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Le renseignement américain monte en première ligne contre Boko Haram

Les premiers soldats américains sont arrivés lundi 12 octobre au Cameroun. (Archives AP)

L'annonce de l'envoi de 300 soldats américains pour des missions de renseignement au Cameroun marque une évolution dans la stratégie de lutte contre les terroristes de Boko Haram.

L'engagement de troupes américaines au Cameroun devrait aider les pays de la région du Lac Tchad en lutte contre Boko Haram à combler l'une de leur principale lacune, le renseignement, face à des islamistes multipliant les attentats.

Jeudi 15 et et vendredi 16 octobre encore, une série d'attentats-suicides a fait des dizaines de morts à Maiduguri dans le nord-est du Nigeria, ancien fief du groupe Boko Haram - qui a rallié récemment l'organisation de l'Etat islamique - et dont l'insurrection a fait depuis 2009 au moins 17 000 morts et 2,5 millions de déplacés.

Le Cameroun, le Tchad et le Niger ont eux aussi subi de telles attaques que les services de sécurité semblent impuissants à prévenir. Même si quelques attentats ont été déjoués ces dernières semaines, les kamikazes - souvent des femmes ou de jeunes adolescents - se faisant exploser avant de pouvoir atteindre leurs cibles.

Régulièrement, les faiblesses des services de renseignements ont été pointées du doigt. Historiquement, dans de nombreux pays du continent, la mission première - voire exclusive - de ces services a été de surveiller les faits et gestes des opposants et non de contrer de telles menaces.

Les chefs de l'Etat de la région du lac Tchad eux-mêmes ont sollicité à plusieurs reprises une aide dans ce domaine pour épauler la force régionale chargée de mener la guerre aux islamistes.

Risque d'"internationaliser Boko Haram"

La France, très présente militairement dans la région, notamment avec l'opération de lutte contre les groupes jihadistes au Sahel Barkhane dont l'état-major est à N'Djamena, fournit déjà une telle assistance.

L'armée américaine est elle aussi déjà présente dans la région, avec des drones au Niger pour surveiller le Sahel.

Washington a certes déjà apporté une aide ponctuelle en matière de renseignement et de reconnaissance au Nigeria après l'enlèvement par Boko Haram de plus de 200 lycéennes à Chibok. Sans toutefois s'impliquer davantage, du fait notamment des graves violations des droits de l'Homme dont est accusée l'armée nigériane.

Au Cameroun, l'engagement américain change de dimension. Non sans risque pointe le chercheur Marc-Antoine Pérouse de Montclos, de l'Institut français de géopolitique.

"Le résultat pourrait être d'internationaliser Boko Haram", groupe jusqu'ici essentiellement nigérian, en attirant dans la région des jihadistes étrangers, avides d'en découdre avec les Etats-Unis, explique-t-il à l'AFP.

Les 300 soldats américains annoncés, dont les premiers sont arrivés lundi au Cameroun, seront basés à Garoua (nord), où l'aviation camerounaise a une base utilisée pour bombarder les insurgés infiltrés.

Ces forces se consacreront à des opérations de renseignement, de surveillance et de reconnaissance aérienne. Elles seront armées pour assurer leur protection et permettre le bon déroulement de ces opérations mais "elles ne seront pas sur place dans un rôle de combat", selon Josh Earnest, porte-parole de la présidence américaine.

Ce porte-parole a insisté mercredi sur le fait que cette opération ne représentait pas "un changement de stratégie" du côté américain. Elle n'est pas non plus liée à "une évaluation différente" de la nature de la menace que représente l'organisation islamiste dans cette région, a-t-il assuré.

Engagement sans limitation de temps

Côté camerounais, on souligne cependant que l'engagement de militaires américains "marque une évolution" sur le terrain.

Jusqu'à présent, a expliqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat un responsable de l'armée camerounaise, l'assistance américaine se limitait à de la formation, notamment au déminage et au désamorçage des bombes portées par les kamikazes. Les Etats-Unis ont des accords de formation militaire avec plusieurs pays africains.

"Cette annonce (l'envoi de troupes) marque, selon lui, en fait une évolution dans le type d'appui apporté au Cameroun par les Américains".

