Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Sénégal

Le départ d'Idrissa Seck vers la majorité présidentielle ouvre la voie à Ousmane Sonko

Idrissa Seck, le 15 janvier 2019. (Photo by SEYLLOU / AFP)

Au Sénégal, l’espace politique a été complètement bouleversé par le départ du principal opposant Idrissa Seck vers la majorité présidentielle. S’en sont suivies d’autres défections au sein de l’opposition.

Considéré jusqu'ici comme un farouche opposant du président Macky Sall, Idrissa Seck était perçu par beaucoup d’observateurs comme le leader naturel de l’opposition grâce à sa 2e place lors de la dernière présidentielle.

Pourtant, le juriste et analyste politique Rosnert Ludovic Alissoutain estime que son arrivée dans la mouvance présidentielle ne devrait pas surprendre.

"Il avait rejoint le président Abdoulaye Wade au moment où il était peut-être l’homme politique le plus populaire au Sénégal, on lui a pardonné ça parce qu’il a été deuxième de la présidentielle de l’époque. Maintenant, il revient faire encore une volte-face et je crois que cette fois-ci lui-même il sait qu’on ne lui pardonnera pas ça", affirme-t-il.

Pour le juriste, l’attitude d’Idrissa Seck interroge sur la finalité de sa carrière politique: "peut-être qu’il veut juste préparer sa retraite en ayant quelques ressources" au Conseil Économique, Social et Environnemental et en "apportant quelques financements" à son parti.

Selon le journaliste et analyste politique Serigne Saliou Gueye, cette reconfiguration de l’espace politique sénégalais montre que Macky Sall est impitoyable face à ses adversaires. Pour lui, il est parvenu à mettre dans sa poche les partis classiques tout en utilisant la machine judiciaire pour broyer ceux qui voulaient lui tenir tête.

"Tout ce que l’on puisse reprocher à Macky Sall je crois que ce n’est pas le fait qu’il ne soit pas un bon politicien. Depuis son discours de Kaffrine où il disait qu’il allait réduire l’opposition à sa plus simple expression et il est en train de le faire", explique-t-il.

Le journaliste détaille la méthode du président pour régner sur l’espace politique. "Il est parvenu à mettre dans sa poche les deux principaux partis socio-démocrate de ce pays que sont l’AFP et le PS, par la suite il a déstabilisé complètement le PDS en utilisant la machine judiciaire", analyse-t-il.

Ce nouveau coup politique du Président Macky Sall va-t-il affaiblir l’opposition?

Pour l’analyste politique Rosnert Ludovic Alissoutain,"ça ne change absolument rien et tout le monde sait que l’opposition aujourd’hui au Sénégal si ce n’est pas Guy Marius Sagna, c’est Ousmane Sonko, le reste ne dit rien, même le PDS ne réagit plus peut-être qu’ils ont leurs raisons mais il n’y a que Sonko et une partie de la société civile qu’on entend", fait-il remarquer.

Donc pour lui, Idrissa Seck "ne s’opposait pas et il était silencieux depuis qu’il avait perdu les élections, donc s’il va au pouvoir ça change quoi ? Absolument rien".

Le journaliste et analyste politique Serigne Saliou Gueye pense qu’avec le départ d’Idrissa Seck, l’opposition est amputée d’une force réelle. Il y aura forcément une nouvelle configuration autour de Ousmane Sonko.

"Le champ de l’opposition va être dirigé qu’on le veuille ou non par Ousmane Sonko. Maintenant qu’elles sont aussi les autres forces qui sont en présence dans cette opposition? Il y a Taxawu Sénégal de Khalifa Sall, il y a l’équation du PDS", explique-t-il.

Pour lui, le PDS est la première "force de l’opposition parlementaire mais ils ont un problème de leadership et c’est la raison pour laquelle le PDS a du mal à s’affirmer" sur le plan politique.

L’opposition sénégalaise est de plus en fragmentée et sa principale figure Ousmane Sonko a quitté la coalition qui l’a porté à la 3e place de la présidentielle suite à une audience secrète entre un de ses principaux alliés et le président Macky Sall.

Que cache l'entrée d'Idrissa Seck dans la majorité présidentielle?
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:11 0:00

Toutes les actualités

Un couple d'ingénieurs lance une marque d'aliments bio pour bébés

Un couple d'ingénieurs lance une marque d'aliments bio pour bébés
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:20 0:00

Affaire Ousmane Sonko: situation "plus que chaotique" à Dakar

Affaire Ousmane Sonko: situation "plus que chaotique" à Dakar
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:50 0:00

Affrontements au Sénégal alors que le chef de l'opposition est détenu

Affrontements au Sénégal alors que le chef de l'opposition est détenu
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:58 0:00

Troubles au Sénégal: le député Sonko chez le juge sans ses avocats

Des Sénégalais marchent devant le palais de Justice à Dakar, le 21 septembre 2015.

