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Sénégal

Un député de l'opposition sénégalaise condamné, une autre relaxée

ARCHIVES - Des gendarmes devant le palais de justice de Dakar, le 10 novembre 2021, jour où Bartehelemy Dias, un farouche opposant au gouvernement sénégalais, devait comparaître devant le tribunal, à Dakar au Sénégal.

Le tribunal a prononcé la relaxe pour leurs 82 co-accusés en raison "de faits insuffisamment établis".

Un tribunal de Dakar a condamné mardi à une peine de six mois de prison avec sursis un député d'opposition pour avoir bravé une interdiction de manifester et relaxé dans le même dossier une autre députée, dans un climat de tension préélectorale.

Les députés d'opposition Déthié Fall et Mame Diarra Fame étaient jugés par le Tribunal de grande instance de Dakar avec 82 autres prévenus, qui ont tous été relaxés. Ils avaient été arrêtés le 17 juin, lors d'une manifestation à l'appel de l'opposition qui avait été interdite par les autorités en raison notamment de "risques de troubles".

Dakar et la Casamance (sud) avaient été ce jour-là le théâtre de heurts ayant fait trois morts, selon l'opposition qui avait chiffré à 200 le nombre de personnes interpellées à travers le pays et exigé leur libération.

Le député Déthié Fall "a constamment reconnu avoir été l'organisateur principal" de la manifestation du 17 juin. "Il convient de le condamner à six mois assortis de sursis et à 100.000 FCFA (152 euros) d'amende", a déclaré le président du tribunal Ahmed Bâ.

Pour la député Mame Diarra Fame, "les faits qui lui sont reprochés ne sont pas suffisamment établis. Elle est renvoyée des fins de la poursuite", a dit le juge Bâ.

Le parquet avait requis un an de prison dont six mois ferme pour M. Fall et six mois ferme pour Mme Fame.

Le tribunal a prononcé la relaxe pour leurs 82 co-accusés en raison "de faits insuffisamment établis".

Concert de casseroles à Dakar: "l'essentiel, c'est de se faire entendre"
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A leur arrivée au tribunal lundi matin, les députés Fall et Fame avaient été acclamés par le public venu en nombre pour les soutenir. Le principal opposant, Ousmane Sonko, était également présent au milieu de plusieurs cadres de son mouvement, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Je rejette tous ces faits dont on m'accuse", a clamé Déthié Fall. "Je n'ai pas participé à la manifestation parce qu'elle n'a pas existé. Nous sommes au Sénégal. Le droit de manifester est inscrit dans la Constitution", a renchéri le parlementaire.

"J'allais voir Barthélémy Dias", maire de Dakar et figure de l'opposition, "avec mes deux enfants et je me suis retrouvée dans un fourgon de la gendarmerie. Maintenant il faut me dire si au Sénégal, les lois interdisent d'aller voir des amis, des parents ou des connaissances", a plaidé de son côté Mame Diarra Fame.

Les deux députés ont affirmé avoir été "enlevés", sans "aucun respect" pour leur fonction.

Par ailleurs, un maire d'opposition, Ahmed Aïdara, qui dirige la commune de Guédiawaye (banlieue de Dakar), a été condamné lundi à un mois avec sursis, pour avoir également bravé l'interdiction de la manifestation du 17 juin, par le tribunal de Pikine, une commune voisine.

Les tensions vont grandissant au Sénégal depuis que le Conseil constitutionnel a confirmé l'invalidation le 3 juin de la liste nationale des titulaires de la coalition Yewwi Askan wi pour les législatives du 31 juillet. L'opposant Ousmane Sonko, troisième de la présidentielle de 2019 et candidat déclaré à celle de 2024, et d'autres figures de l'opposition se retrouvent écartés de la course.

L'opposition réclame le rétablissement de la liste et a menacé d'empêcher la tenue des élections. Elle a appelé à une nouvelle manifestation mercredi.

De nombreuses organisations de la société civile ont appelé ces derniers jours l'opposition et les autorités au dialogue et à la retenue pour éviter une escalade.

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Canada: L'ambassade du Sénégal souligne la "gravité" des "violences policières" contre une de ses diplomates

ARCHIVES - Un policier en patrouille à Québec, au Canada, le 29 janvier 2017.

La diplomate sénégalaise Niang Oumou Kalsoum Sall a été menottée et frappée, selon Dakar, lors d'une descente musclée de la police à son domicile dans la banlieue d'Ottawa, au Québec.

L'ambassade du Sénégal à Ottawa a déploré samedi la diffusion d'informations "fausses et choquantes" sur une de ses collaboratrices, visant selon elle à "diluer la gravité" des "violences policières inadmissibles" subies par la diplomate.

Son interpellation début août avait provoqué un tollé au Sénégal et l'embarras du gouvernement canadien.

Mme Niang Oumou Kalsoum Sall, conseillère des Affaires étrangères, a été victime d'une "violence physique et morale humiliante", en étant menottée et frappée, selon Dakar, lors d'une intervention à son domicile de la police de Gatineau, banlieue québécoise d'Ottawa.

