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Une dizaine de personnes enlevées à Beni en RDC

Des militaires de l’armée congolaise à Beni, dans le Nord-Kivu, 31 décembre 2013.

Une dizaine de personnes dont un journaliste congolais ont été enlevées jeudi par de présumés rebelles ougandais musulmans dans une région troublée de l'est de la République démocratique du Congo, ont déclaré des responsables locaux.

"Une dizaine de personnes ont été emportées par les présumés ADF à l'entrée de la ville hier (jeudi) vers 18h30" à Beni, a déclaré à l'AFP Gilbert Kambale, président de la société civile locale.

>> Lire aussi : Une résidence de Kabila incendiée dans l'est et un policier tué

Ces présumés rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) ont bloqué les véhicules qui revenaient de Kasindi pendant un temps avant d'amener les otages parmi lesquels le journaliste Jadot Mangwengwe, directeur de la radio Graben Beni, une station régionale, a-t-il expliqué.

"Nous exigeons la libération des otages", a ajouté M. Kambale qui affirme avoir "alerté les autorités locales sur un éventuel mouvement des ADF du nord vers le sud" avant cette incident.

Interrogé par l'AFP, le maire de la ville de Beni a confirmé ces enlèvement : "c'est triste mais vrai. Les gens ont été emportés".

Dans la région de Beni et ses environs, des ADF sont accusés d'avoir tué 14 Casques bleus tanzaniens. Les autorités congolaises et la Mission des Nations unies en RDC (Monusco) accusent les ADF d'avoir tué plus de 700 civils depuis octobre 2014.

Les ADF sont l'un des nombreux groupes armés actifs dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les deux provinces orientales de la RDC frontalières de quatre pays (Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie) et de trois grands lacs (Edouard, Kivu et Tanganyika).

A la fin du mois de décembre, l'armée ougandaise avait annoncé avoir lancé des attaques contre des camps de l'ADF en République démocratique du Congo, dans une opération conjointe avec l'armée congolaise. Les forces ougandaises avaient dit avoir tué près de 100 combattants des ADF dans l'opération.

Avec AFP

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Combats entre des rebelles du Soudan du sud et des forces gouvernementales

Les combats au Soudan du Sud sont les premiers depuis la signature de l'accord de paix en septembre dernier.

Des combats ont éclaté mardi non loin de la capitale du Soudan du Sud entre les forces gouvernementales et des rebelles qui ont refusé l'accord de paix signé il y a quelques mois, a annoncé le groupe rebelle.

Les mesures de sécurité ont été renforcées à Juba, la capitale, selon le correspondant de l'AFP, au moment où les combats ont commencé à 100 kilomètres de là, à Lobonok. Ces combats sont les premiers depuis la signature de l'accord de paix en septembre dernier.

Le Front national du salut (NAS), lancé par l'ancien général Thomas Cirillo Swaka en 2017 qui voulait renverser le régime du président Salva Kiir, a annoncé qu'il avait subi une attaque mardi matin.

Le NAS a précisé dans un communiqué avoir tué huit "soldats ennemis", information qui n'a pu être confirmée de source indépendante.

"Le commandement du NAS à Lobonok s'attend à plus d'attaques," selon le communiqué.

Lobonok se trouve près de la ville natale de l'ex-général Cirillo et a longtemps été un bastion des rebelles. Les derniers combats dans cette zone remontent à juin 2018.

"Depuis ce matin, nous n'arrivons pas à contacter nos commandants sur le terrain [à Lobonok] et nous n'avons pas d'informations fraîches de là-bas," a déclaré à l'AFP Lul Ruai Koang, porte-parole militaire sud-soudanais.

Cependant, des soldats ont été déployés à Juba, effectuant plus de contrôles de sécurité que d'habitude, selon le correspondant de l'AFP.

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013 lorsque M. Kiir, un Dinka, a accusé M. Machar, son ancien vice-président et membre de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'État.

Le conflit, marqué par des atrocités et le recours au viol comme arme de guerre, a fait plus de 380.000 morts selon une étude récente, et poussé plus de quatre millions de Sud-Soudanais, soit près d'un tiers de la population, à quitter leurs foyers.

L'accord de paix a entraîné une forte décrue des combats, même s'ils n'ont pas complètement cessé. Cet accord prévoyait la formation d'un gouvernement transitoire d'union nationale au plus tard le 12 mai.

