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Sénégal

Poursuites annulées contre un célèbre chanteur dans une affaire de faux billets

L'artiste et ministre sénégalais Youssou Ndour (C) et les chanteurs sénégalais Thione Seck (L), Ismael Lo et Omar Pene en concert au Grand Théâtre de Dakar le 8 septembre 201, au profit des victimes des inondations.

Le musicien sénégalais Thione Seck, membre de la légendaire formation Orchestra Baobab dans les années 1970, a obtenu jeudi l'annulation par un tribunal correctionnel de Dakar des poursuites le visant dans une affaire de faux billets, à cause d'un vice durant l'enquête.

Thione Seck, qui avait fait neuf mois de détention provisoire après son arrestation le 27 mai 2015, était poursuivi avec un Malien, Alaye Djité, pour "contrefaçon de signes monétaires" et "tentative d'escroquerie".

Un sac contenant "50 millions d'euros", qui se sont avérés être des faux billets en euros et des coupons bleus, avait été retrouvé chez le chanteur à Dakar, selon l'enquête.

Son co-prévenu malien Alaye Djité, chez qui les enquêteurs avaient trouvé du matériel pouvant servir à la fabrication de fausse monnaie, dont des photocopieuses, des encres, des billets de banques scannés ainsi que des faux billets, est en détention depuis juin 2015.

Le tribunal "annule le procès-verbal d'enquête préliminaire et toute la procédure" parce que "les mis en cause n'ont pas bénéficié de l'assistance d'un conseil durant la garde à vue", a déclaré le juge Amadou Diop.

La présence d'un avocat après une interpellation est prévue par les textes dans les pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa, 8 Etats) dont le Sénégal est membre.

Le tribunal a ordonné "la main levée du mandat de dépôt" contre Alaye Djiité, qui obtient ainsi la liberté.

Le parquet avait le 9 mai requis une peine de 2 ans de prison, dont huit mois ferme contre le chanteur de 64 ans, auteur de plusieurs albums à succès et une des plus belles voix du pays, et cinq ans ferme contre Alaye Djite.

"Toutes les poursuites ont été annulées et le ministère public ne peut plus les poursuivre sur la base des mêmes pièces" dont les faux billets trouvés au domicile du chanteur, a déclaré jeudi Me Bamba Cissé, un avocat du chanteur.

"On m'a emprisonné pendant huit mois. Ils m'ont fait du tort, à ma famille et mes fans", a déclaré, après le jugement, Thione Ballago Seck de son nom complet, dont le fils Wally Seck est l'un des chanteurs les plus populaires actuellement au Sénégal.

Le chanteur avait affirmé durant le procès avoir été "victime d'un complot" de Gambiens vivant en Suède, qui lui avaient fait miroiter un contrat de 100 millions d'euros pour une série de 105 concerts en Europe.

Un de ces Gambiens, Joachim Cissé, basé à Banjul, lui avait, selon lui, remis comme "avance" une somme de "50 millions d'euros" dans le sac contenant les faux billets trouvé à son domicile.

Les enquêteurs n'ont jamais retrouvé la trace de ce groupe de Gambiens et la plainte pour escroquerie déposée par Thione Seck avait été classée sans suite.

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L'arachide pose un dilemme au Sénégal

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L’arachide, un pilier de l’économie du Sénégal

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A Dakar, la hausse des loyers fragilise les familles les plus pauvres

Scène de rue à Dakar, Sénégal, le 15 juin 2016. (R. Shryock/VOA)

Sous la pression conjuguée d'une très forte croissance démographique, de l'exode rural et de la présence dans un pays réputé pour sa stabilité politique de nombreuses organisations internationales, Dakar s'est hérissée de grues et les loyers se sont envolés.

Après des mois d'allers-retours au commissariat, de menaces de son propriétaire et de vaines procédures judiciaires, Djibril Diagne a dû constater que l'eau avait été coupée dans son appartement de la banlieue de Dakar.

L'histoire de M. Diagne et de sa famille fait écho à celle de milliers de locataires précaires que les propriétaires tentent d'expulser pour ensuite augmenter leurs loyers.

