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RDC: 10 civils tués et un hôpital incendié en Ituri dans une zone de combats

Des Casques bleus patrouillent a bord des véhicules blindés près du village abandonné de Kaswara, en Ituri, RDC, 14 juillet 2006.

Dix civils ont été tués et un hôpital incendié en Ituri, dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), où d'intenses combats ont opposé lundi l'armée régulière à des miliciens dans cette province placée sous état de siège, ont rapporté mardi des sources concordantes.

Le bilan de l'attaque de Boga lundi a été "réévalué à dix victimes civiles après la découverte de cinq corps supplémentaires", a indiqué le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) qui avait donné un premier décompte de cinq civils tués.

"L'hôpital a été incendié et un tombeau a été profané dans la cathédrale", ont ajouté les experts du KST, indiquant que "deux assaillant ont également été tués".

L'hôpital général du village de Boga, dans le Sud de l'Ituri, "a été la cible délibérée d'une attaque brutale le 7 juin", avait indiqué un peu plus tôt l'organisation Médecins sans frontières (MSF) qui soutient l'hôpital.

La pharmacie et le dépôt des médicaments ont été pillés, le service de soins intensifs incendié et les bâtiments saccagés, selon les premières évaluations, a indiqué cette source.

"Neuf enfants hospitalisés dans le service pédiatrique de l'hôpital et deux adultes attendent d'être évacués" vers un autre hôpital, à Gety, où "au moins huit patients, dont trois blessés par balle, sont arrivés hier soir (lundi)", poursuit MSF.

L'ONG affirme savoir "très peu de choses" sur les auteurs et les motivations de l'assaut contre cet hôpital, "dernière structure qui fournissait des soins aux populations vivant dans cette partie négligée" de la RDC.

L'armée mène des opérations militaires dans cette région de Boga et Tchabi, dans le territoire d'Irumu frontalier du Nord-Kivu, théâtre d'un récent carnage.

Le 31 mai, une cinquantaine de civils ont été assassinés dans l'attaque des deux villages de Boga et Tchabi.

D'après l'armée, l'hôpital a été incendié par des membres en fuite du groupe armé d'origine ougandaise des Forces démocratiques alliées (ADF).

L'attaque a été menée par des "hommes armés non encore identifiés" qui "se seraient retranchés" dans un village voisin, a déclaré de son côté à l'AFP Kabimba Zitono, chef du groupement de Rubingo, qui avait mentionné un bilan de quatre morts.

MSF a appelé les parties au conflit au respect des établissements de santé.

"Toutes les parties ont la responsabilité de veiller à ce que l'infrastructure et les personnels médicaux soient respectés", a déclaré Frédéric Lai Manantsoa, chef de mission de MSF en RDC.

Jeudi, l'Assemblée nationale a voté la prorogation pour un mois de l'état de siège dans les deux provinces voisines du Nord-Kivu et de l'Ituri, à la frontière du Rwanda et de l'Ouganda.

Cet état de siège a été proclamé le 6 mai par le président Félix Tshisekedi pour tenter de lutter contre les groupes armés dans les deux provinces.

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Le massacre de Solhan a été perpétré par des adolescents

Un homme lit le quotidien L'Observateur Paalga à Ouagadougou le 7 juin 2021, à propos des attentats survenus à Solhan.

Le massacre du 4 juin à Solhan, l'attaque la plus meurtrière contre des civils au Burkina Faso depuis des années, a été perpétré principalement par des enfants âgés de 12 à 14 ans, ont indiqué les Nations unies et le gouvernement.

Plus de 130 personnes ont été tuées lorsque des assaillants armés ont fait irruption dans le village, ouvrant le feu sur les habitants et brûlant des maisons.

Le porte-parole du gouvernement burkinabè, Ousseni Tamboura, a déclaré que la majorité des assaillants étaient des enfants, ce qui a suscité une vive indignation du côté des Nations unies.

"Nous condamnons fermement le recrutement d'enfants et d'adolescents par des groupes armés... Il s'agit d'une grave violation de leurs droits fondamentaux", a déclaré l'UNICEF, l'agence des Nations unies pour l'enfance, dans un communiqué publié jeudi.

