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Deux rappeurs condamnés à 2 et 10 ans de prison en RDC pour outrage au chef de l'Etat


Des artistes de rap se réunissent pour une réunion afin de discuter de la manière de s'impliquer dans la politique à Kinshasa, en République démocratique du Congo. (C. Oduah/VOA)

Deux rappeurs congolais ont été condamnés vendredi par un tribunal militaire à deux et dix ans de prison pour avoir critiqué le chef de l'Etat et l'armée, à qui ils reprochent dans leurs chansons de ne pas mettre fin aux violences dans l'est de la RDC.

Katembo Delphin alias Idengo, 32 ans, a écopé de la plus lourde peine, 10 ans ferme, après avoir été reconnu coupable d'outrage à l'armée, participation à une entreprise de démobilisation de l'armée et incitation à s'armer contre l'autorité de l'Etat.

Muyisa Nzanzu Makasi, 33 ans, a quant à lui été condamné à 2 ans par le tribunal militaire de la garnison de Goma (chef-lieu du Nord-Kivu) pour outrage au chef de l'Etat, selon la décision lue en audience publique par le major Lazare Amsini, président du tribunal.

Venus assister à la lecture du jugement, des proches des deux hommes ont fondu en larmes. Leur défense a immédiatement annoncé son intention de faire appel.

A l'audience fin novembre devant le tribunal, siégeant dans l'enceinte de la prison centrale de Goma, Idengo avait dit "maintenir ce qui est dit dans (ses) chansons". "Chez nous à Beni, on tue les gens chaque jour depuis 2014", avait expliqué le chanteur, auteur notamment d'une chanson titrée "C'est pas normal".

Muyisa avait quant à lui rappelé que lorsqu'il était en campagne électorale, le président Félix Tshisekedi avait "promis de mettre fin aux massacres" mais, avait-il dit, "rien n'a changé".

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