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Coronavirus

Pour vacciner en masse, le Nigeria se tourne vers les églises et les mosquées

Des fidèles musulmans font la queue en attendant de recevoir une dose du vaccin Vaxzevria Covid-19 d'Astrazeneca à la mosquée centrale de la communauté du Secrétariat, Alausa, Ikeja à Lagos, le 26 novembre 2021.

Les prières et les chants s'envolent vers les cieux dans l'église Baptiste d'Ikoyi, laissant place au pasteur qui finit son prêche d'une façon un peu particulière ce dimanche de novembre: "Faites le bon choix, faites vous vacciner".

Sur le parking de l'église située dans un quartier riche de Lagos, la capitale économique du Nigeria, des fidèles en habit du dimanche forment une longue queue dans l'attente de recevoir leur première injection de vaccin contre le Covid-19.

Redoutant un pic de contaminations durant la période de Noël, où un grand nombre de Nigérians de la diaspora reviennent au pays et avec l'apparition de premiers cas du variant Omicron, le pays le plus peuplé d'Afrique se tourne vers les chefs religieux, les églises et les mosquées pour lancer une campagne de vaccination de masse.

Depuis le début de la pandémie il y a presque deux ans, le Nigeria a quasiment échappé au coronavirus qui a ravagé les systèmes de santé en Europe et ailleurs comptabilisant officiellement moins de 215.000 cas pour un pays de 210 millions d'habitants (avec toutefois un nombre de tests réalisés très insuffisants).

Le pays n'a jusqu'ici vacciné que 3,5 millions de personnes, soit moins de 2% de la population, bien loin de l'objectif du gouvernement de vacciner 112 millions de personnes d'ici fin 2022.

Au Nigeria où la religion occupe une place prépondérante, les églises et les mosquées servent désormais une double cause, la gloire de Dieu et la vaccination.

"Les mosquées et les églises accueillent de grandes foules. C'est à la fois un moyen de réduire les risques et d'accéder à plus de personnes", déclare à l'AFP la docteure Atinuke Onayiga, présente à l'église d'Ikoyi.

Car l'implication des chefs religieux dans des campagnes de vaccination de masse au Nigeria a déjà fait ses preuves dans le passé. C'est notamment grâce à ces relais que le gouvernement avait finalement réussi en 2020 à éradiquer la polio du pays.

La méfiance envers les autorités et les vaccins est forte au Nigeria, où la mort en 1996 de 11 enfants après des essais de traitement menés par le géant pharmaceutique Pfizer contre la méningite a laissé des traces.

Le point sur le nouveau variant Omicron
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"Peur de me faire vacciner"

De l'autre côté du lagon, sur la partie continentale de Lagos, la prière du vendredi à la mosquée d'Alausa est aussi devenue jour de vaccination.

Dans la cour, une équipe de médecins et d'infirmières attendent des fidèles, devant des dizaines de chaises en plastique blanc, à la sortie de la prière.

"J'avais peur de me faire vacciner, mais comme notre imam nous l'a conseillés, et que je vois de mes yeux les autres se faire piquer sans avoir de problèmes, j'ai changé d'avis", dit Muslimat Abdurasaq, une vendeuse âgée de 45 ans, qui vient de recevoir sa première dose d'AstraZeneca.

"Je ne veux pas non plus rater une éventuelle opportunité professionnelle parce que je ne serais pas vaccinée", ajoute la femme, dont un voile violet entoure le visage.

Afin d’accélérer les vaccinations, les employés du gouvernement fédéral doivent désormais présenter une preuve de vaccination ou un test Covid avant d'entrer dans les bâtiments administratifs.

Mercredi, à l'extérieur de certains bâtiments fédéraux d'Abuja, des dizaines de travailleurs ont été refoulés en raison de l'application des nouvelles règles. Certains ont été dirigés vers des centres de vaccination.

"Je ne suis pas malade. Je ne vais pas faire de test", souffle un fonctionnaire, Ifeanyi Nwazo. "Ils veulent nous forcer à prendre une injection. Pourquoi ?"

Scepticisme

"L'absence de vaccination constituera un terrain fertile pour le développement de mutations du virus, ce qui menacera à son tour les progrès déjà enregistrés", a déclaré le responsable national des incidents au Nigeria, Mukhtar Muhammed.

Le Nigeria a reçu environ 30 millions de doses, et 60 millions d'autres sont en route.

Selon le directeur national de l'Unicef, Peter Hawkins, 2,5 millions de doses d'AstraZeneca doivent être utilisées avant décembre tandis que d'autres vaccins ont une durée de conservation plus longue, ce qui complique la livraison sur le terrain.

A la mosquée d'Alausa, les dizaines de chaises devant les infirmières ont été prises d'assaut. Mais pour certains fidèles comme Mustapha Adetay, des inquiétudes demeurent.

"Je doute encore pour être sincère, certains disent qu'il a des effets négatifs sur la santé", a déclaré l'ingénieur, âgé de 53 ans, en sortant de la mosquée.

"Si j'étais convaincu, je demanderais à toute ma famille de le prendre. Mais je ne le suis pas vraiment. Je vais y réfléchir".

