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Scission au sein du groupe parlementaire de l’opposition au Burkina


L’opposant Zéphirin Diabré, leader de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), entouré de ses collborateurs, lors d’une conférence de presse, à Ouagadougou, Burkina, 10 octobre 2017. (VOA/Issa Napon)

Rien ne va plus au sein de la première force d’opposition politique au Burkina Faso. Une dizaine de députés de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), parti de Zéphirin Diabré, annoncent la création d’un groupe parlementaire dissident au sein du parti à l’assemblée nationale. Le nouveau groupe parlementaire est dénommé ‘’UPC Renouveau Démocratique’’.

Le torchon brûle au sein de l’Union pour le Progrès et le Changement, désormais divisé en deux groupes parlementaires à l’assemblée nationale.

Daouda Simboro, un des députés frondeurs de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), à Ouagadougou, Burkina, 10 octobre 2017. (VOA/Issa Napon)
Daouda Simboro, un des députés frondeurs de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), à Ouagadougou, Burkina, 10 octobre 2017. (VOA/Issa Napon)

Des députés frondeurs au nombre de 13 vivent mal un manque de soutien du parti, lié à des accusations de complot parues dans la presse pour imploser le parti mais aussi en raison de problèmes de gouvernance et de traitement inéquitable des députés au sein du parti, accuse Daouda Simboro, porte-parole des frondeurs.

"Aujourd’hui il y a des problèmes concrets qui font qu’il est difficile désormais de travailler avec l’ancien groupe parlementaire. Nous avons dit, en attendant que le parti règle ces problèmes, on va se mettre à côté dans un autre groupe, pour travailler. Au lieu de prendre à bras le corps ces problèmes, la réponse qui nous été servie, c’est la diffamation, ce sont les injures. On nous prête des intentions de complots. Ça nous réconforte qu’il soit effectivement difficile de discuter dans le parti, " se plaint M. Simboro.

Les instances dirigeantes du parti y voient plutôt le développement d’un plan longuement ourdi avec de hauts responsables du parti au pouvoir, dénonce Zéphirin Diabré, le patron de l’UPC.

"Ce n’est rien d’autre qu’une étape dans le développement d’un complot contre le parti en gestation depuis janvier 2016. De manière claire et indiscutable, l’Union pour le progrès et le changement a été l’objet d’une tentative de déstabilisation de la part d’officines liées au pouvoir du MPP. Je le dit, je le répète, je le réaffirme mille fois," s’est défendu M. Diabré.

Les tensions ont suscité d’autres départs vers le nouveau groupe. La députée Fatimata Korbéogo a rejoint la fronde à son corps défendant, souligne-t-elle.

"Quand j’ai entendu parler du mot confesser, je suis entrée dans tous mes états. Moi je ne suis pas venue me confesser, je suis venue demander pourquoi mon nom est sur la liste parce que je ne comprends pas. Je ne me reconnais pas comploteuse. A partir de ce moment je me suis dit que nous sommes liés par le même problème. Si moi je me désolidarise et ils se réunissent, ils réussissent à régler leur problème, moi je serai seule," explique Mme Fatimata Korbéogo.

L’opposant Zéphirin Diabré, leader de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), lors d’une conférence de presse, à Ouagadougou, Burkina, 10 octobre 2017. (VOA/Issa Napon)
L’opposant Zéphirin Diabré, leader de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), lors d’une conférence de presse, à Ouagadougou, Burkina, 10 octobre 2017. (VOA/Issa Napon)

Malgré la passe d’armes, le dialogue reste encore possible, affirme M. Diabré

"C’est à eux-mêmes qu’il appartient de se blanchir par leur déclaration. J’ai lu qu’ils ont fait des démentis. Le parti en prend acte et les encourage à montrer par leurs comportements que ces accusations ne sont pas fondées," précise le leader du l’UPC.

Même son de cloche chez les frondeurs du parti qui attendent des préalables pour s’assoir autour d’une table

"Des gens qui disent qu’ils sont disposés, qu’ils sont ouverts au dialogue, ils envoient des porte-paroles qui sont membres du bureau exécutif national discréditer, diffamer, insulter, dénigrer leurs propres camarades. C’est regrettable. Je pense que quelque chose peut être sauvé. Il doit réfléchir sérieusement à cette opportunité qui lui est donnée de se départir de toute influence pour apprécier à sa hauteur d’homme le problème qui se pose, déclare Daouda Simboro, un des frondeurs.

Cette passe d’armes entre députés d’un même parti politique, au sein de l’assemblée nationale burkinabè, fait l’affaire du parti majoritaire au pouvoir dans la perspective de futures échéances électorales.

Reportage d’Issa Napon à Ouagadougou pour VOA Afrique

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