Depuis le 1er janvier, cet électricien sénégalais de 64 ans, sa seconde épouse et leurs cinq enfants se servent aux robinets municipaux pour se laver et faire la cuisine. Mais ils ne veulent pas quitter cet appartement plutôt vaste, bien que sombre, situé à une quinzaine de kilomètres du centre de la capitale sénégalaise.

Les locataires d'en bas et ceux d'en haut sont déjà partis, soupire le père de famille, assis dans le salon défraichi de son logement, niché dans cette banlieue populaire où les charrettes tirées par des chevaux croisent sur des routes en sable les ouvriers d'un chantier voisin.

Implantée sur une étroite péninsule de 550 km2 (0,3% du territoire national), Dakar abrite 3,7 millions d'habitants, soit près du quart de la population sénégalaise, estimée à 16 millions d'habitants.

Sous la pression conjuguée d'une très forte croissance démographique, de l'exode rural et de la présence dans un pays réputé pour sa stabilité politique de nombreuses organisations internationales, Dakar s'est hérissée de grues et les loyers se sont envolés. Il manque 150.000 logements rien qu'à Dakar, selon le gouvernement.

Dans la grande banlieue, désormais reliée par une autoroute au centre-ville et à la ville nouvelle de Diamniadio, ainsi qu'au nouvel aéroport international Blaise Diagne, une maison qui se louait en moyenne 70.000 francs CFA (105 euros) il y a trois ans en vaut maintenant 150.000 FCFA (225 euros), selon des habitants, alors que le salaire minimum au Sénégal est d'environ 75 euros.

Entre 1994 et 2010, la hausse des loyers dans la capitale a été de 115%, selon les dernières statistiques disponibles de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie, (ANSD), qui reconnaît que les plaintes de locataires sont devenues monnaie courante.

- 'Une loi universellement ignorée' -

En 2014, le Parlement sénégalais a adopté une loi pour alléger les charges des locataires les pauvres, premiers touchés par cette hausse des prix. Le texte mettait en place une réduction obligatoire de 29% des loyers inférieurs à 150.000 francs CFA (227 euros).

Mais elle n'a pas été suivie de l'effet escompté.

Car pour contourner cette règle, "les propriétaires expulsent leurs locataires en affirmant qu'ils occuperont eux-mêmes leurs appartements, puis ils les remettent en location à des prix plus élevés", se désole le président de l'Association de défense des locataires du Sénégal, Elimane Sall. "La demande est supérieure à l'offre et les gens en profitent", soupire cet instituteur.

Non seulement les dispositions de la loi sont "universellement ignorées", selon des experts interrogés par l'AFP, mais elles n'ont fait qu'aggraver la situation, estime l'avocat d'affaires Bassirou Sakho, qui qualifie "d'astronomique" le nombre d'expulsions dont il a eu connaissance.

Comme dans le cas de la famille Diagne, certains propriétaires n'hésitent pas adopter des techniques abusives pour faire partir leurs locataires, comme les priver d'eau, dit l'avocat.

De novembre 2018 à octobre 2019, le tribunal de Dakar a prononcé 5.079 avis d'expulsion, contre 463 avis contraires, selon des documents obtenus par l'AFP.

- 'Plus de logements sociaux' -

En justice, les locataires ont peu de chances de gagner, car de nombreux baux sont informels. Et beaucoup renoncent à se présenter devant les tribunaux, comme Pape Moussa Wade, 43, qui avait reçu en janvier une convocation après avoir refusé une augmentation de 20% de son loyer.

Pour éviter d'onéreux frais de justice, il s'est résolu à quitter son appartement sans attendre le jugement. "Les gens n'en ont rien à foutre des lois... Ils font comme ils veulent", peste M. Wade, qui en tant qu'agent immobilier peut pourtant se prévaloir d'une bonne connaissance des règles du marché.

"Nous travaillons pour faire en sorte que les gens n'aient aucun problème pour accéder à un logement décent", a déclaré en décembre devant les députés le ministre de l'Urbanisme, Abdou Karim Fofana. Sollicité par l'AFP, le ministre s'est refusé à tout commentaire supplémentaire.

