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L'ONU alarmée par les violations des droits de l'homme au Kasaï


Un ancien enfant soldat de la milice Kamuina Nsapu est de retour à l'école à Kananga le 19 octobre 2017.
Un ancien enfant soldat de la milice Kamuina Nsapu est de retour à l'école à Kananga le 19 octobre 2017.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a lancé un cri d'alarme vendredi devant les graves violations commises dans la région du Kasaï, au centre de la République démocratique du Congo, et décidé d'envoyer de nouveaux experts sur place.

Le Conseil, réuni à Genève, a adopté par consensus une résolution "condamnant fermement toutes les violences, les incitations à la haine et à la violence ethnique (...) commises par toutes les parties au conflit dans le Kasaï".

Le texte, qui résulte d'un compromis entre deux projets opposés de résolution, est moins dur que ce à quoi on pouvait s'attendre après le rapport rendu la semaine dernière par un groupe d'enquêteurs de l'ONU qui ont accusé les forces de sécurité congolaises et des milices de "crimes contre l'humanité" dans cette région.

>> Lire aussi : L'ONU accuse les forces de sécurité et milices de crimes contre l'humanité au Kasaï

Le Kasaï a été le théâtre en 2016-2017 d'un violent conflit depuis la mort le 12 août 2016 du chef traditionnel Kamuina Nsapu. Le bilan des affrontements entre les miliciens Kamuina Nsapu et les forces de sécurité, soutenues selon l'ONU par les milices Bana Mura, est de plus de 3.000 morts et 1,4 million de déplacés.

Dans leur rapport, les enquêteurs accusent les forces de défense et de sécurité de la RDC, la milice Kamuina Nsapu et les milices Bana Mura de mener des attaques contre les populations civiles "de façon généralisée ou systématique", en citant notamment des actes de meurtre, viol, réduction en esclavage, notamment sexuel, persécutions et "autres actes inhumains".

L'Union européenne avait déposé un projet de résolution parlant de "crimes contre l'humanité". Mais elle a retiré son texte après la présentation par un groupe de pays africains d'un projet de compromis.

>> Lire aussi : Les enfants rejoignent "volontairement" les groupes armés en RDC

Le document adopté vendredi ne fait plus allusion aux "crimes contre l'humanité" et ne demande pas non plus le renouvellement pour un an du mandat des enquêteurs de l'ONU en RDC.

Il préconise en revanche l'envoi d'une nouvelle équipe de deux experts des droits de l'homme chargés d'évaluer la réponse donnée par le gouvernement local aux recommandations de l'ONU, notamment pour lutter contre l'impunité des coupables.

Parlant au nom de l'UE, le représentant slovaque Anton Fric a déclaré que l'Union regrettait que la résolution "ne prenne pas en compte totalement la gravité et l'étendue des violations passées et présentes et des abus de droits de l'homme dans la région du Kasaï".

Il a en particulier souligné que le document ne faisait pas référence "à la découverte de plus de 90 fosses communes" et a relevé que "pas grand chose a(vait) été fait pour enquêter à leur sujet".

Avec AFP

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