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Procès Gbagbo et Blé Goudé : la Côte d'Ivoire veut la vérité sur la crise sanglante de 2010

Laurent Gbagbo et son épouse Simone arrêtés par des forces républicaines fidèles au vainqueur des élections, Alassane Ouattara à l'Hôtel du Golf à Abidjan, Côte-d'Ivoire, lundi 11 avril 2011. (AP Photo/Aristide Bodegla)
Laurent Gbagbo et son épouse Simone arrêtés par des forces républicaines fidèles au vainqueur des élections, Alassane Ouattara à l'Hôtel du Golf à Abidjan, Côte-d'Ivoire, lundi 11 avril 2011. (AP Photo/Aristide Bodegla)

L'ex-président ivoirien comparaît jeudi devant la CPI à La Haye pour avoir dirigé une violente campagne destinée à conserver le pouvoir face à Alassane Ouattara en 2010.

Le procès de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (CPI) est très attendu en Côte d'Ivoire où ses partisans, comme ceux de son adversaire Alassane Ouattara, attendent "la vérité" sur la sanglante crise post-électorale qui a fait 3 000 morts en 2010-2011.

Ce procès "a un rôle éminemment pédagogique aussi bien pour la Côte d'Ivoire que pour l'ensemble des chefs d'Etats africains qui s'accrochent au pouvoir", estime Yacouba Doumbia, du Mouvement ivoirien des Droits humains (MIDH).

Laurent Gbagbo comparaît jeudi 28 janvier à La Haye, accusé d'avoir fomenté une campagne de violences pour tenter, en vain, de conserver le pouvoir face à Alassane Ouattara. Son co-accusé Charles Blé Goudé était lui à la tête de la milice des "Jeunes patriotes", accusés d'avoir tué et violé des centaines de personnes dans le but de maintenir son mentor au pouvoir.

