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Sierra Leone: Allégations de corruption contre des proches du président Bio

Le président de la Sierra Leone, Julius Maada Bio, lors d'un événement au cours duquel il a déclaré l'urgence nationale sur le viol et la violence sexuelle, à Freetown, en Sierra Leone, le 7 février 2019.

L'image de "M. Propre" anticorruption du président sierra-léonais Julius Maada Bio a été ternie ces dernières semaines par des accusations de dépenses illégales visant son épouse et son ministre le plus influent, s'élevant à plus de trois millions d'euros.

Le scandale est particulièrement embarrassant pour M. Bio, 56 ans, à l'origine d'une enquête pour corruption visant son prédécesseur, Ernest Bai Koroma, qui a dirigé ce pays d'Afrique de l'Ouest de 2007 à 2018.

En janvier, un site d'informations africaines basé aux Etats-Unis, Africanist Press, a rapporté que son épouse, Fatima Bio, avait dépensé l'équivalent de 2,5 millions d'euros pour une campagne de lutte contre les violences sexuelles et le viol.

Or, souligne l'analyste politique et responsable de l'ONG Campagne pour une bonne gouvernance, la législation sierra-léonaise interdit à l'épouse du président d'utiliser des fonds publics.

Quelques semaines plus tard, le même site a affirmé que le "superministre" David John Francis, un des personnages les plus puissants du pays, avait engagé pour un million de dollars (830.000 euros) de dépenses mal ou non justifiées.

Malgré un sol regorgeant de diamant, la Sierra Leone (7,5 millions d'habitants) est un des pays les plus pauvres de la planète.

L'économie, gangrénée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts. Elle a subi les chocs de l'épidémie d'Ebola en 2014-2016, de la chute des cours mondiaux des matières premières, et depuis 2020 du coronavirus.

L'ancienne colonie britannique était classée 117e sur 180 dans l'indice de perception de la corruption de Transparency International publié en 2020, en progrès constant depuis sa 130e place en 2017.

Plusieurs anciens responsables de l'administration Koroma ont été arrêtés dans le cadre de la lutte contre la corruption et le gaspillage des fonds publics engagée par M. Bio, qui a promis de récupérer des dizaines de millions de dollars volatilisés, selon une commission d'enquête.

Ernest Bai Koroma, 67 ans, a lui-même été interrogé en novembre en un lieu tenu secret après que son audition eut été annulée à deux reprises pour des raisons de sécurité. Il est désormais interdit de sortie du territoire.

"Ouvert les vannes"

Du côté du pouvoir, le gouvernement a suspendu le ministre du Travail, Alpha Timbo, et trois autres responsables en raison de soupçons de corruption liés à une donation chinoise de riz.

Mais en février, l'Agence de lutte contre la corruption a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les services mis à la disposition des Premières dames ces dernières années, à savoir son épouse et celle de son prédécesseur.

Selon le site Africanist Press, Fatima Bio a utilisé de l'argent public pour payer des billets d'avion, des chambres d'hôtel et du mobilier de bureau.

L'épouse du président a reconnu avoir reçu des fonds du gouvernement mais réfuté toute malversation. "Je ne suis pas une voleuse", a-t-elle dit, en ajoutant ne percevoir qu'une "fraction de ce que les autres Premières dames africaines reçoivent dans la région".

Le ministre David John Francis a également nié toute action frauduleuse.

Sierra Leone: les forêts, sauvées par le coronavirus
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"La corruption a perduré, et a même prospéré sous ce gouvernement", accuse Kandeh Yumkella, le chef d'un parti d'opposition, qui réclame une enquête parlementaire.

Dans la capitale Freetown, un étudiant, Lamin Bangura, a expliqué à l'AFP devoir verser des pots-de-vin pour obtenir des services de base comme l'eau ou l'électricité.

"Notre président avait promis de réparer les fuites, au lieu de quoi il a ouvert en grand les vannes de la corruption pour sa famille et ses amis", lâche-t-il.

Le gouvernement sierra-léonais n'a pas répondu aux demandes de réaction de l'AFP.

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Le chef d'Ennahdha de nouveau devant la justice tunisienne

Le parti Ennahdha est accusé par ses détracteurs d'avoir facilité le départ de jihadistes vers les zones de conflit.

Le chef du parti tunisien d'inspiration islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, a de nouveau comparu lundi devant un juge d'instruction antiterroriste en lien avec l'envoi présumé de jihadistes en Syrie et en Irak.

