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Procès Habré : le calendrier prévisionnel "ne sera pas respecté"

Hissène Habré au tribunal à Dakar, Sénégal, 20 juillet 2015. (AP Photo/Ibrahima Ndiaye)

Le calendrier initial du procès de l'ex-président tchadien Hissène Habré devant un tribunal spécial africain à Dakar, prévoyant les dernières plaidoiries fin octobre, "ne sera pas respecté", a dit mardi à l'AFP une source au sein de cette juridiction, sans pouvoir annoncer un nouveau délai.

M. Habré, accusé de "crimes de guerre, crimes contre l'humanité et tortures" durant sa présidence au Tchad (1988-1990), comparaît depuis le 20 juillet devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE), tribunal spécial créé en vertu d'un accord entre le Sénégal et l'Union africaine (UA) qu'il ne reconnaît pas. Il refuse de s'exprimer et de se défendre devant cette juridiction.

Les audiences, qui avaient été suspendues le 21 juillet pour permettre à des avocats commis d'office pour la défense de prendre connaissance du dossier, ont repris le 7 septembre. D'après le calendrier prévisionnel des CAE, elles devaient prendre fin le 28 octobre avec une "déclaration de l'accusé" puis une "décision" du tribunal.

"Ce calendrier ne sera pas respecté, ce n'est plus possible, mais on ne peut pas, à la date d'aujourd'hui (mardi), donner un nouveau délai", a affirmé la source jointe mardi soir au tribunal ayant requis l'anonymat.

"Personne ne peut le dire aujourd'hui, parce qu'il faut qu'on termine d'abord les auditions" de témoins et experts, toujours en cours, a-t-elle précisé.

D'après le même calendrier prévisionnel, plus de 90 victimes et témoins ainsi qu'une dizaine de "témoins experts" devaient être entendus par la cour à Dakar, et 24 "victimes suppléantes" par visioconférence depuis N'Djamena jusqu'au 16 octobre. Les plaidoiries des parties civiles, le réquisitoire du parquet et les plaidoiries de la défense devaient ensuite se tenir du 19 au 27 octobre, avant la déclaration de l'accusé le lendemain.

Ces délais ont été communiqués "à titre indicatif. On ne maîtrise pas le temps judiciaire", tributaire d'"impondérables", a affirmé la même source au tribunal spécial.

Selon elle, au rythme actuel, les dernières plaidoiries pourraient avoir lieu "probablement dans la troisième semaine de novembre".

"Ensuite, la Chambre (le tribunal) doit se retirer pour délibérer" pour une période d'environ trois mois, a-t-elle estimé, "parce que c'est un dossier volumineux: 24.000 pages à compulser", ce qui ferait un verdict "probablement en février. Et après le verdict, il y a la période d'appel qui s'ouvre, les parties - parties civiles, Parquet comme défense - ont deux mois pour faire appel".

Renversé par l'actuel président tchadien Idriss Deby Itno, Hissène Habré a trouvé refuge au Sénégal en décembre 1990. Il a été arrêté le 30 juin 2013 à Dakar puis inculpé le 2 juillet 2013 par le tribunal spécial et écroué.

Il encourt entre 30 ans de prison ferme et les travaux forcés à perpétuité. Une commission d'enquête tchadienne a estimé que la répression durant sa présidence a fait 40.000 morts, au moyen de la police politique de son régime, la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS).

Lundi, l'ancien juge espagnol Baltasar Garzon, qui avait obtenu, en octobre 1998, l'arrestation à Londres de l'ex-président chilien (1973-1990) Augusto Pinochet - décédé en 2006 sans jamais avoir été condamné - a fait une visite remarquée au procès avant de s'exprimer devant la presse en compagnie de responsables d'organisations de défense des droits de l'Homme dont Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International.

M. Garzon a salué l'existence du tribunal spécial qui, a-t-il dit, "est un modèle qui peut parfaitement venir compléter la justice régionale dans les cas où la CPI (Cour pénale internationale) n'intervient pas, ou dans les cas où la justice régionale serait plus effective qu'à un niveau international comme la CPI".

Les victimes réclament "l'application de la loi", pas la "vengeance", et "un jugement juste" et équitable pour l'accusé "serait la meilleure récompense pour un juge, un juriste ou un militant des droits de l'Homme qui se bat depuis 18 ans pour le principe de juridiction universelle", a-t-il affirmé.

Avec AFP

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Des trafiquants de tortues lourdement condamnés à Madagascar

Earth Day

La justice malgache a confirmé mercredi en appel la condamnation à des peines aussi lourdes que rares de six ans de prison ferme de trois personnes reconnues coupables d'avoir participé à un trafic de 10.000 tortues d'une espèce protégée.

Comme en première instance, la Cour d'appel de Tulear (sud-ouest) leur a aussi infligé solidairement une amende de 100 millions d'ariarys (23.800 euros) et le versement de 30 millions d'ariarys supplémentaires (7.100 euros) de dommages et intérêts au ministère malgache de l'Environnement.

Les juges ont ordonné leur maintien en détention dès la fin de l'audience, a ajouté le Fonds mondial pour la nature (WWF).

Les trois trafiquants, dont une femme, avaient été arrêtés dans une maison de Betsinjaka (sud-ouest) par la police en avril 2018, en possession de 10.072 spécimens de tortues dites radiées.

Le WWF avait alors salué une saisie "record".

Du bois de rose aux lémuriens, la flore et la faune de Madagascar font l'objet de nombreux trafics, rarement réprimés par la police et la justice de l'île pauvre de l'océan Indien.

L'émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental démissionne pour "raison de santé"

Horst Kohler, émissaire des Nations unies pour le Sahara occidental, à Genève, le 22 mars 2019.