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Le Maroc se lance dans la fabrication de vaccins anti-Covid

A picture released by the Moroccan Royal Palace shows Morocco's King Mohammed VI addressing speech, transmitted via a screen to the parliament, from the Royal Palace in Fez, on Oct. 8, 2021.

Le Maroc a lancé la construction d'une usine de fabrication de vaccins anti-Covid, qui doit démarrer sa production en juillet prochain et assurer l'autosuffisance vaccinale du royaume, a indiqué jeudi l'agence de presse marocaine MAP.

L'inauguration du chantier a été présidée par le roi Mohammed VI à Benslimane, dans la région de Casablanca, la capitale économique du royaume chérifien.

Baptisée SENSYO Pharmatech, cette usine sera dédiée à "la fabrication et la mise en seringue de vaccins (anti-Covid et autres vaccins)" et disposera de "trois lignes industrielles dont la capacité combinée de production atteindra 116 millions d’unités en 2024", détaille la MAP.

L'usine nécessitera à terme un investissement d’environ 400 à 500 millions d’euros, précise la même source.

Cette entreprise, en partenariat avec la société suédoise Recipharm, "permettra d’assurer l’autosuffisance du royaume en matière de vaccins et de faire du pays une plateforme de biotechnologie de premier plan", ajoute-t-elle.

L'objectif est de fabriquer entre 2022 et 2025 "la substance active de plus de 20 vaccins et produits biothérapeutiques, dont trois vaccins contre le coronavirus, couvrant plus de 70% des besoins du royaume et plus de 60% de ceux de l'Afrique", selon l'agence.

Le Maroc a déjà démarré la production de plus de trois millions de doses de vaccin chinois Sinopharm chaque mois. Cette production mensuelle doit atteindre cinq millions de doses à partir du mois prochain et plus de 20 millions fin 2022.

Avec ses 36 millions d'habitants, le royaume chérifien mise sur sa campagne de vaccination pour enrayer la pandémie: plus de 23 millions de personnes ont reçu une deuxième dose de vaccin, selon le ministère de la Santé.

L’objectif des autorités est d’immuniser 80% de la population, soit quelque 30 millions de personnes, avec les vaccins Sinopharm et Pfizer/BioNTech.

Si le pic des contaminations au variant Omicron semble avoir été atteint pendant la semaine du 17 au 23 janvier, selon le ministère de la Santé, le gouvernement -- sous pression du secteur touristique en faillite pour rouvrir l'espace aérien fermé depuis le 29 novembre --, s'inquiète de la hausse récente des cas en réanimation.

L’état d’urgence sanitaire a été prolongé jeudi jusqu’au 28 février.

L'Algérie voisine a lancé fin septembre la production locale du vaccin Coronavac, en partenariat avec la firme chinoise Sinovac.

Malawi: seulement 7% de la population vaccinée contre le Covid

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Afrique du Sud: poursuites dans 940 affaires de corruption liées au Covid

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa (C-L) et le milliardaire américain d'origine sud-africaine Patrick Soon-Shiong ont coupé le ruban lors du lancement de NantSA, une future usine de fabrication de vaccins, au Cap, en Afrique du Sud, le 19 janvier 2022.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a promis mardi des poursuites judiciaires et des sanctions après de multiples détournements, via fraudes et corruption, dans le cadre de contrats publics pour la lutte contre le Covid de l'ordre de 830 millions d'euros.

Plus de la moitié des 5.467 contrats examinés par l'Unité des enquêtes spéciales (SIU) sous la tutelle du ministère de la Justice, conclus pour l'achat de matériel ou des services dans le cadre de la lutte contre la pandémie, montrent des irrégularités.

"Il est inacceptable qu'un si grand nombre de contrats destinés à sauver des vies et assurer des moyens de subsistance soient irréguliers, illégaux ou frauduleux", a déclaré M. Ramaphosa dans un communiqué.

Avec plus de 3,5 millions de cas et 94.000 décès, l'Afrique du Sud est officiellement le pays le plus touché du continent.

"Cette enquête a visé des individus et des institutions qui ont cru pouvoir exploiter un moment de vulnérabilité nationale pour s'enrichir, ainsi que ceux avec qui ils ont organisé un abus des ressources publiques", a déclaré M. Ramaphosa.

A ce jour, les enquêteurs ont transmis aux autorités concernées 940 affaires: 386 au parquet national (NPA) pour des poursuites judiciaires, 224 pour sanctions disciplinaires contre des fonctionnaires, et 330 pour des "sanctions administratives" incluant l'inscription sur une liste noire pour l'obtention de contrats publics.

Cette annonce fait suite à la publication du rapport final de la SIU sur la corruption au ministère de la Santé. Une enquête de l'Unité spéciale a notamment impliqué l'année dernière l'ancien ministre de la Santé et proche du président sud-africain, Zweli Mkhize, démissionnaire.

Selon M. Ramaphosa, qui a fait de la lutte contre la corruption l'un de ses chevaux de bataille, ce rapport marque une "étape importante dans la lutte contre la corruption".

L'Unesco tire la sonnette d'alarme sur la qualité de l'apprentissage post-covid

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Plus de 600.000 dollars attribués à l’hôpital général de Kinshasa introuvables

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