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RDC : Il y a bien du pétrole sous les Virunga selon des tests effectués par Kinshasa

Une mine artisanale en RDC

En 2010, l'État congolais avait attribué plusieurs permis d'exploration pétrolière sur des concessions à cheval sur de larges portions des Virunga.

Les résultats de l'étude sismique réalisée au sein du parc des Virunga, dans l'est de la République démocratique du Congo, attestent la présence de pétrole dans le sous-sol de cette réserve naturelle, la plus vieille d'Afrique, a-t-on indiqué vendredi de source officielle à Kinshasa.

La société britannique Soco a "remis [...] les résultats des analyses sismiques" et ceux-ci sont toujours à l'étude, mais ils "sont positifs" a déclaré à l'AFP le ministre des Hydrocarbures congolais, Aimé Ngoi Mukena.

A la question "est-ce qu'il y a un champ [pétrolier] ?" les résultats indiquent que "oui", a ajouté le ministre, joint par téléphone, sans donner plus de détails.

Situé dans la province du Nord-Kivu, le parc national des Virunga abrite plusieurs espèces animales menacées, parmi lesquelles le gorille des montagnes, et offre une diversité de paysages exceptionnelle. Il est classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco (dans la catégorie "en péril" depuis le milieu des années 1990).

Depuis que l'on soupçonne la présence de pétrole dans le sous-sol du parc, l'Unesco a fait savoir à plusieurs reprises que l'exploration et l'exploitation pétrolières étaient "incompatibles" avec le règlement du Comité du patrimoine mondial.

En 2010, l'État congolais avait attribué plusieurs permis d'exploration pétrolière sur des concessions à cheval sur de larges portions des Virunga.

A l'issue d'une intense mobilisation internationale et locale, la RDC a suspendu ces permis mais a associé Soco à une "étude" destinée à estimer les effets d'une éventuelle exploitation pétrolière sur l'environnement.

Titulaire de la licence sur le "bloc V", zone de prospection qui englobe la majeure partie de la moitié sud du parc, Soco a réalisé en 2014 des tests sismiques dans lesquels les opposants au forage ont vu un programme d'exploration pétrolière caché.

Plusieurs ONG congolaises et internationales ont accusé l'entreprise de corruption et d'intimidation. Soco a réfuté ces allégations mais elles ont poussé l'Église anglicane à se débarrasser cette année de l'intégralité de sa participation de 1,6 million de livres (2,2 millions d'euros) dans le capital de l'entreprise, quand bien même Soco eût annoncé qu'elle ne comptait plus être "impliquée d'aucune façon" dans le bloc V.

Selon M. Ngoi Mukena, Soco a demandé au gouvernement de pouvoir "se retirer du bloc V". Interrogé par l'AFP, un porte-parole de l'entreprise a indiqué que Soco ne souhaitait plus parler d'une affaire qui ne la concerne plus.

Son site internet indique désormais que Soco "ne détient plus la licence du bloc V", le groupe n'ayant pas demandé son renouvellement à son expiration, fin septembre.

M. Ngoi Mukena n'a pas indiqué ce que l'État comptait faire de la licence sur le bloc. Certains opposants à l'exploitation pétrolière dans le parc craignent que le gouvernement cède ce permis à un autre opérateur.

Par le passé, Kinshasa a mis en avant la nécessité d'exploiter le pétrole qui pourrait se trouver dans les Virunga au nom du développement économique de la RDC, dont l'immense majorité de la population croupit dans la misère.

Les opposants au forage arguent que dans une région en proie à une violence chronique, cela ne feraient qu'attiser les conflits armés qui déchirent le Nord-Kivu depuis plus de vingt ans. Ils proposent un modèle de développement économique alternatif pour les populations riveraines du parc autour du tourisme, de la pêche et de l'énergie hydraulique.

"Si le gouvernement tente d'exploiter ce pétrole, pour nous ce sera la mort", a déclaré à l'AFP Bantu Lukambo, président d'une ONG locale de défense de l'environnement joint par téléphone à Goma, la capitale du Nord-Kivu, "est-ce en détruisant les Virunga qu'on va faire disparaître la pauvreté au Congo ?"

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Les résultats de la présidentielle au Malawi retardés pour cause de litiges

Un policier au centre Tally à Blantyre, le 24 mai pendant un briefing May 24, 2019,

La Commission électorale du Malawi (MEC) a suspendu vendredi la publication des résultats des élections présidentielle et législatives disputées mardi, le temps de régler les nombreux recours et plaintes déposés par les partis politiques.

Diffusés jeudi après le dépouillement de trois-quarts des bureaux de vote du pays, les derniers chiffres provisoires accordaient un clair avantage au président sortant Peter Mutharika, crédité de 40,49% des suffrages, devant le chef de l'opposition Lazarus Chakwera avec 35,44% des voix.

"La Commission ne donnera pas de nouveaux résultats à ce stade parce que leur publication est soumise à la résolution des litiges", a indiqué vendredi la présidente de la MEC, Jane Ansah.

"La Commission travaille sans relâche, jour et nuit, pour faire en sorte de fournir des résultats crédibles au processus électoral", a-t-elle poursuivi devant la presse à Blantyre, "nous nous assurons que chaque bulletin décompté dans les bureaux de vote l'est également au centre national".

Selon Mme Ansah, les services de la MEC ont reçu un total de 147 requêtes concernant les scrutins présidentiel, législatif et locaux qui se sont déroulés mardi.

La plupart concernent des bulletins annotés ou recouverts de "blanc" ou des accusations de falsifications de procès-verbaux de dépouillement dans les bureaux de vote.

Mercredi soir, M. Chakwera avait affirmé être "très largement en tête", selon des chiffres compilés par son propre état-major, et accusé le pouvoir de préparer des fraudes.