L'émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental, l'ancien président allemand Horst Kohler, 76 ans, a démissionné de ses fonctions "pour raison de santé", ont annoncé mercredi les Nations unies dans un communiqué.

"Le secrétaire général (Antonio Guterres) regrette profondément cette démission mais dit la comprendre parfaitement et transmet ses meilleurs voeux à l'émissaire", précise le communiqué de l'ONU. Horst Kohler était en fonctions depuis juin 2017.

L'ONU ne donne aucune précision sur les problèmes de santé de l'ancien président allemand.

Depuis sa prise de fonctions, Horst Kohler a laborieusement essayé de relancer la recherche d'une solution pour le Sahara occidental.

Après six ans d'interruption de dialogue, il avait réussi à faire reprendre langue aux parties concernées, notamment en réunissant en Suisse à deux reprises - en décembre puis en mars - le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie. Une troisième rencontre était envisagée pour les prochains mois sans qu'aucune date n'ait toutefois été arrêtée à ce stade.

Après la deuxième rencontre, le Polisario n'avait cependant laissé que peu d'espoirs pour des progrès rapides sur ce vieux conflit, affirmant que "le Maroc n'avait montré aucune appétence pour s'engager dans un processus sérieux de négociations".

Fin mars, Horst Kohler avait jugé que les positions restaient "fondamentalement divergentes".

"Le Royaume du Maroc a pris note, avec regret" de cette démission, écrit, dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères marocain, qui "rend hommage à M. Horst Kohler, pour les efforts qu'il a déployés depuis sa nomination".

Le Front Polisario s'est déclaré, de son côté, "profondément attristé" par la nouvelle et a remercié M. Kohler pour "ses efforts dynamiques afin de relancer le processus de paix de l'ONU".

Dans son communiqué mercredi, l'ONU souligne que le secrétaire général, qui remercie son émissaire pour son travail, "remercie également les parties (Maroc et Polisario) et les Etats voisins (Algérie et Mauritanie) pour leur engagement avec M. Kohler dans le processus politique" visant à trouver une issue au conflit.

Le Polisario réclame un référendum d'autodétermination pour le Sahara occidental, une étendue désertique de 266.000 km2 dans une région riche en phosphates et bordée d'eaux poissonneuses. Le Maroc, qui a annexé en 1975 cette ancienne colonie espagnole, refuse toute solution autre qu'une autonomie sous sa souveraineté.

Dans son dernier rapport, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres avait réclamé aux parties "des gestes" pour progresser vers une solution.

Fin avril, l'ONU a renouvelé pour six mois sa mission de paix au Sahara occidental. Washington estime qu'une durée courte accentue la pression sur les quatre parties pour parvenir à une solution à ce conflit ancien.

La Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental, au coût annuel d'environ 50 millions de dollars, compte quelque 300 membres. Depuis 1991, elle garantit un cessez-le-feu dans la région.

Avec AFP

Somalie : tensions avec le Kenya sur les visas de hauts responsables

Le président somalien en visite à Asmara

La Somalie s'est inquiétée des difficultés rencontrées par certains de ses ministres et parlementaires pour entrer au Kenya, selon une lettre authentifiée mercredi par l'AFP, alors que les relations entre les deux voisins se sont dégradées depuis le début de l'année.

Le ministère somalien des Affaires étrangères dit accueillir avec "une profonde inquiétude la décision récente du gouvernement du Kenya de restreindre la délivrance de visas d'entrée aux membres du gouvernement et du Parlement somalien", dans cette lettre authentifiée par un haut responsable somalien.

Il explique s'émouvoir que des membres du gouvernement et parlementaires somaliens aient été récemment "détenus par des responsables de l'immigration, leurs passeports confisqués, et forcés à retourner à Mogadiscio".

Une radio somalienne avait rapporté qu'un vice-ministre et deux sénateurs somaliens, détenteurs de passeports diplomatiques, avaient été empêchés lundi d'entrer au Kenya.

Sans vouloir entrer dans le détail de ce cas, la ministre kényane des Affaires étrangères, Monica Juma, avait déclaré mardi qu'elle serait "très surprise si quiconque s'était vu refuser l'entrée avec un visa" valide.

"Personnellement, je venais de Londres et mes collègues de Mogadiscio, quand nous nous sommes retrouvés bloqués à l'aéroport Jomo Kenyatta, et c'était en fait très surprenant car nous avions l'habitude de venir au Kenya et n'avions jamais connu pareille expérience", a raconté à l'AFP l'un des sénateurs somaliens concernés, Ilyas Ali Hassan.

Dans la même lettre, le ministère somalien des Affaires étrangères s'inquiète également que le Kenya ait rétabli un arrêt obligatoire à Wajir, près de la frontière entre les deux pays, pour un contrôle de sécurité sur tous les vols en provenance de Somalie. Cette pratique avait été abandonnée en 2016.

Les relations entre Mogadiscio et Nairobi s'étaient dégradées en février avec la décision du Kenya de rappeler son ambassadeur pour consultations, après la décision de la Somalie de mettre aux enchères des gisements de pétrole et de gaz situés dans une zone maritime disputée.

Les deux voisins d'Afrique de l'Est se disputent un vaste secteur maritime de plus de 100.000 km2, au sein duquel Nairobi a déjà accordé trois permis d'exploitation pétrolière à la compagnie italienne Eni SpA qui sont contestés par Mogadiscio.

La Cour internationale de justice (CIJ), plus haute instance judiciaire des Nations unies, a commencé en septembre 2016 à La Haye à entendre les arguments des deux parties.

Après une médiation de l'Éthiopie, le Kenya et la Somalie avaient pourtant promis en mars de régler leur différend.

Finlay Salesse de Radio One à Maurice sur les Chagos

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Le Vice Président déchu, Pierre claver Maganga Moussavou se défend

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