Plus de 2 200 écoles fermées

Malgré les interventions des forces de maintien de la paix de l'ONU et des forces armées internationales, les attaques des extrémistes se poursuivent sans relâche dans la région du Sahel en Afrique de l'Ouest, notamment au Mali et au Niger voisins.

Des responsables locaux du nord du Burkina Faso, où les djihadistes contrôlent de vastes zones, ont déclaré que des enfants soldats avaient été utilisés par des groupes islamistes au cours de l'année écoulée, mais l'attaque de ce mois-ci était de loin le cas le plus médiatisé.

Des centaines de personnes ont été tuées et plus de 1,2 million sont déplacées, a déclaré l'UNICEF, précisant que beaucoup de civils ont été forcés de se réfugier dans des camps de fortune parsemés dans le nord, l'est et le centre arides. Plus de 2 200 écoles ont été fermées, soit environ une sur dix, ce qui affecte plus de 300 000 enfants.

Selon l'ONU, 324.000 enfants sont morts suite au conflit dans le Nord-Est du Nigeria

A Kebbi, dans le nord-ouest du Nigeria, une attaque contre l'école de la ville de Yauri a provoqué la panique le 18 juin 2021.

Le conflit entre l'armée nigériane et les groupes jihadistes du nord-est du Nigeria, qui dure depuis 12 ans, a causé la mort directe ou indirecte de près de 350.000 personnes dont 324.000 enfants, ont rapporté jeudi les Nations unies.

"Nous estimons qu'à la fin de l'année 2020, le conflit avait causé la mort de 350.000 personnes, dont 314.000 de causes indirectes", peut-on lire dans le rapport "Enquête sur les conséquences du conflit en terme de développement dans le nord-est du Nigeria" publié jeudi.

"Nous estimons que 90% des victimes de ce conflit, soit 324.000 sont des enfants de moins de 5 ans", est-il indiqué.

Selon les chiffres régulièrement avancés par les institutions internationales, plus de deux millions de personnes ont été forcées de quitter leur foyer.

Malnutrition au Niger et au Nigeria: "la situation devrait empirer", selon Issiaka Abdou de MSF
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L'insécurité, une menace perpétuelle sur la sécurité alimentaire, mais aussi les conditions économiques et sanitaires désastreuses des camps de déplacés, manquant d'infrastructures de base comme l'eau courante ou les soins, pourraient engendrer plus d'1,1 million de morts supplémentaires dans les dix prochaines années, prévient le rapport.

Dans le nord-est du Nigeria, l'ONU estime que 13,1 millions de personnes vivent dans les zones affectées par le conflit (Etats du Borno, d'Adamawa et Yobe), dont 5,3 millions souffrent d'insécurité alimentaire et ont besoin d'assistance pour survivre.

Une crise alimentaire menace les enfants entre le Niger et le Nigeria
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Le président nigérian Muhammadu Buhari est arrivé au pouvoir en 2015 avec la promesse de mettre fin à rébellion de Boko Haram, ancienne secte islamiste devenue un mouvement jihadiste violent.

L'ancien général est décrié pour sa gestion de la sécurité du pays, géant de 200 millions d'habitants, en proie à de nombreux conflits et à l'insécurité.

Le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), qui a fait sécession de Boko Haram en 2016, contrôle aujourd'hui d'importants pans de territoires autour de la région du lac Tchad, où les populations vivent sous son contrôle, sans accès aux services de l'Etat ou des agences humanitaires internationales.

Tigré: l'armée éthiopienne dit avoir ciblé des combattants rebelles

Une résidente blessée de Togoga, un village situé à environ 20 km à l'ouest de Mekele, est transporté sur une civière à l'hôpital de référence Ayder à Mekele, la capitale de la région du Tigré, en Éthiopie, le 23 juin 2021.

L'armée éthiopienne a reconnu avoir mené mardi une frappe aérienne sur le village de Togoga, dans la région du Tigré, mais a assuré n'avoir visé que des combattants loyaux aux anciennes autorités régionales, jugeant "inacceptable" d'affirmer que des civils étaient ciblés.

Des témoins et des médecins ont fait état mercredi de nombreuses victimes civiles après que le marché hebdomadaire de Togoga, alors très fréquenté, a été touché mardi à la mi-journée par une frappe aérienne. Ce bombardement a été condamné par la communauté internationale.

