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Renault en pleine accélération grâce à son site de Tanger

Une usine Renault à Melloussa, dans le port de Tanger, le 12 mars 2018.

En pleine accélération industrielle depuis son ouverture en 2012, l'usine Renault de Tanger produit une voiture toutes les minutes, exporte dans 74 pays au départ du port voisin et attire au Maroc un essaim de sous-traitants.

"L'usine est montée en puissance extrêmement rapidement, elle a fêté son millionième véhicule en juillet dernier et se place dans le top 5 des sites de production" du groupe, se félicite le directeur général pour le Maroc, Marc Nassif.

Sur ce site de 300 hectares situé à une trentaine de km du port de Tanger Med, tout a été conçu pour la réduction des coûts, la productivité. De la découpe des tôles à la sortie des voitures rutilantes, en passant par l'emboutissage, la tôlerie, la peinture et le montage, tout est minuté. Le moindre geste des ouvriers est calculé, dans les tunnels de lumière blanche.

Les 1.200 véhicules qui sortent chaque jour de l'usine arrivent au pied des navires en 40 mn de train pour exportation vers l'Europe, les pays du Golfe, l'Afrique et, depuis peu, Cuba.

Renault Maroc est devenu "un contributeur à hauteur de 10% des volumes mondiaux vendus par le groupe: en 2017, avec 370.000 véhicules produits au Maroc", où la marque se pose comme "l'acteur principal du marché national", souligne Marc Nassif.

>> Lire aussi : Le géant chinois de la voiture électrique BYD va s'installer au Maroc

Pour lui, "ce qui fait la performance du système industriel, c'est le volume de production et les infrastructures de premier plan" développées par les autorités marocaines dans une région encore "en sous-activité à la fin du siècle dernier".

L'industrie locale s'est développée, des fournisseurs étrangers se sont installés et "la moitié du véhicule produit est sourcé marocain, avec un objectif minimal de 65% en 2023", afin également de réduire les coûts de production, selon le patron de Renault Maroc.

"On est sur un rythme stabilisé de production maximale, on vise 330.000 pour cette année", complète Jean-François Gal, directeur de l'usine, où quatre modèles de voitures d'entrée de gamme sont produites.

Le site de Tanger emploie 8.600 personnes et "100% du personnel est marocain", avec des salaires légèrement supérieurs au minimum local, autour de 250 euros par mois, selon Renault.

Au-delà des performances industrielles, une des grandes fiertés du directeur du site, c'est le "zéro émission de CO2": l'électricité provient majoritairement d'un immense parc éolien situé à proximité, l'énergie thermique est produite à partir de la combustion de grignons d'olive -traditionnellement utilisés dans les campagnes marocaines- et de palettes de bois broyées.

Avec AFP

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Soudan: la contestation suspend les discussions avec l'armée, veut intensifier le mouvement

Sit-in devant le siège de l'armée à Khartoum, au Soudan, le 20 avril 2019. Les manifestants exigent que l'armée, qui a renversé et arrêté le président Omar al-Bashir la semaine dernière, cède immédiatement le pouvoir.

Les responsables de la contestation au Soudan ont annoncé dimanche la suspension des discussions avec les militaires, et appelé à intensifier les manifestations réclamant un pouvoir civil.

"Nous suspendons nos discussions avec le Conseil militaire" de transition, a déclaré un porte-parole des organisations représentant la contestation, Mohamed al-Amine, qui s'adressait à des milliers de personnes rassemblées devant le QG de l'armée à Khartoum.

"Nous considérons le Conseil militaire comme un prolongement du régime" de l'ex-président Omar el-Béchir, destitué le 11 avril dernier, a-t-il ajouté en appelant à "poursuivre et intensifier les manifestations jusqu'à ce que nos demandes soient satisfaites".

Les manifestants massés devant le QG militaire agitaient des drapeaux soudanais, et inondaient de lumière les bâtiments avec les lampes de leurs téléphones portables.