Le député sénégalais Ousmane Sonko, principal opposant au pouvoir, était vendredi matin dans le cabinet d'un juge à Dakar pour être interrogé après deux jours de troubles consécutifs à son arrestation, ont indiqué ses avocats.

"Ousmane Sonko est entré dans le bureau du doyen des juges. On a refusé l'accès à ses avocats", a dit Me Abdoulaye Tall à des journalistes près du palais de justice. M. Sonko a été amené au juge en vertu d'un mandat délivré dans l'enquête sur des viols dont il est accusé et qu'il réfute, selon ses avocats.

Mais la confusion règne quant à savoir si c'est bien dans cette procédure qu'il était interrogé.

Plusieurs quartiers de la capitale et différentes villes du pays réputé comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest ont été le théâtre d'affrontements entre jeunes et forces de police, de saccages et de pillages de magasins, en particulier sous enseigne française, après l'arrestation de M. Sonko mercredi.

M. Sonko a été arrêté officiellement pour trouble à l'ordre public, alors qu'il se rendait en cortège au tribunal où il était convoqué pour répondre à des accusations de viol.

L'arrestation du troisième de la présidentielle de 2019, pressenti comme un des principaux concurrents de celle de 2024, a provoqué la colère de ses partisans. Elle a aussi, disent de nombreux Sénégalais, porté à son comble l'exaspération accumulée dans ce pays pauvre face à la dureté de la vie depuis au moins un an et le début de la pandémie de Covid-19.

Affaire Ousmane Sonko: fumée noire et jets de pierres à Dakar
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:05 0:00

Après deux jours de détention dans les locaux de la gendarmerie et de tensions grandissantes, "Ousmane Sonko est entré dans le bureau du doyen des juges. On a refusé l'accès à ses avocats", a dit Me Abdoulaye Tall à des journalistes près du palais de justice.

Entre son interrogatoire et un appel à manifester en sa faveur lancé dans tout le pays par un collectif, la journée de vendredi s'annonçait lourde de menaces.

Un important dispositif de police entourait le palais de justice dans le quartier du Plateau, centre névralgique du pouvoir. A quelques centaines de mètres, les abords de la présidence ont été bouclés par des barrières derrière lesquels ont été positionnés des blindés.

L'un des avocats de M. Sonko, Me Bamba Cissé, a dit redouter que son client ne soit écroué à l'issue de son audition, un acte susceptible de redoubler la colère.

L'autoroute pour cible

M. Sonko, 46 ans, fait l'objet depuis début février d'une plainte pour viols et menaces de mort déposée contre lui par une employée d'un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos.

Personnalité au profil antisystème et au discours impétueux, le député réfute ces accusations. Il crie au complot ourdi par le président Sall pour l'écarter de la prochaine présidentielle.

Le président a démenti fin février, mais gardé le silence depuis sur l'affaire, alors que les incidents se sont poursuivis dans la nuit en banlieue de Dakar et ailleurs et menaçaient de reprendre vendredi.

Les manifestations ont fait au moins un mort jeudi dans le sud du pays.

Jeudi soir, des manifestants ont attaqué les locaux du quotidien gouvernemental le Soleil et de la radio RFM, appartenant au groupe de presse privé du chanteur et ancien ministre Youssou Ndour, jugés proches du pouvoir.

Des témoins ont rapporté que des manifestants s'en prenaient dans la nuit du haut des passerelles aux automobilistes sur l'autoroute dans la banlieue de Dakar. Les locaux de plusieurs enseignes françaises, dont Auchan, ont été attaqués depuis mercredi. Les écoles françaises dans le pays ont fermé. L'agence d'Air France dans le centre avait tiré le rideau.

Le gouvernement a prévenu qu'il prendrait "toutes les dispositions nécessaires au maintien de l'ordre public". Il a aussi mis en garde "certains médias" contre les conséquences de leur couverture "tendancieuse".

Dès jeudi soir, les autorités ont annoncé suspendre le signal de deux chaînes de télévision privées coupables selon elles d'avoir diffusé "en boucle" des images de violence.

Les réseaux sociaux ont rapporté des perturbations sur internet, à l'instar de celles observées dans un certain nombre de pays à l'initiative des gouvernants dans les périodes de crise.

Netblocks, observatoire qui surveille de telles coupures, a confirmé des restrictions sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie, affectant le partage de photos et de vidéos sur Facebook, YouTube, WhatsApp et Telegram selon lui.

Les autorités ont interdit la circulation des deux-roues à moteurs jusqu'à samedi soir. Les défenseurs des droits s'émeuvent de la réponse apportée par les autorités aux évènements.

"Les autorités sénégalaises doivent immédiatement cesser les arrestations arbitraires d'opposants et d'activistes, respecter la liberté de réunion pacifique et la liberté d'expression, et faire la lumière sur la présence d'hommes armés de gourdins aux côtés des forces de sécurité", a déclaré Amnesty International dans un communiqué.