Aucun bilan précis de cette frappe n'était encore connu jeudi en raison notamment d'un accès restreint à cette localité, située à une trentaine de kilomètres de la capitale régionale Mekele. Des témoignages de survivants évoquent des dizaines de morts et de blessés.

Selon le porte-parole de l'armée éthiopienne, "l'opération" menée le 22 juin visait des forces réunies à Togoga "pour célébrer ce qu'ils appellent la fête des martyrs", commémoration d'un bombardement sur la ville tigréenne d'Hawzen le 22 juin 1988 durant la guerre civile.

"Il n'est pas possible que ces (combattants) lorsqu'ils dansent armés pour célébrer leur soi-disant jour des martyrs, puissent en même temps s'appeler des civils lorsqu'ils sont ciblés dans une opération militaire. C'est inacceptable", a déclaré à l'AFP le colonel Getnet Adane.

"Il est clair que les derniers combattants du TPLF et de ses milices s'habillent en civil", a-t-il insisté.

"Lier cette opération à un jour de marché (...), c'est de la pure propagande. En Éthiopie, les gens vont au marché le matin et l'après-midi, ils sont généralement déserts", a-t-il affirmé, soulignant que l'armée éthiopienne est "une armée professionnelle (qui a) l'obligation légale de défendre les civils, et encore plus ses propres citoyens".

Brûlures et amputations

Ce bombardement est intervenu au lendemain d'élections nationales en Ethiopie - qui ne se sont pas tenues au Tigré où elles ont été reportées sine die - et alors que cette région du nord du pays connaît depuis quelques jours un regain des combats qui opposent depuis plus de sept mois l'armée fédérale à des forces loyales aux anciennes autorités régionales.

L'armée éthiopienne est également accusée d'avoir empêché les secours d'accéder à Togoga et les blessés de se rendre à l'hôpital de Mekele.

L'ONU a appelé mercredi à une "enquête rapide sur cette attaque et les actes ultérieurs privant les victimes de soins médicaux". L'Union européenne et les Etats-Unis ont également condamné cette frappe.

De rares ambulances ont été autorisées à passer et la trentaine de blessés, dont plusieurs enfants, arrivées à l'hôpital de Mekele ont livré des témoignages dramatiques.

"Il y avait beaucoup de blessés et de morts, on marchait sur eux et dans leur sang", a raconté à l'AFP Birhan Gebrehiwet, jeune femme de 20 ans.

Negash Araya, 47 ans, affirme avoir "vu de (ses) yeux les corps de 58 personnes mortes", après que deux avions ont lâché "six bombes" sur le marché.

"Il y a encore beaucoup de gens sous les décombres", soulignait mercredi soir Tsigabu Gebretinsae, dont le fils de 22 ans a été tué et la fille âgée de 12 ans, blessée à une main, a dû être amputée.

Un médecin a déclaré jeudi à l'AFP que le personnel de l'hôpital de Mekele avait procédé à des amputations et traitaient également des brûlures et des blessures par éclats d'explosif.

"Les patients nous ont dit qu'il s'agissait d'une frappe aérienne. Les blessures suggèrent qu'il s'agissait d'un bombardement", a-t-il indiqué.

Les réfugiés et déplacés internes originaires du Tigré sans nouvelles de leurs familles
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"Attaque gratuite"

En novembre, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale pour arrêter et désarmer les autorités dissidentes de la région, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Cette opération militaire s'est transformée en un conflit de longue durée, marqué par de nombreux récits d'exactions sur les civils (massacres, viols...).

Les combats persistent entre les forces pro-TPLF et l'armée fédérale éthiopienne, épaulée par des troupes des autorités régionales voisines de l'Amhara et l'armée de l'Erythrée, pays frontalier du Tigré.

Selon l'ONU, au moins 350.000 personnes y sont en situation de famine, ce que conteste le gouvernement éthiopien.

Ces derniers jours, le Tigré a connu un regain d'activité militaire, notamment autour des villes stratégiques d'Adigrat et Wukro.

