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Sénégal

À Dakar, des associations s'activent pour protéger les enfants mendiants et les prisonniers

Face mask seen in Dakar, Senegal against coronavirus - Covid-19 covid19 masque facial sénégalais

Au Sénégal, le coronavirus continue sa progression. Si des mesures sanitaires et administratives très strictes sont prises par les autorités, certaines couches vulnérables de la population comme les enfants mendiants talibés et les prisonniers sont dans des conditions délicates.

À Dakar, l'inquiétude grandit de plus en plus depuis l'apparition de cas issus de la contamination communautaire. Pour beaucoup de Sénégalais, il est essentiel de protéger les personnes les plus vulnérables.

Le Coronavirus continue sa progression avec 67 cas confirmés dont 5 guéris
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Plusieurs associations de jeunes se sont ainsi lancées dans une campagne de prévention au profit de ces personnes qui vivent dans des conditions difficiles.

Pour Mira Fall, c'est une solidarité spontanée que les populations ont eu en prenant des "dispositions pour aider les talibés, les personnes diminuées" en l'absence des mesures spécifiques prises par l'État dans ce sens.

Des associations à l'aide des talibés

Pour éviter que des milliers d'enfants continuent de mendier chaque jour dans les rues de Dakar, l'équipe de l'association "Aidons les talibés" est en première ligne.

Mouhamed Dieng, président de l'association, explique que ses membres sillonnent les daaras (écoles coraniques) où logent les talibés pour distribuer des kits sanitaires. A travers le projet "zéro mendicité", l'association travaille avec les daraas pour que les maîtres coraniques confinent les enfants pendant quelques semaines​, explique Mouhamed.

Par ailleurs, les jeunes bénévoles ont aussi fourni aux daraas des produits désinfectants comme l'eau de javel et les détergents afin de renforcer la lutte contre le coronavirus.

Inquiétudes dans le milieu carcéral

A la prison de Reubeuss à Dakar, le risque d'un "désastre" humanitaire est réel, selon un ex-détenu récemment élargi qui a requis l'anonymat.

"Je suis sorti il y a quelques jours et je peux vous dire que les prisonniers sont particulièrement préoccupés par cette situation", confie-t-il d'entrée. Même s'il reconnaît que les contacts avec l'extérieur sont "limités avec l'arrêt des visites", l'ancien détenu soutient que "personne n'est à l'abri dans les prisons, surtout à Reubeuss qui est surpeuplée".


Pour parer d'éventuels cas de contamination dans les prisons, l'administration pénitentiaire a déjà pris la décision de suspendre les visites pour 15 jours. Les détenus pourront toutefois téléphoner gratuitement à leurs proches et voir leurs avocats.

Cependant cette situation dans les prisons risquent d'être aggravée par la suspension des audiences à cause du coronavirus. Une inquiétude partagée par la section sénégalaise de l'ONG Amnesty International, qui souligne que les lieux de détention vont être saturés si le système judiciaire reste longtemps paralysé par le covid-19.

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A Dakar, des hôpitaux "saturés", le personnel médical "au bord de la rupture"

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Les hôpitaux du Sénégal submergés par la 3e vague de coronavirus

A hygienist rests as he waits outside a decontamination area in a COVID-19 coronavirus treatment center that cares for positive patients who show little or no symptoms, in Dakar, Senegal.

Le médecin Babacar Diop, 30 ans, ne cesse d'être interrompu par la sonnerie de son portable. Des proches de patients hospitalisés dans son service des urgences, complètement saturé, de l'hôpital de Fann, à Dakar, veulent avoir des nouvelles de leur être cher.

"La situation est quand même très catastrophique", affirme d'un air sombre le Dr Diop, les traits tirés alors qu'il ne fait qu'entamer son service de nuit de 12 heures.

A Fann, hôpital de référence proche de l'université, au coeur d'une capitale de plus de trois millions d'habitants, les ambulances amènent des patients au souffle court, venant souvent d'autres hôpitaux.

Plus souvent qu'à leur tour, le Dr Diop est obligé de les renvoyer, par manque d'oxygène.

"On refuse, pas parce qu'on ne veut pas les prendre, mais on n'a pas d'endroit où les mettre pour les prendre en charge. Vous imaginez, on reçoit des malades qui meurent au niveau de la grande porte, ou qui viennent à l'agonie. Parfois même, le médecin, il a les larmes aux yeux", explique-t-il à l'AFP.

Relativement épargné pendant longtemps par la pandémie, le Sénégal, un pays de plus de 16 millions d'habitants, a recensé au total plus de 60.000 contaminations, pour plus de 1.300 décès.

Mais comme le reste de l'Afrique, il subit une troisième vague sans précédent, due au variant Delta. Onze décès ont été enregistrés mercredi et 57 cas graves sont actuellement pris en charge en service de réanimation, selon le ministère de la Santé.

Les hôpitaux de la capitale, en particulier, sont "proches de la saturation" et le personnel "en burn out", avait averti la semaine dernière le directeur national des établissements publics de Santé, Ousmane Dia.

- "Bombe à retardement" -

A l'hôpital de Fann, le service des urgences dispose de 16 lits équipés d'oxygène. Ils sont tous occupés.

Le Dr Diop explique qu'il a dû refuser une vingtaine de malades ces derniers jours, qui n'ont pas eu d'autre choix que de tenter leur chance dans un autre établissement ou de rentrer chez eux.

Le nombre de décès dus au Covid-19 au Sénégal est sous-évalué, selon le jeune médecin, qui souligne qu'"il y a plus de malades qui désaturent (connaissent une chute de leur niveau de saturation en oxygène, NDLR) à la maison qu'à l'hôpital".

"Ce variant est une bombe à retardement. On s'en remet maintenant à la prière", ajoute le Dr Diop.

Sur l'ensemble du pays, les contaminations sont passées de quelques dizaines par jour à la fin du mois de juin à un pic de 1.700 en juillet. Jeudi, près de 900 nouveaux cas ont encore été annoncés.

"Les sujets jeunes sont de plus en plus atteints", souligne Macodou Mbodji, médecin-coordinateur du service de réanimation des patients Covid à l'hôpital Idrissa Pouye, également à Dakar.

Son établissement ne manque pas d'oxygène, car il possède sa propre unité de production. Mais les neuf lits en réanimation, réservés aux cas les plus graves, sont occupés. Le taux de mortalité y est d'environ 33%.

Effet Tabaski

Sans se départir de son ton posé, presque jovial, le Dr Mdodji estime que "l'on ne peut pas dire que c'est sous contrôle". "La situation risque même d'être catastrophique dans les prochaines jours", assure-t-il.

Il y a une dizaine de jours, les rues de Dakar se sont vidées à l'occasion de la Tabaski, la fête de l'Aïd, que la plupart des habitants de la capitale sont allés fêter en province.

Les professionnels de la santé craignent qu'un "effet Tabaski", avec une hausse encore plus forte du nombre de malades due à ces vastes mouvement de populations, se fasse sentir dès la semaine prochaine.

Pendant ce temps, la vaccination s'accélère. D'environ 3.000 par jour, le nombre de doses administrées est passé à 38.000 mercredi, grâce à de nouvelles livraisons de vaccins Sinopharm et Johnson & Johnson. Mais seulement un peu plus de 700.000 personnes ont jusqu'ici été vaccinées.

"Nous savons que la situation est difficile et très préoccupante. Il faut que les populations aillent se faire vacciner. En regardant les statistiques, on voit que 98% des décès sont des personnes non vaccinées", note le patron des établissements publics de Santé, Ousmane Dia.


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