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Prison en Algérie pour des membres d'un courant minoritaire de l'islam


Des femmes en voile se promènent devant une mosquée à Alger, 10 août 2016.

Les prévenus condamnés à de la prison ferme ont été reconnus coupables de "collecte de dons non autorisée, activité dans une association non autorisée et distribution de documents portant atteinte à l'intérêt national"

Cinq fidèles algériens de l'ahmadisme, mouvement messianique et réformiste de l'islam, considéré comme une secte en Algérie, ont été condamnés mercredi en appel à un an de prison ferme, a annoncé leur avocat.

"Cinq (prévenus) ont été condamnés à un an de prison ferme et six mois avec sursis, alors qu'un sixième a été condamné à six mois de prison avec sursis", a déclaré Me Salah Dabouz, joint au téléphone par l'AFP à Batna (435 km au sud-est d'Alger).

La Cour d'appel de Batna a néanmoins réduit les peines prononcées fin mars en première instance, qui allaient de 2 à 4 ans de prison ferme pour les six prévenus, âgés de 30 à 50 ans, selon Me Dabouz.

Les cinq prévenus condamnés à de la prison ferme ont été reconnus coupables de "collecte de dons non autorisée, activité dans une association non autorisée et distribution de documents portant atteinte à l'intérêt national".

Le sixième n'était poursuivi que pour les deux derniers chefs, dont il a été reconnu coupable.

"Tout cela est infondé, c'est pourquoi nous allons nous pourvoir en cassation", a affirmé leur avocat, ajoutant défier "quiconque de prouver que (ses) clients ont collecté le moindre sou".

Les six condamnés restent libres, leur pourvoi suspendant l'exécution de la décision de la Cour d'appel, a-t-il souligné.

Le Parquet de Batna n'était pas joignable mercredi.

Les Ahmadis, dont le nombre est estimé à 2.000 en Algérie, sont depuis 2016 dans le collimateur des autorités qui ont arrêté et poursuivi au moins 280 d'entre eux, immédiatement après avoir rejeté une demande d'enregistrement d'une association au nom du mouvement, selon Amnesty International (AI).

Plusieurs ont été condamnés à des peines allant jusqu'à deux ans de prison ferme, selon AI.

L'ahmadisme, qui revendique des millions de fidèles dans le monde, a été fondé par Mirza Ghulam Ahmad à la fin du XIXe siècle au Penjab (nord-ouest de l'Inde).

Les Ahmadis sont convaincus que Mirza Ghulam Ahmad est le "Messie des derniers temps", cité dans le Coran et annoncé par le prophète Mohammed, une croyance jugée hérétique par les courants majoritaires sunnites et chiites de l'islam.

L'ahmadisme a été déclaré secte non liée à l'islam en 1973 par l'Organisation de la coopération islamique (OCI), basée à Jeddah et dont l'Algérie est membre.

L'islam est religion d'Etat en Algérie où domine la doctrine malékite sunnite. L'exercice de tout culte est conditionné à l'obtention d'un agrément du lieu de culte et du prédicateur.

Avec AFP

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