M. Ghannouchi, 81 ans, est arrivé dans la matinée aux bureaux du pôle judiciaire antiterroriste en banlieue de Tunis pour une nouvelle audition après celle du 21 septembre, selon l'un de ses avocats, Mokhtar Jemai. Le juge d'instruction doit décider à l'issue des auditions d'inculper ou non M. Ghannouchi.

L'ancien Premier ministre Ali Laarayedh, vice-président d'Ennahdha, doit également être auditionné par le pôle judiciaire antiterroriste lundi. Dans cette affaire dite de "l'expédition de jihadistes", qui fut au cœur du débat politique pendant des années et a refait surface ces dernières semaines, plusieurs responsables d'Ennahdha et des politiciens proches du mouvement sont poursuivis.

Le président Kais Saied, dont Ennahdha est la bête noire, a considérablement renforcé sa tutelle sur la justice après s'être arrogé les pleins pouvoirs en 2021.

Après la chute de la dictature de Zine el Abidine Ben Ali en 2011, des milliers de Tunisiens avaient rejoint les rangs d'organisations jihadistes, notamment le groupe Etat islamique (EI), en Irak, en Syrie et en Libye.

Le parti Ennahdha, pilier des gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis 2011, est soupçonné par ses détracteurs et une partie de la classe politique d'avoir facilité le départ de ces jihadistes vers les zones de conflit, ce que le mouvement dément catégoriquement.

Ennahdha ne cesse de dénoncer des accusations "fabriquées" et accuse le pouvoir de chercher à détourner l'opinion publique des "préoccupations économiques et sociales et de la dégradation des conditions de vie".

M. Ghannouchi, qui dirigeait le Parlement dissous par M. Saied en juillet 2021, a été entendu le 10 novembre par un magistrat du tribunal de Sousse (est) dans le cadre d'une enquête pour "blanchiment d'argent" et "incitation à la violence".

Scandale de la "dette cachée" au Mozambique : bientôt les sentences

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Le porte-parole de la Cour de Justice de Maputo annonce que le rendu des sentences dans le scandale de la « dette cachée » commencera à la fin du mois de novembre. Ce scandale avait déclenché la pire crise économique du Mozambique depuis son indépendance du Portugal il y a plus de 40 ans.

Des hommes armés tuent trois policiers nigérians et kidnappent un directeur d'entreprise

Des hommes armés ont tué trois escortes de police et enlevé le directeur d'une entreprise pétrolière nigériane dans le sud-est du Nigeria

Des hommes armés ont tué trois escortes de police et enlevé le directeur d'une entreprise pétrolière nigériane dans le sud-est du Nigeria, dernier incident en date dans la région, a déclaré vendredi la police.

Vêtus d'uniformes militaires, les assaillants ont tendu jeudi une embuscade et ouvert le feu sur le convoi d'un haut-responsable pétrolier dans la zone de Rumuokoro à Port Harcourt, capitale de l'Etat de Rivers et capitale pétrolière du Nigeria.

"Trois policiers escortant le cadre ont été tués tandis que l'homme a été kidnappé et emmené dans un lieu inconnu", a déclaré à l'AFP la porte-parole de la police régionale Grace Iringe-Koko.

Les hommes armés, se faisant passer pour une patrouille militaire à bord d'une voiture verte, ont fait signe au convoi de s'arrêter avant d'ouvrir le feu et de tuer les policiers, a-t-elle précisé.

Des djihadistes tuent des femmes nigérianes accusées de sorcellerie
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La police a affirmé que l'homme enlevé est le directeur d'IGPES Group, compagnie pétrolière et gazière nigériane basée à Port Harcourt. Une enquête est en cours, a ajouté Mme Iringe-Koko. Pour l'heure, aucun groupe n'a revendiqué l'attaque.

Mais les enlèvements pour obtenir une rançon sont monnaie courante dans le pays le plus peuplé d'Afrique. Les criminels visent aussi bien les hommes d'affaires riches que les agriculteurs pauvres, victimes d'enlèvements de masse dans le Nord.

Le Delta du Niger abrite des ressources pétrolières et gazières valant des milliards de dollars. Mais les résidents vivent pour la plupart dans la pauvreté en raison de décennies de pollution et de négligences, de la corruption et d'un manque de redistribution.

Dans les années 2000, des hommes armés ont enlevé des centaines d'employés des compagnies pétrolières, dont des étrangers, pour dénoncer l'exploitation injuste des ressources. En 2009, des amnisties soutenues par le gouvernement ont contribué à réduire les attaques, mais des incidents sporadiques et le vol de pétrole à grande échelle persistent dans la région.

Le Nigeria, membre de l'OPEP et l'un des plus grands producteurs de brut d'Afrique, perd chaque année jusqu'à 2 milliards de dollars en raison du vol généralisé de pétrole et du siphonnage de pipelines dans la région.

L'armée camerounaise s'active contre le trafic d'armes en provenance des pays voisins

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Des condamnations à mort pour un lynchage en Kabylie

une femme algérienne âgée réagit devant sa maison, détruite dans un incendie de forêt dans la ville d'el-Kala. - Le 24 novembre 2022, un tribunal algérien a condamné à mort 49 personnes pour le lynchage d'un homme

Un tribunal algérien a condamné à mort jeudi 49 personnes pour le lynchage en 2021 en Kabylie d'un homme accusé à tort de pyromanie, mais ces peines devraient être commuées en réclusion criminelle à perpétuité en raison d'un moratoire sur les exécutions, selon l'agence officielle.

Les accusés ont été reconnus coupables du lynchage de Djamel Bensmaïl, un artiste de Miliana (120 km à l'ouest d'Alger) qui s'était porté volontaire dans le village de Larbaa Nath Irathen, dans la préfecture de Tizi Ouzou (nord-est), pour aider à éteindre les feux de forêt qui avaient fait 90 morts en moins d'une semaine en août 2021.

Si la peine de mort est bien prévue par le code pénal en Algérie, elle n'est plus appliquée en vertu d'un moratoire en vigueur depuis 1993.

Les accusés, qui comparaissaient devant le tribunal de Dar El Beida, dans la banlieue est d'Alger, étaient poursuivis notamment pour "actes terroristes et subversifs contre l'Etat et l'unité nationale" et "homicide volontaire avec préméditation", selon l'accusation.

Vingt-huit autre accusés poursuivis dans le cadre de cette affaire ont été condamnés à des peines allant de deux à dix ans de prison et 17 ont été acquittés.
Après avoir entendu qu'on le soupçonnait d'avoir allumé le feu à la forêt, Djamel Bensmaïl, qui était âgé de 38 ans, s'était rendu à la police.

Des images relayées par les réseaux sociaux avaient montré la foule entourant le fourgon de police et extirpant l'homme du véhicule après l'avoir frappé. Bensmaïl avait ensuite été battu puis brûlé vif, tandis que des jeunes prenaient des selfies devant le cadavre.

Selfies macabres

A l'époque des faits, qui avaient soulevé une vague d'indignation dans tout le pays, les images du lynchage devenues virales étaient commentées notamment via le mot-dièse #JusticePourDjamelBenIsmail.

Ceux qui avaient pris des selfies avaient tenté d'effacer leurs traces mais des internautes de tout le pays ont compilé des vidéos et fait des captures d'écran pour que le crime qui avait marqué les esprits par son horreur ne reste pas impuni.

Les photos des personnes identifiées sur les vidéos s'étaient retrouvées partout sur la toile et il a été demandé aux harragas (candidats à la traversée clandestine) de ne pas les laisser embarquer avec eux, afin de les empêcher de fuir le pays.

Les interpellations ont eu lieu dans plusieurs régions du pays. Certaines personnes impliquées dans le lynchage avaient été livrées à la police par leur propre famille. Amnesty International avait appelé les autorités à "envoyer un message clair que cette violence ne serait pas tolérée".

La Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH) avait jugé pour sa part que "les scènes du lynchage et de l'immolation du présumé pyromane, alors qu'il s'agissait d'un jeune artiste venu prêter main forte aux sinistrés sont choquantes."

Le père de la victime, Noureddine Bensmaïl, admirablement digne, avait été salué comme un héros national après avoir appelé au calme et à la fraternité entre Algériens.

"Son geste, qui est à inscrire au panthéon mondial des actes fondateurs de la noblesse humaine, de la tolérance, de la droiture, peu d'hommes ont été ou seront capables de le produire", avait loué le journaliste et écrivain Mohamed Badaoui sur son compte Facebook.

Des extraits des vidéos diffusées par les accusés sur les réseaux sociaux, montrant des détails du crime, ont été projetés lors du procès qui s'était ouvert mardi. Ces vidéos montrent le lynchage de Djamel Bensmaïl, brûlé vif et dépouillé de ses objets personnels, notamment son téléphone portable.

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