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Les avocats de deux opposants accusent le pouvoir d'instrumentaliser la justice au Sénégal


Le maire de Dakar, Khalifa Sall de "Benno Siggil Senegal", Dakar, le 19 mars 2009

Les avocats de deux opposants sénégalais condamnés pour corruption, le maire de Dakar Khalifa Sall et l'ancien ministre Karim Wade, ont accusé mardi le pouvoir d'utiliser la justice pour les éliminer de la course à l'élection présidentielle de 2019.

Le pouvoir du président Macky Sall se défend de toute implication dans les poursuites visant ces deux opposants, affirmant avoir laissé faire la justice.

Le procès en appel du maire de la capitale se poursuivait à Dakar en présence de la défense, qui avait quitté la salle lundi après-midi pour protester contre le rejet de ses demandes de renvoi.

>> Lire aussi : Boycott de la défense au procès en appel du maire de Dakar

"La peine de prison de Khalifa Sall est un acte purement politique. On veut l'empêcher de participer à l'élection présidentielle de 2019", a déclaré Me Ousseynou Fall, un de ses avocats.

Khalifa Sall a été condamné le 30 mars à cinq ans de prison pour détournements de fonds publics. Tant que sa condamnation n'est pas définitive, il peut se présenter en 2019 face au président sortant, selon des juristes.

Karim Wade, fils et ministre de l'ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), a été condamné en 2015 à six ans de prison ferme, à plus de 210 millions d'euros d'amende pour "enrichissement illicite" et à la confiscation de tous ses biens.

Le verdict a été confirmé en appel en août 2015 mais il a bénéficié d'une grâce présidentielle en juin 2016 et vit depuis à l'étranger.

Ses avocats ont dénoncé dans un communiqué mardi sa "radiation déguisée" des listes électorales par le ministère de l'Intérieur, la qualifiant de "manifestement arbitraire, illégale et contraire à la loi électorale".

Depuis l'accession au pouvoir de Macky Sall en 2012, l'Etat "s'attelle méthodiquement à violer" les droits de Karim Wade "dans l'unique but de l'empêcher d'être éligible à l'élection présidentielle".

Le ministère de l'Intérieur a annoncé le 2 juillet le rejet de la demande d'inscription de Karim Wade sur ces listes, arguant de dispositions du Code électoral privant de droits civiques toute personne condamnée à plus de cinq ans de prison.

Mais les avocats de Karim Wade font valoir que la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI), la juridiction spéciale qui l'a condamné, a expressément exclu dans sa décision la déchéance des droits civiques.

"L'Etat du Sénégal doit respecter la séparation des pouvoirs car son administration ne peut ni se substituer au juge, ni prendre des mesures qui contredisent une décision de justice définitive sur la question des droits civiques", affirment-ils.

Avec AFP

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