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L'ONU réclame la tenue des élections selon le calendrier retenu en RDC

L'ambassadeur des Pays-Bas, Karel van Oosterom, au centre, pendant une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, New York, le 28 juin 2016.

Le Conseil de sécurité "demande à toutes les parties de travailler ensemble pour la tenue des élections dans le calendrier" retenu du 23 décembre 2018 en République démocratique du Congo, a déclaré son président en exercice, l'ambassadeur néerlandais, Karel van Oosterom.

Lors de consultations à huis clos, les 15 membres du Conseil de sécurité ont aussi "condamné le recours à la violence lors de manifestations le 25 février dans différentes localités de RDCongo", a-t-il ajouté à l'issue de leur réunion, alors qu'une grève générale est organisée vendredi en mémoire des militants tués ce jour-là par des forces de l'ordre.

Le Conseil "déplore profondément la perte de vies humaines et demande aux autorités de respecter les droits de l'homme et les libertés fondamentales, notamment le droit de se réunir pacifiquement, et d'exercer le maximum de retenue dans leur réponse aux manifestations", a précisé le diplomate néerlandais.

>> Lire aussi : Enterrement d'un manifestant anti-Kabila en l'absence de sa famille en RDC

Ces manifestations de février visaient à demander au président Joseph Kabila, dont le mandat s'est achevé en décembre 2016, de déclarer qu'il ne se représenterait pas à la présidentielle. Sa position à ce sujet reste floue.

Les membres du Conseil de sécurité "notent la remise en liberté de 25 prisonniers politiques et réitèrent leur demande de libération des détenus politiques restant", a aussi déclaré Karel van Oosterom.

Lors d'une séance publique avant les consultations, la nouvelle émissaire de l'ONU et patronne des Casques bleus en RDCongo, l'Algérienne Leila Zerrougui, avait aussi demandé la libération d'autres prisonniers politiques. Elle a fait part de son inquiétude devant le risque de dégradation de la situation sécuritaire dans le pays au fur et mesure de la préparation des élections.

"La situation sécuritaire en République démocratique du Congo continue de se détériorer", a relevé Mme Zerrougui, qui a pris ses fonctions récemment et s'exprimait pour la première fois devant le Conseil de sécurité.

>> Lire aussi : Un groupe d'experts veut que l'ONU "suspende son soutien" au processus électoral en RDC s'il n'est pas "crédible"

En évoquant le risque accru d'instabilité dans plusieurs régions, menaçant les populations civiles, la responsable a notamment évoqué l'est du pays où des groupes armés restent très actifs.

"Je condamne les attaques persistantes menées par des groupes armés et milices divers à travers la République démocratique du Congo, le recrutement d'enfants, le viol de femmes et de jeunes filles, l'incendie de maisons et d'écoles, et la profanation des lieux de culte", a ajouté Leila Zerrougui.

Le nombre de personnes déplacées nécessitant une aide humanitaire a atteint 4,5 millions d'individus, soit le plus important en Afrique, a-t-elle aussi noté. Des centaines de milliers de personnes ont trouvé refuge dans des pays voisins. Plus de 7,7 millions de personnes sont en manque de nourriture dans le pays, a-t-elle précisé.

Le renouvellement du mandat de la force de l'ONU Monusco est programmé pour le 27 mars.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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