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Rwanda: les soldats français avaient agi "dans le respect de l’éthique"


Le président du Rwanda Paul Kagame et son homologue français Emmanuel Macron lors d'un sommet en Arménie, 11 octobre 2018.

Le rapport Duclert établissant des "responsabilités accablantes" de la France dans le génocide au Rwanda montre que les militaires "ont rempli leur difficile mission dans le cadre des ordres de la République et dans le respect de l’éthique", estime mardi l'ex-commandant de l'opération Turquoise.

A la tête de l'opération militaro-humanitaire lancée en juin 1994 par la France sous mandat de l'ONU, le général Jean-Claude Lafourcade se félicite dans une lettre ouverte de ce que le rapport publié vendredi "rejette toute complicité de génocide" et "montre sans ambiguïté la compétence professionnelle et les qualités humaines et morales de nos soldats confrontés à une situation dramatique et extrêmement complexe".

La politique de la France au Rwanda entre 1990 et 1994, menée par un président et son entourage "aveuglés idéologiquement", a constitué une "faillite" et elle porte des responsabilités "accablantes" dans le génocide, selon ce rapport de plus de 1.000 pages remis au président Emmanuel Macron.

L'opération controversée Turquoise, a certes "permis de sauver de nombreuses vies, mais non celles de la très grande majorité des Tutsi du Rwanda exterminés dès les premières semaines du génocide", écrit la commission, en soulignant que les autorités françaises se sont "(refusées) à arrêter" les commanditaires du génocide ayant trouvé refuge dans la zone sous contrôle français.

"Je n'ai pas à commenter l'aspect politique du rapport mais il fait le constat, que j'ai si souvent exprimé non sans fierté, que seule la France a eu le courage d'intervenir pour arrêter le génocide après avoir essayé de rétablir la paix entre les belligérants", fait valoir le général Lafourcade.

L'officier déplore aussi que "depuis plus de vingt ans, ces soldats et leurs chefs, notamment ceux de l'opération Turquoise, ont été l'objet d'accusations infamantes et diffamatoires".

"Ce rapport est incontestable pour tout ce qui concerne l’engagement des soldats sur le terrain car réalisé par des chercheurs et des historiens", ajoute-t-il.

Les détracteurs de l'opération estiment qu'elle visait à soutenir le gouvernement génocidaire hutu.

Selon l'ONU, environ 800.000 personnes, essentiellement dans la minorité tutsi, ont été tuées en trois mois lors de massacres déclenchés après l'attentat contre l'avion du président Habyarimana, le 6 avril 1994.

Génocide rwandais: la France a péché par action et par omission, selon Vincent Duclert
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