"Liberté, paix, justice" scandait la foule. "Notre révolution est civile, elle est protégée par le peuple" lançaient aussi des manifestants.

Le chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane, a fait monter la pression sur les manifestants en "condamnant le blocage de routes et la fouille de personnes sans en avoir l'autorité", lors d'une rencontre avec des officiers de haut rang. Il faisait référence aux barrages et points de contrôle établis par les manifestants aux abords du QG de l'armée.

Samedi, les dirigeants militaires et les leaders de la contestation avaient eu des discussions et convenu de les poursuivre. D'autres séries de discussions avaient également eu lieu auparavant, selon un responsable de la contestation.

Plus tôt dans la journée, le général Burhane avait affirmé à la télévision son "engagement à remettre le pouvoir au peuple", et promis que l'armée répondrait dans la semaine aux demandes des manifestants.

- Annonce "dans quelques jours" -

Il avait également indiqué que l'équivalent de 113 millions de dollars, en devise américaine, euros et livres soudanaises, avaient été saisis dans la résidence de M. Béchir. Le président déchu a été arrêté puis emprisonné après sa destitution par l'armée sous la pression de la rue.

Et le nouveau procureur général, al-Walid Sayyed Ahmed, en place depuis quelques jours à peine, a de son côté annoncé des dispositions pour contrôler les biens des hauts responsables du régime de M. Béchir et de leurs familles.

Mais ces annonces n'ont pas apaisé la foule qui campe depuis plus de deux semaines devant le siège de l'armée pour réclamer un transfert rapide du pouvoir à une autorité civile, seule à leur yeux à même de garantir une véritable transition politique.

L'annonce de la composition d'un Conseil civil censé remplacer le Conseil militaire, qui était attendue dimanche, interviendra "dans quelques jours", a indiqué un porte-parole de la contestation, Madani Abbas Madani.

La contestation au Soudan, déclenchée le 19 décembre après la décision du gouvernement Béchir de tripler le prix du pain, s'est rapidement transformée en contestation inédite contre le président déchu et plus largement du système en place.

- Aide financière de Ryad et Abou Dhabi -

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat le 30 juin 1989, Omar el-Béchir a dirigé d'une main de fer un pays miné par des rébellions dans plusieurs régions et est en outre accusé de graves violations des droits humains.

Sur le plan économique, le pays a aussi souffert de l'embargo imposé par les Etats-Unis en 1997, en raison notamment d'un soutien à des groupes jihadistes, et retiré 20 ans plus tard. Le Soudan demeure cependant sur la liste américaine des "pays soutenant le terrorisme."

Une délégation soudanaise va se rendre à Washington pour discuter d'un retrait du Soudan de cette liste, a déclaré dimanche M. Burhane à la télévision.

Les Etats-Unis avaient salué jeudi les premières mesures prises par les militaires, mais ont aussi appelé à une transition qui réponde davantage aux aspirations démocratiques des Soudanais.

Washington avait également annoncé la venue à Khartoum de la responsable du département d'Etat américain chargée de l'Afrique de l'Est, Makila James, "ce week-end", sans préciser qui elle y rencontrerait. Le général Burhane n'a pas fait de commentaire sur cette visite dans son interview télévisée dimanche.

Ryad et Abou Dhabi ont confirmé dimanche leur soutien au Soudan en annonçant un dépôt de 500 millions de dollars dans la banque centrale soudanaise et une somme de 2,5 milliards destinée à financer les besoins du peuple soudanais en produits alimentaires, médicaments et produits pétroliers, selon l'agence saoudienne officielle SPA, qui n'a pas précisé s'il s'agit de dons ou de prêts.

Dimanche, la valeur de la livre soudanaise s'est fortement renforcée sur le marché noir, s'échangeant à 45 livres pour un dollar contre 72 livres la semaine dernière. Le taux de change officiel est fixé à 47,5 livres pour un dollar.

Avec AFP

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