Les abus vont dans les deux sens, souligne pour sa part un ex-diplomate sénégalais, Ababacar Diop. Il explique qu'un de ses anciens locataires, un mécanicien, avait signé un bail pour un loyer de 100.000 francs CFA (150 euros) mais qu'après avoir payé une caution et emménagé, il n'avait plus versé un sous.

"Que faire? Je suis allé au tribunal, j'ai gagné", explique M. Diop, pour qui la solution passe par la construction de plus de logements sociaux. Le gouvernement prévoit d'en construire 100.000 en cinq ans dans le pays, dont une partie dans la région de Dakar.


L'impact économique du coronavirus se ressent de plus en plus à Dakar

Le marché chinois à Dakar, Sénégal, le 11 février 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Le Coronavirus affecte les économies des pays qui entretiennent des liens commerciaux forts avec la Chine. En plus du ralentissement des importations, les enseignes chinoises et leurs partenaires sénégalais sont souvent désertés par des clients apeurés.

Aux Allées Centenaires de Dakar, l'affluence dans les magasins chinois et sur les rues adjacentes n'est pas aussi grande que d'habitude.

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Depuis l'apparition du Coronavirus, une certaine peur s'est emparée des clients et des vendeurs sénégalais qui travaillent avec les citoyens chinois.

Khadija Gaye explique qu'elle "a peur quand on entend que les Chinois débarquent toujours au Sénégal". D'après elle, même les clients ont peur, c'est pourquoi "certains mettent des masques pour venir acheter", tandis que "d'autres se contentent juste de rester devant la boutique pour marchander".

Même si aucun cas de coronavirus n'a été détecté au Sénégal, Khadija affirme que les vendeurs du marché chinois de Dakar ne sont "pas vraiment rassurés" parce que "les frontières ne sont pas fermées" et il est "normal" que ça "suscite de l’inquiétude d'autant plus qu'il y a des Chinois qui débarquent jusqu’à présent au Sénégal".

La vendeuse ne cache pas sa "peur" et son "impuissance" face à l'absence de dispositif "visible" de l'État dans ce marché d'habitude très prisé.


Cette peur a fini par avoir une forte incidence sur le chiffre d'affaires des marchands de produits venant de la Chine.

C'est le cas d'Adama Diaw, un marchand qui côtoie les Chinois de Dakar depuis plusieurs années. Il avoue que c'est la première fois qu'il observe un tel ralentissement des activités. "Le rythme du travail a considérablement baissé et bon nombre de nos marchandises en provenance de la Chine commence à se raréfier", confie le vendeur.

Il estime qu'il y a de quoi avoir peur pour les affaires parce que le marché chinois est mondial alors si que leurs produits ne passent plus ça se ressent.

Pour Adama, les grands pays comme les États-Unis et la France ressentent certainement moins alors que pour "les pays comme le Sénégal qui ne vivent que de produits importés", c’est très difficile dans tous les domaines.

L'OMS confirme un premier cas de coronavirus en Afrique
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Malgré cette baisse du chiffre d'affaires et la présence dans les esprits du Coronavirus, certains vendeurs comme Khadim Diagne gardent espoir et estiment qu'il ne sert à rien de stigmatiser les Chinois vivant au Sénégal. "On n'a pas peur parce qu’au moment de l’épidémie nos collaborateurs n'étaient pas en Chine" déclare-t-il avant de tempérer "il est quand même important de prendre toutes les précautions et bien filtrer les entrées dans le pays".

Pour Khadim, il n'y a aucune raison d’avoir peur. "Certes, je n'ai pas vu de nouveaux entrants chinois dans le pays mais les rumeurs persistent là-dessus et cela peut amener la panique même si on est habitué à les côtoyer quotidiennement", reconnaît le jeune marchand qui pense que "globalement il n'y pas de raison d'avoir peur parce qu'il n'y pas encore de cas confirmés au Sénégal".

Au-delà des interrogations et des polémiques que le coronavirus a soulevées avec notamment la question du rapatriement des 13 étudiants sénégalais de Wuhan, force est de constater que ce virus qui fait des ravages en Chine n'épargne pas les commerces de produits chinois dans la capitale sénégalaise.

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