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Situation humanitaire "désastreuse" à Alindao en Centrafrique


Des combattants anti-Balaka patrouillent dans la paroisse de Gambo, Centrafrique,16 août 2017

La situation humanitaire à Alindao, ville charnière du sud-est de la Centrafrique, est "désastreuse" à cause de la présence de groupes armés en ville, a estimé lundi le bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

A cause des combats en ville et autour, "plus de 37 000 personnes sont réparties dans 5 sites" de déplacés, a indiqué Ocha dans un communiqué.

La présence d'hommes armés au sein de certains de ces sites de déplacés, "notamment celui de l'évêché", compromet l'assistance humanitaire.

"La ville d'Alindao est sous le contrôle de groupes armés, réduisant à néant le rôle des autorités locales (sous-préfet et Maire)", a précisé Ocha, qui souligne que la ville n'est accessible que par avion et par la route vers Bambari.

"Les rations actuelles (de l'assistance alimentaire) ne couvrent que 15 jours par mois", a souligné Ocha.

"Aujourd'hui, plus aucun élève n'est scolarisé dans le secondaire et les examens de fin d'année n'y ont plus eu lieu depuis deux ans", a encore relevé l'organisation onusienne, pour qui "seuls 5 800 enfants seraient inscrits à l'école primaire grâce à l'appui des humanitaires, alors qu'ils étaient 35.000 en 2016".

Alindao est une ville charnière du sud-est de la Centrafrique, sur la seule route qui mène à Bangassou et Obo.

Longtemps la principale base du groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC, l'un des principaux groupes armés de l'ex-coalition Séléka, dirigé par Ali Darassa), la ville a été théâtre de combats entre groupes armés ces derniers mois.

Un humanitaire y a été tué début août, et deux Casques bleus ont perdu la vie depuis six mois dans la zone.

"L'accès aux autres localités et axes routiers autour de la ville est très difficile" en raison "d'affrontements fréquents entre groupes armés rivaux", a corroboré lundi l'ONU.

Depuis 2013, la quasi-totalité de la Centrafrique vit sous la coupe de groupes armés et de milices qui commettent d'innombrables violences et exactions.

La chute cette année-là du président François Bozizé, renversé par l'ex-rébellion de la Séléka qui se proclamait protectrice des musulmans, avait entraîné une contre-offensive des milices antibalaka, prétendant défendre les non-musulmans.

Groupes armés issus de la Séléka et milices s'affrontent aujourd'hui pour le contrôle des ressources dans ce pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus pauvres au monde, mais riche en diamants, or et uranium.

Avec AFP

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