D'autant que cette mission n'est pas limitée dans le temps. Les forces resteront au Cameroun "jusqu'à ce que leur soutien ne soit plus nécessaire", a indiqué Barack Obama dans un courrier adressé aux leaders des deux chambres du Congrès américain.

Le président nigérian, Muhammadu Buhari, qui a fait de lutte contre Boko Haram une priorité, avait donné en août trois mois aux forces armées pour en finir avec les islamistes.

Face aux offensives des armées de la région, les insurgés ont effectivement perdu depuis début 2015 la plupart des territoires qu'ils contrôlaient, principalement dans le nord-est du Nigeria.

Mais ils restent solidement retranchés dans des zones difficiles d'accès - forêt de Sambisa, monts Mandara, îles du lac Tchad -, laissant présager des opérations militaires de longue haleine.

Avec AFP

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Les résultats de la présidentielle au Malawi retardés pour cause de litiges

Un policier au centre Tally à Blantyre, le 24 mai pendant un briefing May 24, 2019,

La Commission électorale du Malawi (MEC) a suspendu vendredi la publication des résultats des élections présidentielle et législatives disputées mardi, le temps de régler les nombreux recours et plaintes déposés par les partis politiques.

Diffusés jeudi après le dépouillement de trois-quarts des bureaux de vote du pays, les derniers chiffres provisoires accordaient un clair avantage au président sortant Peter Mutharika, crédité de 40,49% des suffrages, devant le chef de l'opposition Lazarus Chakwera avec 35,44% des voix.

"La Commission ne donnera pas de nouveaux résultats à ce stade parce que leur publication est soumise à la résolution des litiges", a indiqué vendredi la présidente de la MEC, Jane Ansah.

"La Commission travaille sans relâche, jour et nuit, pour faire en sorte de fournir des résultats crédibles au processus électoral", a-t-elle poursuivi devant la presse à Blantyre, "nous nous assurons que chaque bulletin décompté dans les bureaux de vote l'est également au centre national".

Selon Mme Ansah, les services de la MEC ont reçu un total de 147 requêtes concernant les scrutins présidentiel, législatif et locaux qui se sont déroulés mardi.

La plupart concernent des bulletins annotés ou recouverts de "blanc" ou des accusations de falsifications de procès-verbaux de dépouillement dans les bureaux de vote.

Mercredi soir, M. Chakwera avait affirmé être "très largement en tête", selon des chiffres compilés par son propre état-major, et accusé le pouvoir de préparer des fraudes.

De nombreux incidents avaient émaillé les élections générales précédentes en 2014.

La société civile malawite et les observateurs se sont cette année félicités du bon déroulement, jusque-là, du scrutin, largement reconnu comme libre, transparent et équitable. Certains d'entre eux redoutent toutefois des tensions à l'approche des résultats.

La prochaine conférence de presse de la Commission électorale a été annoncée pour samedi.

Au pouvoir depuis 2014, Peter Mutharika a fait campagne pour un second mandat en louant son action au pouvoir pour améliorer les infrastructures du pays, notamment les routes, mais son règne a été terni par des scandales de corruption.

Ebola en RDC : quatre morts et 132 attaques contre des équipes médicales

L'équipe médicale au centre de traitement contre Ebola (ETU).

Le ministère congolais de la Santé a recensé 132 attaques contre les équipes sanitaires depuis le début de l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo il y a dix mois, avec un bilan humain de quatre morts.

"Entre le 1er aout 2018 et le 20 mai 2019, 132 attaques contre des formations sanitaires ont été enregistrées dans le cadre de l'épidémie d'Ebola, causant quatre morts et 38 blessés parmi les agents de santé et les patients", a indiqué le ministère dans son dernier bulletin quotidien diffusé vendredi.

Des infirmiers "ont dénoncé les menaces de mort et de destruction des structures sanitaires qu'ils reçoivent ces derniers jours en raison de leur rôle dans la riposte contre Ebola", ajoute le ministère.