De nombreux incidents avaient émaillé les élections générales précédentes en 2014.

La société civile malawite et les observateurs se sont cette année félicités du bon déroulement, jusque-là, du scrutin, largement reconnu comme libre, transparent et équitable. Certains d'entre eux redoutent toutefois des tensions à l'approche des résultats.

La prochaine conférence de presse de la Commission électorale a été annoncée pour samedi.

Au pouvoir depuis 2014, Peter Mutharika a fait campagne pour un second mandat en louant son action au pouvoir pour améliorer les infrastructures du pays, notamment les routes, mais son règne a été terni par des scandales de corruption.

Ebola en RDC : quatre morts et 132 attaques contre des équipes médicales

L'équipe médicale au centre de traitement contre Ebola (ETU).

Le ministère congolais de la Santé a recensé 132 attaques contre les équipes sanitaires depuis le début de l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo il y a dix mois, avec un bilan humain de quatre morts.

"Entre le 1er aout 2018 et le 20 mai 2019, 132 attaques contre des formations sanitaires ont été enregistrées dans le cadre de l'épidémie d'Ebola, causant quatre morts et 38 blessés parmi les agents de santé et les patients", a indiqué le ministère dans son dernier bulletin quotidien diffusé vendredi.

Des infirmiers "ont dénoncé les menaces de mort et de destruction des structures sanitaires qu'ils reçoivent ces derniers jours en raison de leur rôle dans la riposte contre Ebola", ajoute le ministère.

"A cause de cette violence ciblée, plusieurs médecins et infirmiers des territoires de Beni et Lubero ont dû déménager ou quitter temporairement leur habitation, forçant ainsi certaines structures sanitaires à fermer leurs portes", ajoute-t-on.

Les infirmiers lors d'une assemblée générale jeudi ont demandé aux autorités "de s'impliquer pour mettre fin à ce phénomène de violence contre les agents de santé car, si les menaces ne cessent pas, ils envisagent de faire une grève sèche".

"Au total, il y a eu 1.248 décès (1.160 confirmés et 88 probables) et 490 personnes guéries" depuis le début de l'épidémie le 1er août, selon le ministère.

Les Nations unies viennent de nommer jeudi un "coordinateur de l'intervention d'urgence" contre l'épidémie d'Ebola.

Il s'agit de l'actuel représentant spécial adjoint du secrétaire général de l'ONU, David Gressly, qui doit donner une conférence de presse lundi à Kinshasa.

Agressions sexuelles dans le foot gabonais

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Kenya : 14 corps, dont des bébés, retrouvés dans les rivières de Nairobi

Une aire de jeux pour enfants située sur les rives de la rivière Nairobi, dans un parc de micro-loisirs créé par des jeunes des taudis et située sur une partie de la rive des eaux très polluées du fleuve à Korogoc. Photo : le 17 mai 2019 à Nairobi

Les corps de 14 personnes, pour la plupart des bébés ou enfants, ont été découverts depuis le début de l'année dans le cadre d'une opération d'envergure pour nettoyer les rivières de Nairobi, a-t-on appris vendredi auprès de l'administration kényane.

Le corps d'un garçon de huit ans qui avait été étranglé et abandonné près de la Nairobi River, le principal cours d'eau de la capitale, a été trouvé vendredi. Quelques jours auparavant, deux bébés jumeaux avaient été découverts dans un sac plastique.

"Les jeunes du comté de Nairobi qui s'occupent du nettoyage de la Nairobi River ont aujourd'hui (vendredi) trouvé un nouveau corps d'un garçon étranglé et jeté près de la rivière", a déclaré un porte-parole du comté, Elkana Jacob.

"Cela fait un total de 14 corps d'adultes et de bébés retrouvés dans les rivières de Nairobi depuis que le gouverneur Mike Sonko a lancé la campagne de nettoyage", a-t-il ajouté.

Fredrick Okinda, président de l'association environnementale Komb-Green Solutions, qui participe au nettoyage, a dénoncé les cliniques illégales pratiquant l'avortement, certains des corps découverts semblant, selon lui, être ceux de foetus.

"Certains hôpitaux font avorter de jeunes filles et ils n'ont aucun endroit pour jeter les corps", a-t-il déclaré à l'AFP. L'avortement est illégal au Kenya, à moins que la femme ne soit en danger de mort.

D'autres de ces bébés semblent avoir été "jetés après être nés", a souligné M. Okinda. Son organisation a enterré certains bébés près de la Nairobi River.

Le nom Nairobi vient de la langue maa, le langage des Maasai, signifiant "l'endroit de l'eau fraîche". Mais les cours d'eaux de la capitale n'ont pas échappé aux méfaits de l'industrialisation et d'une urbanisation débridée.

Des usines déversent des déchets industriels dans ces rivières, et les habitants de dizaines de bidonvilles dépourvus de tout système de traitement des eaux usées ou des déchets y jettent leurs ordures ménagères.

Les opérations de nettoyage ont commencé au début de l'année. "Le nombre de corps retrouvés dans les rivières est inquiétant", avait réagi samedi M. Sonko dans un communiqué. "Nous avons demandé à la police d'enquêter sur ces cas. Qui sont les gens derrière ces meurtres insensés ?”

"Une fois que les rivières auront été nettoyées, personne ne jettera plus rien à l'eau sans qu'on le voit faire", avait-il affirmé. "Mes équipes travaillent jour et nuit pour s'assurer que nous réussissions à faire ce que nous avons décidé."

Outre huit bébés et le jeune garçon trouvé vendredi, les corps de cinq adultes ont été trouvés dans ces opérations de nettoyage depuis le début de l'année, dans la Nairobi River et ses affluents, la Ngong River et la Mathare River.

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