Avec AFP

Gambie: l'ex-président Jammeh accusé d'avoir fait tuer des dizaines de migrants ghanéens

L'ancien président de la Gambie, Yahya Jammeh, le 27 septembre 2009.

Une trentaine de migrants originaires du Ghana ont été exécutés sommairement par une unité paramilitaire sur ordre de l'ex-président gambien Yahya Jammeh, ont accusé mardi deux anciens membre de la garde présidentielle, reconnaissant avoir participé au massacre.

Le témoignagne ressort d'une audition publique devant la Commission vérité et réconciliation (TRRC)

Les meurtres, qui remontent à juillet 2005, visaient 30 Ghanéens faisant partie d'un groupe de migrants clandestins --44 Ghanéens et plusieurs Nigérians, Sénégalais et Togolais-- arrêtés sur une plage de Gambie alors qu'ils tentaient de se rendre en Europe.

"Yahya Jammeh a ordonné l'exécution de ces ressortissants étrangers", présentés comme des "mercenaires", a déclaré devant la TRRC Omar Jallow, ex-membre des "junglers", une unité officieuse de soldats choisis au sein de la garde nationale.

Selon son récit, qui confirme une enquête des ONG Human Rights Watch (HRW) et TRIAL, ces 30 Ghanéens ont été emmenés dans le village du président, Kanilai, avant d'être exécutés de l'autre côté de la frontière sénégalaise.

Les autres migrants ont également été tués, à l'exception d'un unique survivant ghanéen, Martin Kyere, qui avait réussi à sauter du véhicule en marche. Yahya Jammeh, en exil en Guinée Equatoriale, a toujours démenti être impliqué dans ces assassinats.

Un autre militaire, Malick Jatta a également avoué mardi avoir tué l'un des migrants ghanéens, mais assuré avoir épargné un fuyard, dans une probable référence à Martin Kyere.

Omar Jallow a expliqué que leur commandant, le lieutenant Solo Bojang, "nous a dit que l'ordre de l'ancien chef de l'Etat (Yahya Jammeh) était de les fusiller". "On les a conduits un par un jusqu'au lieu d'exécution et Sanna Manjang et Malick Jatta leur ont tiré dessus et les ont jetés dans un puits".

Sanna Manjang, déserteur de l'armée en fuite, a été accusé lundi par Malick Jatta d'avoir participé, sur ordre de Yahya Jammeh, à l'assassinat en 2004 du journaliste Deyda Hydara, cofondateur du journal privé The Point et correspondant de l'AFP. M. Jatta a reconnu avoir participé à cet assassinat.

"La question maintenant est de savoir si Jammeh devra rendre des comptes", a réagi le conseiller juridique de Human Rights Watch Reed Brody.

- Demi-frère du président -

Omar Jallow a aussi expliqué que l'un des migrants lui avait donné "100 dollars pour qu'il puisse faire ses prières" mais qu'il avait été immédiatement abattu par Sanna Manjang. "J'ai gardé les 100 dollars".

L'ancien membre des "junglers" a ajouté avoir participé à l'exécution d'un demi-frère du président, Haruna Jammeh, peu après son interpellation en 2005 par la redoutée Agence nationale du renseignement (NIA).

Le demi-frère du président a été conduit dans une forêt proche de Kanilai, où "Sanna Manjang l'a tué d'un coup sur la nuque", a dit Omar Jallow.

Arrivé au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en juillet 1994 dans ce petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest, Yahya Jammeh s'était fait élire en 1996 puis réélire sans interruption jusqu'à sa défaite en décembre 2016 face à l'opposant Adama Barrow.

Les défenseurs des droits de l'Homme accusent son régime de tortures systématiques d'opposants et de journalistes, d'exécutions extra-judiciaires, de détentions arbitraires et de disparitions forcées pendant ses 22 ans de pouvoir.

Après six semaines d'une crise à rebondissements, il a finalement dû quitter son pays en janvier 2017 à la suite d'une intervention militaire et diplomatique régionale.

Interrogé début 2018 sur une éventuelle demande d'extradition de Yahya Jammeh, Adama Barrow a répondu qu'il attendrait la fin des travaux de la TRRC pour se prononcer.

Avec AFP

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