L'intervention visait à accompagner un huissier venant notifier à la diplomate une ordonnance d'un tribunal administratif du logement. Celle-ci, obtenue par Radio Canada et consultée par l'AFP condamnait la diplomate à payer plus de 45.000 dollars canadiens (34.000 euros) à son propriétaire pour "loyer non payé" et dommages au logement.

Dans une note d'information en fin de semaine, l'ambassade du Sénégal estime que les "allégations" contre Mme Niang "trahissent une volonté manifeste de diluer la gravité de l'incident qui porte sur une violation flagrante et grave des dispositions de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques".

Elle regrette aussi que les informations relayées par la presse "soient fondées sur la seule version du bailleur".

Entendant "rétablir les faits", la note détaille les longues démêlées de Mme Niang avec son propriétaire, faisant valoir que celle-ci a été de bonne foi tout au long, qu'elle avait subi depuis le début des problèmes de chauffage et d'humidité dus à un non respect des normes de construction et que son propriétaire s'était montré menaçant à son égard.

Exaspérée, Mme Niang a finalement décidé de déménager en octobre 2020 et, lors de la remise des clés, a offert au gestionnaire du logement le dernier loyer dû, ce que celui-ci a refusé.

Toujours selon l'ambassade, Mme Niang a reçu quelques mois plus tard par voie d'huissier une demande de paiement de 57.207 dollars (43.000 euros) devant couvrir notamment les frais de reconstruction de la maison.

Mme Niang de son côté indiqué par voie d'avocat qu'elle ne devait au propriétaire que le loyer du mois d'octobre que le gestionnaire n'avait pas voulu prendre.

L'ambassade estime qu'à la lumière de ces explications les accusations portées contre Mme Niang ne tiennent pas.

"Rien dans cette affaire ne peut justifier les violences subies par Mme Niang et ses enfants mineurs", conclut l'ambassade en indiquant "suivre de très près l'enquête qui a été ordonnée sur les agissements inacceptables des agents de la police".

Le gouvernement canadien avait condamné l'incident, le jugeant inacceptable.

Parlement sénégalais: Pape Diop se rallie à la coalition au pouvoir

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Législatives sénégalaises: l'opposition ne fera pas de recours

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La principale alliance de l'opposition sénégalaise annonce qu'elle ne fera pas de recours contre les résultats des législatives du 31 juillet. Toutefois, elle a décidé de boycotter les élections des membres du Haut conseil des collectivités territoriales.

Les gendarmes sénégalais interpellent plus de 140 candidats á l'émigration

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L'opposition ne fera pas de recours contre les résultats au Sénégal

Ces chiffres définitifs doivent être publiés au plus tard jeudi à minuit.

La principale alliance de l'opposition sénégalaise a annoncé mercredi qu'elle ne ferait pas de recours contre les élections législatives du 31 juillet dans l'attente des résultats définitifs de ce scrutin.

Ces chiffres définitifs doivent être publiés au plus tard jeudi à minuit par le Conseil constitutionnel s'il n'y a pas de recours, selon une source proche de cette juridiction. Les résultats provisoires publiés le 4 août avaient donné une courte avance à la formation au pouvoir qui perdait néanmoins la majorité absolue, une première dans ce pays d'Afrique de l'Ouest

La coalition du président Macky Sall est passée de 125 députés en 2017 à 82 à l'issue des élections du 31 juillet, sur les 165 que compte l'Assemblée, selon les résultats provisoires de la Commission nationale de recensement des votes (CNRV).

L'alliance de l'opposition gagne 80 sièges de députés au total, avec respectivement 56 pour la coalition "Yewwi Askan Wi" dirigée par le principal opposant Ousmane Sonko et 24 pour celle de "Wallu Sénégal", menée par l'ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012).

Trois autres députés sont issus des rangs de trois autres petites coalitions de partis.

"L'inter coalition Yewwi-Wallu ne fera pas de recours au niveau du Conseil constitutionnel", a déclaré mercredi Déthié Fall, un de ses responsables, lors d'une conférence de presse. Il a dit ne pas avoir confiance en cette juridiction que des opposants présentent comme étant sous la coupe du pouvoir, qui a toujours rejeté cette allégation.

La coalition Yewwi Askan wi s'était notamment plainte le 4 août du "refus" de la CNRV de la laisser "vérifier" les procès-verbaux de votes dans quatre localités dans le nord du pays, un fief du président Sall.

M. Fall a également annoncé que l'alliance de l'opposition va boycotter les élections des membres du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT), une institution consultative comprenant 150 membres, dont 70 sont nommés par le président de la République et 80 élus au suffrage indirect par les élus locaux, pour cinq ans.

Ce scrutin, prévu le 4 septembre, suscite peu d'intérêt auprès de la population. Plusieurs responsables de l'opposition ont appelé à la suppression de cette institution qui est, selon eux, un organe servant à "caser" des personnes favorables au pouvoir.

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