Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Crimes/enquêtes

Seul 1 violeur sur 20 est condamné par la justice camerounaise

Les jeunes filles âgées de 10 à 12 ans ont pris part à une causerie éducative organisée par le Renata à l’occasion de la journée internationale de la jeune fille, à Yaoundé, le 12 octobre 2020. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Dans la région de l’Extrême-Nord, la secte Boko Haram mène des exactions qui ont impacté sur le devenir de nombreuses jeunes filles. C’est ce que révèlent des associations locales qui se penchent également sur des phénomènes de viol, de sous-scolarisation et de grossesses précoces.

Dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au Cameroun, les jeunes filles sont devenues des victimes collatérales du conflit entre l'armée et les séparatistes.

"Etant à la maison, la jeune fille n'est pas en sécurité, il y a des combattants qui les attaquent", rapporte Mbuh Dina Bell, coordonnatrice SOS viol du Réseau national des tantines (Renata), une association qui encadre et soutient les adolescents contre toutes formes de violences.

"Certaines jeunes filles sont enlevées et d’autres sont victimes de violences de la part des jeunes garçons qui les convoitaient", explique-t-elle. "Quelques-unes ayant quitté le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont devenues malgré elles des personnels de ménage, des prostituées à leur jeune âge pour s’en sortir parce qu'elles ne savent pas où aller", ajoute-t-elle.

A cause de la guerre que le Cameroun mène contre Boko Haram dans l’Extrême-nord, la situation de la jeune fille dans cette région n'est pas reluisante.

"Les jeunes filles sont les plus enrôlées dans cette guerre à l’Extrême-nord, même si elles sont dans des camps des réfugiés ou de déplacés, elles sont aussi davantage exposées au viol, au mariage précoce, au non accès à l’éducation sexuelle", s’inquiète Haigo Manga, coordonnatrice des programmes de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF).

Ces deux conflits ont en plus provoqué des conséquences sur l’éducation de nombreuses jeunes filles.

"La scolarisation des jeunes filles est interrompue. Dans les villes où les familles fuyant les conflits s’installent, il n’y a pas assez de structures spécialisées pour leur prise en charge et leur réintégration, du coup les jeunes filles sont exposées à l’échec scolaire, à une sexualité précoce, elles ont des grossesses non désirées qui ont l’impact sur leur santé, leur psychologie et leur éducation", détaille Haigo Manga.

Au-delà des zones en conflit, d’autres phénomènes comme le viol, l’inceste, le massage des seins à la pierre menacent le vécu quotidien des jeunes filles camerounaises. Des associations locales organisent de nombreuses campagnes pour les dénoncer.

"Il y a des jeunes filles-mères qui ont témoigné au Renata que leur maman avaient massé leurs seins à la pierre chauffante, à la suite de cela ces filles ont fui le domicile familial, plus tard elles ont été violées, d’autres ont même contracté le cancer du sein", confie Mbuh Dina Bell.

Au sujet du viol ou de l’inceste, la loi en vigueur depuis juillet 2016 condamne par exemple les parents violeurs à 20 ans d’emprisonnement.

"Avec l’appui de l’Unicef, nous avons élaboré il y a deux ans un manuel de procédures opérationnelles standard pour la prévention, le signalement, la prise en charge et la réinsertion des enfants victimes de violences", soutient Jean Pierre Edjoa, Directeur de la protection sociale de l’enfance au ministère des affaires sociales.

Selon de récentes statistiques publiées par Renata, 24% des jeunes filles camerounaises sont tombées enceintes à la suite d'un viol, 18% ont contracté une infection sexuellement transmissible voire le VIH à l’occasion. Et seulement 5% des violeurs, soit 1 violeur sur 20, ont été condamnés par la justice.

Les jeunes filles victimes collatérales des deux conflits camerounais
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:06 0:00


Toutes les actualités

L'attentat de la Terrasse à Bamako en 2015 est une "vengeance" pour les caricatures, selon l'accusé

Charlie Hebdo à Berlin, le 1er décembre 2016.

Le jihadiste mauritanien Fawaz Ould Ahmed, dit "Ibrahim 10", a reconnu mercredi être l'auteur de l'attentat du bar-restaurant La Terrasse à Bamako qui avait fait cinq morts en mars 2015, se disant "fier" d'avoir agi "par vengeance" après la publication de caricatures du prophète Mahomet par Charlie Hebdo.

"C'est nous qui l'avons fait, (le groupe jihadiste) Al-Mourabitoune. On n'a pas honte, on est fiers. Par vengeance du prophète, après ce qu'ils ont fait à Charlie Hebdo. C'est les photos, les caricatures", a-t-il déclaré devant la Cour d'assises de Bamako, qui l'interrogeait au deuxième jour de son procès.

Kenya: l'argent destiné à la lutte contre le coronavirus a été détourné

Kenya: l'argent destiné à la lutte contre le coronavirus a été détourné
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:16 0:00

Témoignage du père de l'Américain kidnappé au Niger

Témoignage du père de l'Américain kidnappé au Niger
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:53 0:00

A Kumba, le drame d'une famille anglophone

A Kumba, le drame d'une famille anglophone
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:24 0:00

Bombe dans une madrassa au Pakistan: au moins 7 morts et 50 blessés

Bombe dans une madrassa au Pakistan: au moins 7 morts et 50 blessés
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:57 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG