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Réunion d'experts autour des difficultés de gestion des frontières burkinabè


Les experts à Ouagadougou, le 30 novembre 2018. (VOA/Issa Napon)

Comment améliorer la gestion des espaces terrestres frontaliers burkinabè dans un contexte de conflits récurrents entres habitants de ces espaces et le contexte sécuritaire liée a la montée du jihadisme ? La question est au centre d’une étude commanditée par la commission nationale des frontières.

Reportage d'Issa Napon sur les frontières au Burkina
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L'étude, menée par le programme d’appui à la gestion des frontières, va être bénéfique à plusieurs titres au Burkina Faso, selon le ministre en charge de l’Administration du territoire, Siméon Sawadogo.

Le ministre en charge de l’Administration du territoire, Siméon Sawadogo à Ouagadougou, le 30 novembre 2018. (VOA/Issa Napon)
Le ministre en charge de l’Administration du territoire, Siméon Sawadogo à Ouagadougou, le 30 novembre 2018. (VOA/Issa Napon)

"Cette étude va nous permettre d’avoir un certain nombre d’éléments sur la démarcation et la délimitation de nos frontières de façon générale et de voir également comment les ressources naturelles sont partagées au niveau de ces frontières", a-t-il déclaré.

"Elle sont gérées avec les populations riveraines des différents pays concernés, il faut voir comment s’opère la migration sans oublier la coopération transfrontalière", a-t-il ajouté.

Edmond Sougue, à Ouagadougou, le 30 novembre 2018. (VOA/Issa Napon)
Edmond Sougue, à Ouagadougou, le 30 novembre 2018. (VOA/Issa Napon)

Edmond Sougué a conduit cette étude en procédure de validation. Pour lui, les experts ont "voulu mettre l'accent sur les principaux éléments juridiques sur la gestion des frontières au Burkina Faso".

Ils se sont ainsi rendus compte qu’il y a beaucoup de textes juridiques qui ne sont pas connus au niveau local, ce qui pose des problèmes.

"Il y a beaucoup de pratiques qui existent qui ne sont pas prises en compte par les textes comme la coopération transfrontalière, le commerce, la gestion des ressources naturelles ou de l’eau ou la transhumance."

La position géographique du Burkina Faso est un facteur de risque en terme de sécurité. Le peu de contrôle aux frontières offre aux terroristes des espaces où ils peuvent agir en toute impunité en se mêlant aux populations.

Lieutenant Colonel Kanon Coulibaly à Ouagadougou, le 30 novembre 2018. (VOA/Issa Napon)
Lieutenant Colonel Kanon Coulibaly à Ouagadougou, le 30 novembre 2018. (VOA/Issa Napon)

Les forces de sécurité sont confrontées à des situations délicates, comme le témoigne un des participant à l’atelier de validation, le lieutenant-colonel de gendarmerie, Kanou Coulibaly.

"Il y a souvent des situations où l'on se demande quelles mesures il faut prendre. Si quelqu’un arrive avec des papiers qui laissent place au doute, nous sommes obligés de détenir cette personne même si elle est innocente."

Pour Augustin Tankoano, maire de la commune de Diapaga, il est difficile d’être efficace sans texte actualisé.

"Je suis de la Tapoa donc de la zone de l’Est, donc vous voyez toutes les difficultés que nous avons, mêlées à toutes les agressions externes, dans un paysage où le dispositif juridique n’est pas très clair, ça ne nous permet pas souvent d’agir. En attendant, nous sommes tout le temps en concertation avec les autres présidents des collectivités des pays voisins, mais tout le monde est en alerte permanente. Il faut tranquilliser aussi ces populations."



Cette nouvelle donne sécuritaire a aussi été étudiée dans le cadre de cette étude. Selon Edmond Sougué, les experts ont "pris en compte le volet sécurité, mais c'est limité parce qu’on n’a pas eu accès à beaucoup d’information".

Mais il confirme qu'ils ont " traité le volet en matière de textes existants et en matière d’élément d’expérience et pratiques existantes", et pour, le défi, "c’est comment faire en sorte que les textes puissent favoriser pour plus de la sécurisation des zones frontalières."

Pays enclavé partageant plus de 6.500 kilomètres de frontières terrestres avec six Etats, le Burkina Faso veut répondre aux enjeux actuels de gestion des espaces frontaliers marqués par la résurgence des conflits communautaires et surtout par la menace terroriste et jihadiste.

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