La fédération nationale de football a annoncé suspendre toutes les compétitions "jusqu'à nouvel ordre" en raison de "l'indisponibilité plus que probable" des forces de sécurité.

Après deux jours de violences, Dakar à l'aube d'une journée sous tensions

Des gendarmes sénégalais lors d'une opération de déménagement d'étudiants universitaires, qui soutiennent le chef de l'opposition arrêté Ousmane Sonko, à Dakar le 4 mars 2021.

La présidence sénégalaise et les bâtiments officiels du centre de Dakar étaient placés sous haute protection vendredi après deux jours de troubles et à l'aube d'une journée à hauts risques de protestation contre l'arrestation du principal opposant au pouvoir.

Plusieurs quartiers de la capitale et différentes villes du pays réputé comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest ont été le théâtre depuis mercredi d'affrontements entre jeunes et forces de police, de saccages et de pillages de magasins.

Les incidents se sont poursuivis dans la nuit en banlieue de Dakar et un appel à manifester a été lancé pour vendredi, jour où Ousmane Sonko est censé être présenté à un juge.

L'arrestation, mercredi, d'Ousmane Sonko sur le chemin du tribunal où il se rendait pour être interrogé sur des accusations de viols qu'il réfute a provoqué la colère de ses partisans.

Le lieu où il se trouvait vendredi matin était incertain, un de ses plus proches collaborateurs, Djibril Guèye Ndiaye, disant à la radio qu'il n'était plus à la gendarmerie quand on lui a fait porter un petit déjeuner.

L'arrestation du troisième de la présidentielle de 2019, pressenti comme un des principaux concurrents de celle de 2024 a aussi, disent de nombreux Sénégalais, porté à son comble l'exaspération accumulée dans ce pays pauvre face à la dureté de la vie depuis au moins un an et le début de la pandémie de Covid-19.

Les manifestations ont fait au moins un mort jeudi dans le sud du pays. Un second décès, celui d'un adolescent selon les médias sociaux, a été rapporté par un élu local à Yeumbeul, dans la périphérie de Dakar, mais n'a pas été confirmé officiellement.

Jeudi soir, des manifestants ont attaqué les locaux du quotidien gouvernemental le Soleil et de la radio RFM, appartenant au groupe de presse privé du chanteur et ancien ministre Youssou Ndour, deux institutions jugées proches du pouvoir.

L'autoroute pour cible

Des témoins ont rapporté que des manifestants s'en prenaient dans la nuit du haut des passerelles aux automobilistes sur l'autoroute dans la banlieue de Dakar.

La journée de vendredi s'annonce chargée de tensions. Outre un appel à manifester dans tout le pays, Ousmane Sonko doit être amené par les gendarmes à une heure non fixée devant un juge chargé d'enquêter sur les viols présumés dont il est accusé, disent ses avocats.

M. Sonko avait été arrêté officiellement pour trouble à l'ordre public alors qu'il se rendait en cortège au tribunal pour être interrogé sur les viols présumés.


L'un de ses avocats, Me Bamba Cissé, a dit redouter que son client ne soit écroué à l'issue de son audition, un acte susceptible de redoubler la colère.

Un important dispositif de police a été mis en place autour du palais de justice dans le quartier du Plateau, centre névralgique du pouvoir. A quelques centaines de mètres de là, les abords de la présidence ont été bouclés par des barrières derrière lesquels ont été positionnés des blindés.

L'Assemblée nationale, proche, était également surveillée, a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Sonko, 46 ans, fait l'objet depuis début févier d'une plainte pour viols et menaces de mort déposée contre lui par une employée d'un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos.

Inquiétude sur les libertés

Personnalité au profil antisystème et au discours impétueux, le député réfute ces accusations. Il crie au complot ourdi par le président Sall pour l'écarter de la prochaine présidentielle.

Le président a démenti fin février, mais gardé le silence depuis sur l'affaire.

Le gouvernement a condamné "fermement les actes de violence, les pillages et destructions" jeudi soir, et prévenu qu'il prendrait "toutes les dispositions nécessaires au maintien de l’ordre public". Il a aussi mis en garde "certains médias" contre les conséquences de leur couverture "tendancieuse".

Dès jeudi soir, les autorités ont annoncé suspendre le signal de deux chaînes de télévision privées coupables selon elles d'avoir diffusé "en boucle" des images de violence.

Les réseaux sociaux ont rapporté des perturbations sur internet, à l'instar de celles observées dans un certain nombre de pays à l'initiative des gouvernants dans les périodes de crise.

Les défenseurs des droits s'émeuvent de la réponse apportée par les autorités aux évènements.

"Les autorités sénégalaises doivent immédiatement cesser les arrestations arbitraires d’opposants et d’activistes, respecter la liberté de réunion pacifique et la liberté d’expression, et faire la lumière sur la présence d’hommes armés de gourdins aux côtés des forces de sécurité", a déclaré Amnesty International dans un communiqué.

Voir plus

XS
SM
MD
LG