Ouverture du procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé à la CPI

L’ex-président Laurent Gbagbo lors d’une audience de confirmation des charges à la Cour pénale international à La Haye, 19 février 2013.
1/12 L’ex-président Laurent Gbagbo lors d’une audience de confirmation des charges à la Cour pénale international à La Haye, 19 février 2013.
Laurent Gbagbo et son épouse Simone arrêtés par les forces républicaines fidèles au vainqueur des élections, Alassane Ouattara, à Abidjan, Côte d'Ivoire, 11 Avril 2011.
2/12 Laurent Gbagbo et son épouse Simone arrêtés par les forces républicaines fidèles au vainqueur des élections, Alassane Ouattara, à Abidjan, Côte d'Ivoire, 11 Avril 2011.
De jeunes gens se tiennent devant une barricade en feu érigée dans le quartier de Koumassi à Abidjan par les partisans du candidat de l'opposition Alassane Ouattara en signe de protestation au président sortant Laurent Gbagbo qui refusent de céder le pouvoir, 6 décembre 2010.
3/12 De jeunes gens se tiennent devant une barricade en feu érigée dans le quartier de Koumassi à Abidjan par les partisans du candidat de l'opposition Alassane Ouattara en signe de protestation au président sortant Laurent Gbagbo qui refusent de céder le pouvoir, 6 décembre 2010.
Des habitants des environs contemplent à distance les forces de sécurité dans le quartier de Koumassi à Abidjan, 6 décembre 2010.
4/12 Des habitants des environs contemplent à distance les forces de sécurité dans le quartier de Koumassi à Abidjan, 6 décembre 2010.
Le président de la Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo, à gauche, sourit lors d'une rencontre avec Mgr Jean Pierre Koutouan, à droite, venu le féliciter dans la ville d'Abidjan, Côte d'Ivoire, 10 décembre 2010.
5/12 Le président de la Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo, à gauche, sourit lors d'une rencontre avec Mgr Jean Pierre Koutouan, à droite, venu le féliciter dans la ville d'Abidjan, Côte d'Ivoire, 10 décembre 2010.
En compagnie de son épouse Simone, Laurent Gbagbo, président sortant ivoirien, contestant les résultats officiels de la Commission électorale qui donnent son rival Alassane Ouattarra vainqueur, reçoit les hommages des fonctionnaires et de ses partisans lors d'une prestation de serment parallèle, au Palais présidentiel d'Abidjan, 4 décembre 2010.
6/12 En compagnie de son épouse Simone, Laurent Gbagbo, président sortant ivoirien, contestant les résultats officiels de la Commission électorale qui donnent son rival Alassane Ouattarra vainqueur, reçoit les hommages des fonctionnaires et de ses partisans lors d'une prestation de serment parallèle, au Palais présidentiel d'Abidjan, 4 décembre 2010.
Regard vers le haut, le président sortant Laurent Gbagbo, contestant les résultats officiels de la Commission électorale qui donnent son rival Alassane Ouattarra vainqueur, est investi lors d’une cérémonie de prestation de serment au Palais présidentiel à Abidjan, 4 décembre 2010.
7/12 Regard vers le haut, le président sortant Laurent Gbagbo, contestant les résultats officiels de la Commission électorale qui donnent son rival Alassane Ouattarra vainqueur, est investi lors d’une cérémonie de prestation de serment au Palais présidentiel à Abidjan, 4 décembre 2010.
Contestant les résultats officiels de la Commission électorale qui donnent son rival Alassane Ouattarra vainqueur, le président sortant Laurent Gbagbo salue une foule de partisans et des fonctionnaires au cours de sa cérémonie de prestation de serment au Palais présidentiel d'Abidjan, 4 décembre 2010.
8/12 Contestant les résultats officiels de la Commission électorale qui donnent son rival Alassane Ouattarra vainqueur, le président sortant Laurent Gbagbo salue une foule de partisans et des fonctionnaires au cours de sa cérémonie de prestation de serment au Palais présidentiel d'Abidjan, 4 décembre 2010.
Fatou Bensouda, procureure de la Cour pénale internationale, à droite, et l&rsquo;avocat principal Eric Mac Donald, à gauche, discutent avant le début de l&rsquo;audience de confirmation de charges à La Haye, 19 février 2013.<br />
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9/12 Fatou Bensouda, procureure de la Cour pénale internationale, à droite, et l’avocat principal Eric Mac Donald, à gauche, discutent avant le début de l’audience de confirmation de charges à La Haye, 19 février 2013.
 
Des membres des &quot;Jeunes Patriotes&quot;, un groupe de soutien à l&#39;ancien président Côte d&#39;Ivoire, Laurent Gbagbo, suivent, sur un grand écran, les procédures judiciaires de leur ancien Charles Blé Goudé lors de son audition à la Cour pénale internationale (CPI), à Koumassi, un quartier d&rsquo;Abidjan, 2 octobre 2014
10/12 Des membres des "Jeunes Patriotes", un groupe de soutien à l'ancien président Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, suivent, sur un grand écran, les procédures judiciaires de leur ancien Charles Blé Goudé lors de son audition à la Cour pénale internationale (CPI), à Koumassi, un quartier d’Abidjan, 2 octobre 2014
Simone Gbagbo, l&#39;épouse du président Laurent Gbagbo de Côte-d&#39;Ivoire, agite un drapelet, saluant la foule au cours de la cérémonie d&#39;ouverture des célébrations marquant le 50e anniversaire de l&rsquo;indépendance du pays, au palais présidentiel, à Abidjan, 31 janvier 2010.
11/12 Simone Gbagbo, l'épouse du président Laurent Gbagbo de Côte-d'Ivoire, agite un drapelet, saluant la foule au cours de la cérémonie d'ouverture des célébrations marquant le 50e anniversaire de l’indépendance du pays, au palais présidentiel, à Abidjan, 31 janvier 2010.
Charles Blé Goudé, nommé par Laurent Gbagbo ministre de la jeunesse, de la formation professionnelle et de l&#39;emploi, harangue des partisans de Gbagbo lors d&rsquo;un rassemblement dans le quartier de Koumassi à Abidjan, Côte d&#39;Ivoire, 5 janvier 2011.<br />
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12/12 Charles Blé Goudé, nommé par Laurent Gbagbo ministre de la jeunesse, de la formation professionnelle et de l'emploi, harangue des partisans de Gbagbo lors d’un rassemblement dans le quartier de Koumassi à Abidjan, Côte d'Ivoire, 5 janvier 2011.
 
