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Présidentielle au Niger: une "crise s'installe" avec le boycott de l'opposition, selon la société civile


Meeting de campagne du président sortant du Niger Mahamdou Issoufou, 18 février 2016 (VOA/Nicolas Pinault)
Meeting de campagne du président sortant du Niger Mahamdou Issoufou, 18 février 2016 (VOA/Nicolas Pinault)

La société civile rappelle qu’elle avait déjà tiré la sonnette d’alarme pour que le processus électoral se déroule en toute transparence afin d’éviter la situation actuelle qu’elle qualifie de crise au Niger, avec le retrait de l’opposition au second tour de la présidentielle.

Le scrutin du second tour de la présidentielle se tiendra le 20 mars et opposera le président Mahamadou Issoufou au candidat de l’opposition Hama Amadou, emprisonné. Mais l'opposition a annoncé mardi son retrait du processus.

"C'est une crise qui s'installe dans le pays et une crise politique n'est pas quelque chose qu'on peut souhaiter", a, selon l’AFP, estimé mercredi Mouassa Tchangari, figure de la société civile nigérienne et opposant notoire au président Mahamadou Issoufou.

"Ce n'est pas une situation dont on peut se réjouir, même si on peut comprendre que l'opposition est plus ou moins fondée à le faire", a-t-il poursuivi.

"Nous, organisations de la société civile, depuis le début de ce processus nous avons fait pas mal des déclarations, des prises de positions pour attirer l'attention sur la nécessité de conduire ce processus de façon transparente, inclusive et éviter au pays de nouveaux problèmes", a conclu M. Tchangari.

Mardi soir, Seini Oumarou, 3e du scrutin présidentiel, avait annoncé: "L'opposition politique réunie au sein de la COPA 2016 décide de suspendre sa participation du processus électoral en cours (et) demande à ses représentants de se retirer de la Céni" (Commission électorale nationale indépendante).

Conformément à une alliance signée avant le premier tour, la COPA 2016 (Coalition de l'opposition pour l'alternance) qui comprend les principaux opposants, s'est unie autour d'Hama Amadou qui a obtenu 17,73% des suffrages lors du premier tour derrière le président Mahamadou Issoufou, qui a frôlé la victoire dès le 1er tour avec 48,43%.

La COPA, qui s'était montrée très critique du 1er tour accusant le régime de "fraude" a notamment justifié le boycott par l'absence de "proclamation officielle" des résultats du 1er tour du 21 février, le non-respect de la durée de la campagne électorale et "l'iniquité de traitement entre les deux candidats", Hama Amadou, étant actuellement emprisonné dans une affaire controversée de trafic d'enfants.

"Ils (l'opposition) se retirent parce qu'ils ne peuvent pas gagner. C'est désolant (...) A vrai dire, cela ne nous surprend pas. Les principaux candidats significatifs se sont ralliés à M. Issoufou. Voyant leur défaite, ils (les opposants) se sont retirés pour ne pas être battus. Ce ne sont pas des démocrates", avait réagi mardi le ministre de l'Intérieur Hassoumi Massaoudou.

Avec AFP

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