"A cause de cette violence ciblée, plusieurs médecins et infirmiers des territoires de Beni et Lubero ont dû déménager ou quitter temporairement leur habitation, forçant ainsi certaines structures sanitaires à fermer leurs portes", ajoute-t-on.

Les infirmiers lors d'une assemblée générale jeudi ont demandé aux autorités "de s'impliquer pour mettre fin à ce phénomène de violence contre les agents de santé car, si les menaces ne cessent pas, ils envisagent de faire une grève sèche".

"Au total, il y a eu 1.248 décès (1.160 confirmés et 88 probables) et 490 personnes guéries" depuis le début de l'épidémie le 1er août, selon le ministère.

Les Nations unies viennent de nommer jeudi un "coordinateur de l'intervention d'urgence" contre l'épidémie d'Ebola.

Il s'agit de l'actuel représentant spécial adjoint du secrétaire général de l'ONU, David Gressly, qui doit donner une conférence de presse lundi à Kinshasa.

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Kenya : 14 corps, dont des bébés, retrouvés dans les rivières de Nairobi

Une aire de jeux pour enfants située sur les rives de la rivière Nairobi, dans un parc de micro-loisirs créé par des jeunes des taudis et située sur une partie de la rive des eaux très polluées du fleuve à Korogoc. Photo : le 17 mai 2019 à Nairobi

Les corps de 14 personnes, pour la plupart des bébés ou enfants, ont été découverts depuis le début de l'année dans le cadre d'une opération d'envergure pour nettoyer les rivières de Nairobi, a-t-on appris vendredi auprès de l'administration kényane.

Le corps d'un garçon de huit ans qui avait été étranglé et abandonné près de la Nairobi River, le principal cours d'eau de la capitale, a été trouvé vendredi. Quelques jours auparavant, deux bébés jumeaux avaient été découverts dans un sac plastique.

"Les jeunes du comté de Nairobi qui s'occupent du nettoyage de la Nairobi River ont aujourd'hui (vendredi) trouvé un nouveau corps d'un garçon étranglé et jeté près de la rivière", a déclaré un porte-parole du comté, Elkana Jacob.

"Cela fait un total de 14 corps d'adultes et de bébés retrouvés dans les rivières de Nairobi depuis que le gouverneur Mike Sonko a lancé la campagne de nettoyage", a-t-il ajouté.

Fredrick Okinda, président de l'association environnementale Komb-Green Solutions, qui participe au nettoyage, a dénoncé les cliniques illégales pratiquant l'avortement, certains des corps découverts semblant, selon lui, être ceux de foetus.

"Certains hôpitaux font avorter de jeunes filles et ils n'ont aucun endroit pour jeter les corps", a-t-il déclaré à l'AFP. L'avortement est illégal au Kenya, à moins que la femme ne soit en danger de mort.

D'autres de ces bébés semblent avoir été "jetés après être nés", a souligné M. Okinda. Son organisation a enterré certains bébés près de la Nairobi River.

Le nom Nairobi vient de la langue maa, le langage des Maasai, signifiant "l'endroit de l'eau fraîche". Mais les cours d'eaux de la capitale n'ont pas échappé aux méfaits de l'industrialisation et d'une urbanisation débridée.

Des usines déversent des déchets industriels dans ces rivières, et les habitants de dizaines de bidonvilles dépourvus de tout système de traitement des eaux usées ou des déchets y jettent leurs ordures ménagères.

Les opérations de nettoyage ont commencé au début de l'année. "Le nombre de corps retrouvés dans les rivières est inquiétant", avait réagi samedi M. Sonko dans un communiqué. "Nous avons demandé à la police d'enquêter sur ces cas. Qui sont les gens derrière ces meurtres insensés ?”

"Une fois que les rivières auront été nettoyées, personne ne jettera plus rien à l'eau sans qu'on le voit faire", avait-il affirmé. "Mes équipes travaillent jour et nuit pour s'assurer que nous réussissions à faire ce que nous avons décidé."

Outre huit bébés et le jeune garçon trouvé vendredi, les corps de cinq adultes ont été trouvés dans ces opérations de nettoyage depuis le début de l'année, dans la Nairobi River et ses affluents, la Ngong River et la Mathare River.

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