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Laurent Gbagbo est "innocent de tout ce qu'on lui reproche. On a vécu ici en Côte d'Ivoire il n'a rien fait", assure Stéphane Billon, criminologue de 41 ans, dans un maquis d'Abidjan. Lui et ses amis estiment que le procès va permettre "que soit levé un coin de voile pour qu'on sache la vérité sur tout ce qui s'est passé".

Hyacinthe Nogbout, du Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (Cojep) - le mouvement de M. Blé Goudé, devenu un parti - espère "que la justice sera rendue de façon équitable, impartiale".

Dans les bastions des accusés, leur procès doit être retransmis sur des écrans géants.

De nombreuses voix ont accusé le pouvoir du président Ouattara de pratiquer une "justice des vainqueurs". Une frange de l'opposition estime que Laurent Gbagbo ne devrait pas être jugé à la CPI et accuse la justice ivoirienne de ne s'intéresser qu'aux partisans de l'ex-président sans enquêter sur des exactions commises par le camp Ouattara.

Justice pour tous

En jugeant "Laurent Gbagbo seul, on comprendra en fait une partie mais pas l'ensemble de ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire", analyse M. Doumbia. "Il y a des enquêtes (...) pour indexer aussi le camp de M. Ouattara" car il faut "qu'aucun camp ne puisse s'exonérer" pour que le procès "ait un impact véritable dans la société", dit-il.

Joel N'Guessan, porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR), le parti de M. Ouattara, assure que la justice passera pour tous. "En matière de crimes contre l'humanité, en matière de crimes de guerre (...) les responsabilités sont individuelles, dit-il. M. Gbagbo est là-bas aujourd'hui, ceux qui doivent y être, y seront".

"Nous attendons que la vérité soit dite et nous attendons surtout que les victimes soient soulagées. Que la justice internationale dise : 'voilà ce que M. Gbagbo a fait de lui-même ou que ses partisans ont eu à faire'", poursuit-il, la voix empreinte d'émotion.

"Enfin, ce jour est arrivé ! On va juger Gbagbo pour tout le mal qu'il nous a fait. C'est une bonne chose, une très bonne chose", répète Maïmouna, la cinquantaine, qui a perdu son fils Ali, un "grand gaillard de 28 ans".

"Il a été tué par les gens de Gbagbo" à Abobo, quartier populaire d'Abidjan, théâtre de nombreuses exactions, raconte-t-elle.

Kassoum Dramé, 30 ans et sans emploi, montre sa main gauche déformée par une cicatrice. Il est handicapé après avoir reçu "neuf balles à l'abdomen, trois à la main".

"Je veux qu'il (Gbagbo) paie parce qu'il a gaché beaucoup de choses dans ma vie", dit-il. Il évalue le prix de son pardon à 800 millions de francs CFA, soit 120 000 euros.

Amélie Léa, 31 ans, a perdu ses deux frères dans l'ouest du pays : "Nous attendons ce jugement depuis très longtemps. Il y a des victimes de Laurent Gbagbo et des victimes de l'autre camp, celui de Ouattara. Donc, il faut vraiment une justice impartiale qui réjouisse les victimes ! Un jugement doit être fait pour que nos coeurs soient apaisés."

Avec AFP

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