discussions qu'ils souhaitaient poursuivre le dialogue pour parvenir "à un accord répondant aux aspirations du peuple soudanais".

A la tête d'un régime autoritaire pendant près de 30 ans, M. Béchir a été destitué et arrêté par l'armée le 11 avril sous la pression du mouvement de contestation inédit.

Les étudiants dans la rue au lendemain d'un discours du patron de l'armée

La police algérienne monte la garde lors d'une manifestation à Alger, la capitale, le 4 mars 2019, contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika, en difficulté, à un cinquième mandat.

Quelque 2.000 étudiants et enseignants manifestent mardi à Alger pour réaffirmer leur rejet de la présidentielle prévue le 4 juillet, au lendemain des vetos opposés à la contestation par l'armée, désormais au centre du jeu politique, a constaté un journaliste de l'AFP.

Face à un fort déploiement policier les empêchant de se rassembler sur le parvis de la Grande Poste, point de ralliement de la contestation dans le centre de la capitale, et de se diriger vers l'Assemblée nationale et le tribunal, étapes prévues du cortège, les étudiants se sont rendus devant le Palais du gouvernement, siège des services du Premier ministre et du ministère de l'Intérieur.

Devant le bâtiment, bouclé par les forces de l'ordre, de brèves échauffourées ont éclaté avec les policiers qui ont fait usage de matraques et de gaz lacrymogène pour repousser les étudiants. Ceux-ci ont fini par faire demi-tour et continuent en début d'après-midi à marcher dans les rues du centre d'Alger, selon le journaliste de l'AFP.

"Pas d'élections, bande de mafieux", "un Etat civil, pas un Etat militaire", scandent-ils notamment. Plusieurs slogans visent directement le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, tels que "Gaïd Salah dégage !" et "Peuple et armée sont frères, mais Gaïd Salah avec les traîtres".

Devenu de facto l'homme fort du pays depuis la démission le 2 avril, après 20 ans à la tête de l'Etat, du président Abdelaziz Bouteflika, sous les pressions de la rue et de l'armée, le général Gaïd Salah a à nouveau opposé lundi, dans un discours, une fin de non-recevoir aux deux principales revendications du mouvement dont l'Algérie est le théâtre depuis le 22 février.

Il a ainsi demandé le maintien de la présidentielle prévue le 4 juillet pour élire un successeur à M. Bouteflika et estimé "irraisonnable" et "dangereux" la revendication d'un départ préalable des personnalités du "système" au pouvoir.

Selon plusieurs médias algériens, des étudiants manifestent également dans plusieurs villes universitaires, à Oran et Constantine, 2e et 3e villes du pays, mais aussi à Béjaia, Tizi Ouzou, Bouira, dans la région de Kabylie (nord) ou encore Sétif (nord-est), Sidi Bel Abbès, Mostaganem et Tlemcen (nord-ouest).

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