Dénonçant une "attaque gratuite sur un marché à Togoga", le porte-parole du Commandement central du Tigré, Getachew Reda, a affirmé mercredi soir sur Twitter que les forces pro-TPLF avoir abattu un avion "transportant des explosifs et des munitions".

Les réfugiés mauritaniens dans une situation précaire au Sénégal

Des réfugiés mauritaniens à Guinaw Rails dans la banlieue de Dakar, au Sénégal, le 23 juin 2021. (VOA/Seydina Aba Gueye)

En 1989, un conflit intercommunautaire éclate dans la région frontalière entre le Sénégal et la Mauritanie. Environ 60.000 personnes avaient fui de la Mauritanie vers le Sénégal et le Mali, selon le HCR. En 2021, la majorité d’entre eux vivent toujours au Sénégal.

Apatrides, sans emplois ni revenus stables, sans domiciles fixes et souvent hébergés dans des maisons en délabrement ou en construction, les réfugiés mauritaniens vivant au Sénégal vivent au jour le jour. À Guinaw Rails, dans la banlieue de Dakar, nous retrouvons quelques membres de cette communauté.

Maïri Ba vit avec sa famille et pour elle les conditions sont très précaires. "On survit difficilement au rythme de tracasseries quotidiennes pour nous les femmes. Nos maris courent de gauche à droite pour trouver de quoi nourrir notre progéniture mais ce n’est pas toujours évident car des fois nous n’avons rien à nous mettre sous la dent", déclare-t-elle.

Maïri est également préoccupée par l’éducation des enfants, le logement et l’emploi qui sont aussi des problèmes."On se fait souvent expulser de nos lieux d’habitation à cause du manque de revenus et nos enfants parviennent difficilement à étudier dans ces conditions. Nous sommes fatigués de cette situation", dit-elle.

Son mari Mamadou Lamine Ba lui emboîte le pas. Pour lui, la situation de leurs enfants est le plus difficile à vivre.

"Nous sommes des êtres humains et nous méritons de vivre dans la dignité après 32 ans de calvaire. Nos enfants se battent à l’école et à l’université pour faire partie des meilleurs mais au final ils ne peuvent accéder à aucune profession faute de nationalité. Leurs demandes d’intégration ne sont pas prises en compte", explique-t-il.

Pour prouver la véracité de ses propos, il prend l’exemple de son fils "né au Sénégal, il a grandi et a étudié ici mais il ne peut pas accéder au monde professionnel parce qu’il n’a pas de certificat de nationalité. Il est apatride, son père est apatride. Nous n’avons plus de mère patrie, nous n’avons rien", se désole-t-il.

Face aux conditions de vie difficiles auxquelles ils font face au Sénégal, certains Mauritaniens avaient décidé de regagner leur pays d’origine à partir de mars 2008 sous l’égide de l’agence des Nations unies pour les réfugiés. Un retour pas totalement réussi si l’on se fie à Abdourahmane Sy de la Coordination des associations de réfugiés mauritaniens au Sénégal.

"Il y a eu environ 24.000 réfugiés qui sont retournés et depuis lors, la majorité n’ont aucune pièce d’identification, aucune reconnaissance", soutient-il.

Abdourahmane indique que ceux qui y sont retournés n’ont "pas retrouvé leur terre, ni leur village puisqu’on t’amène à 1km de chez toi et on te dit que tu es là aujourd’hui. Tu n’as donc plus le droit de regagner ton village ou ta ville natale alors que tu avais tout perdu. Il y a juste eu 1600 qui ont retrouvé leur nationalité. Tout le reste sont devenus des apatrides dans leur propre pays", dit-il.

Les réfugiés mauritaniens au Sénégal vivent dans la précarité
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Après plus de 30 ans de combats et malgré des résultats mitigés, ces familles réfugiées au Sénégal ne comptent pas baisser les bras.

Le 20 juin dernier, journée consacrée aux réfugiés, était une nouvelle fois l’occasion pour les Mauritaniens établis au Sénégal depuis 1989 contre leur gré de réclamer leur droit à une nationalité, de réclamer leur droit à un retour au bercail et le droit de leurs enfants à bénéficier de papiers qui leurs permettront d’étudier dans de bonnes conditions.

Une frappe aérienne a touché mardi un marché au Tigré

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